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PARTICULIERS ET ENTREPRISES IMPACTÉS PAR LA PANDEMIE : « L’État est à vos côtés ! »

Lors de son entrevue périodique avec les médias nationaux diffusée vendredi soir, le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, a rassuré que les augmentations des prix des carburants dans le PLFC 2020 n’auront pas un grand impact sur la vie quotidienne des citoyens.

«Les augmentations des carburants sont quasi-insignifiantes par rapport à l’augmentation du salaire minimum garantie et les effets de la suppression de l’IRG », a indiqué le président Tebboune pour tenter de calmer les inquiétudes des citoyens et des syndicats professionnels sur les conséquences des augmentations des prix des carburants sur le pouvoir d’achat. Preuve en est il a exclu toute révision à la hausse des tarifs des transports en commun, dont la reprise de service est attendue cette semaine, comme redouté par les Algériens suite à l’augmentation des prix des carburants. Durant cette semaine, en effet, beaucoup de syndicats du secteur ont proposé au ministère des Travaux publics et des Transports de revoir les taux de tarifications pour les rendre plus « avantageuses » pour les professionnels.
Se saisissant de cette question sensible, Tebboune a été d’une réponse claire et tranchante : « Celui qui augmentera les prix des transports en payera le prix », met-il en garde contre « tout instrumentalisation politique » des revendications socioprofessionnelles et les manigances des adeptes de « la théorie du chaos ».

25 milliards de dollars de recettes agricoles
Estimant que le temps est plutôt pour « la solidarité nationale » entre Algériens, le Président a invité la population à ne pas voir « tout sombre » dans la situation que traverse le pays et dire que l’économie est totalement à l’arrêt. Il a évoqué comme exemple le secteur de l’agriculture, saluant ainsi le rôle important des agriculteurs « qui n’ont pas arrêté de travailler pendant toute la période de confinement ». « La production agricole a dépassée 25 milliards de dollars, alors que les recettes pétrolières n’atteindront peut-être pas 35 ou 39 milliards de dollars cette année », a-t-il indiqué. Promettant de prendre en charge toutes les catégories impactées par les mesures imposées pour endiguer la propagation de la pandémie de Covid-19, Tebboune a dit qu’il est prêt à « indemniser » et « prendre des mesures de soutien » en faveur des entreprises en difficultés, à condition qu’il y ait « transparence » et « présentation des bilans des pertes ». En premier lieu, estime le locataire d’El-Mouradia, ce sont les professions artisanales (coiffeurs, plombiers, menuisiers) qui sont les plus impactés par la crise sanitaire de Covid-19, en plus des chauffeurs de taxi. « On sait qu’il s’agit de personnes qui ont de petites économies et vivant au jour le jour. On leur a consacré un million de centime (10 000 DA) par mois comme dépannage. Un million de centime ne règle pas le problème. On a payé le premier million et on payera un deuxième et continueront de payer jusqu’à ce que la pandémie soit complètement levée », a-t-il annoncé, expliquant aussi que « l’État autorisera d’autres activités à reprendre du service au courant de cette semaine ».

Gare aux tricheurs
Avec une certaine crainte tout de même. Tebboune veut éviter les fausses déclarations. « Du côté des entreprises économiques, publiques et privées, nous avons relevé des choses acceptables et d’autres non-acceptables. Que l’on me dise qu’une entreprise d’une taille importante fait face à un effondrement de son chiffre d’affaires et ce après seulement deux mois et demi, je trouve que ce sont des déclarations à vérifier (…) Qu’il nous donne d’abord le bilan des pertes pour pouvoir contrôler », a expliqué le Président.
Le chef de l’État a affirmé qu’il est « non-raisonnable » d’accorder une amnistie fiscale pour les entreprises pour seulement trois mois d’arrêt de travail », précisant qu’à la place « on procédera à des abattements fiscaux et on donnera des ordres aux banques pour accorder des crédits bancaires à taux d’intérêt réduits pour les entreprises impactées ».
Et de souligner des anomalies : « beaucoup d’activités n’ont pas été à l’arrêt. On a exigé de mettre seulement 50 % des effectifs en congé exceptionnel rémunéré. Dans les administrations publiques, ces mesures ont été totalement respectées. Mais beaucoup d’entreprises privées ne l’ont pas appliquées et les effectifs libérés les ont pas bénéficié de leurs salaires, alors que d’autres entreprises privées ont refusé de libérer leurs effectifs ». « Pour le secteur privé, il faut d’abord qu’ils nous fournissent les preuves que les 50 % des effectifs libérés ont réellement bénéficié de leurs rémunérations pendant les mois d’arrêt de travail, pour pouvoir bénéficier du remboursement par l’État », a annoncé Tebboune.
Enfin, le Président persiste et signe qu’il s’attache au caractère socialiste de l’État, promettant de prendre en charge toutes les catégories impactées économiquement par le coronavirus. « Même pour les jeunes en chômage, nous avons des mécanisme permettant de les prendre en charge », a-t-il indiqué. Toutefois, il a souligné que les mutations que connait l’économie nationale imposent aux opérateurs économiques d’adpter les nouvelles pratiques économiques.
« À l’avenir, si nous voulons aller vers une économie développée, les entreprises doivent contracter des assurances comme c’est le cas en Europe, et c’est l’assurance qui se chargera des indemnisations. Si ces assurances couvrent uniquement une partie des pertes, l’Etat pourrait alors rembourser le reste », a-t-il estimé.
Hamid Mecheri