MSP : Soltani répond à Makri

L’ex-président du MSP (Mouvement de la société pour la paix), Aboudjarra Soltani, revient à la charge sur l’initiative politique, qu’il a déjà soumise aux instances du parti et remise au goût du jour tout récemment. Dans un message rendu public, hier, l’homme politique prend acte des répliques d’Abderrazak Makri, actuel chef en poste.

En effet, ce dernier qui a réagi à l’information fuitée des arcanes du bureau exécutif du MPS pour gagner l’espace public, a renvoyé la balle au Conseil consultatif (Madjless echoura), seul à même, selon lui, de trancher les propositions de l’initiateur. Le document porte sur la «remise du parti sur son courant naturel» et le retour à ses fondements idéologiques, du moins, selon les principes sur lesquels était fondée la formation chère au défunt guide, Mahfoud Nahnah. Aussi «recevable» soit-elle aux yeux de Makri et bien au-delà de ce qu’elle en apporte au parti, l’initiative de son prédécesseur, à en croire nombre d’observations et des lectures relevées sur la scène nationale, traduit les intentions de son auteur et de son désir de retrouver les rênes du parti, qu’il a quitté en mai 2013. Dans son message d’hier, Soltani s’est félicité du retour des échos et s’est même réjoui de la forte médiatisation qui s’en est suivie concernant son projet, qui prône un retour aux «valeurs fondatrices du MSP», comme crédo à faire valoir. Une sorte de reproches à peine voilés adressés au premier responsable du parti, même si l’ex-responsable, qui a brigué plusieurs portefeuilles ministériels au sein du gouvernement, a été très prudent sur ce terrain là. Dans ce message, il s’est dit que «ceux» qui ont commenté ses explications rendues publiques, dimanche dernier, «ont fait une mauvaise lecture de ses déclarations». Des propos qui font allusion à la réponse émise par Makri, qui a invité son cadre politique, pour rappel, à saisir de sa requête l’instance influente qui est le Conseil consultatif. Et au premier responsable du MSP d’assurer que son parti tient toujours aux fondements conceptuels et idéologiques selon la vision de son mentor, feu Nahnah. Pour ce qui est de ce deuxième message du genre, Soltani ne s’est pas contenté de rappeler les contours de son projet. Mais, il a tout aussi mis au devant un autre argumentaire, susceptible de conforter sa démarche auprès non seulement des cadres et militants, mais aussi pour peser de tout son poids sur le centre de décision du MSP. En effet, l’ex-membre de l’Alliance présidentielle parle de «l’immunité politique», comme objectif visiblement primordial qui forme l’essentiel de son initiative qui venait d’être relancée, après une première version déjà déposée sur le bureau exécutif du Conseil consultatif, en novembre 2015.
Et laquelle initiative, a-t-il précisé, demeure de mise tant elle est toujours en discussions au sein des «défenseurs de l’immunité politique qu’il faudra assurer au parti et au pays», a-t-il fait savoir, comme message à celui ou ceux qui voudront mieux comprendre sa démarche. S’agissant de la saisine des institutions habilitées tel qu’il a été conseillé par le chef en poste, Soltani a révélé que son projet politique en question sera soumis au moment opportun, sans qu’il précise l’échéance.
Dans un deuxième point explicatif de sa démarche, l’ex-chef de la première force politique du courant islamiste s’est targué de la position de fidèle héritier du défunt «cheikh Mahfoud». Duquel, a-t-il indiqué, avoir appris des enseignements et des conseils, grâce à lesquels, le parti «a su dépasser les clivages nés parmi ses partisans en abordant les situations difficiles dans une attitude de sang froid». Et de dire enfin qu’une telle «culture» a réussi à placer le «charisme» des institutions avant celui des personnes. Une manière de dire que le MSP d’aujourd’hui, du moins depuis qu’il est dirigé par Makri, cultive et promeut les personnes avant les intérêts communs ? En tout cas, c’est ce qui semble être le cas, puisque les propos qui en ont suivi, le font davantage croire. En effet, il a ajouté qu’à la faveur des orientations du défunt Nahnah, le parti n’est pas l’apanage d’une seule personne ou d’un leader en quelque sorte. Histoire de dire, enfin, que l’instance du Conseil consultatif qu’il cite comme exemple, «est la seule habilitée» à rendre les décisions qui engagent l’avenir du MSP. Au demeurant, ce qui est pour le moins sûr, c’est que la rivalité entre les deux hommes gagne de plus en plus la scène publique. Il reste à confirmer les intentions qui animent l’ex-ministre d’État, sachant qu’au-delà de l’ambition de reprendre les commandes du parti, il y’a tout aussi les échéances électorales qui s’approchent.
Farid Guellil