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MACHINISME AGRICOLE : Un outil de compétitivité et de souveraineté alimentaire

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L’Algérie a fait de la mécanisation agricole un levier au cœur de la dynamique agricole nationale et visant à accélérer le processus de réalisation de la sécurité alimentaire.
« Le machinisme agricole n’est plus un simple moyen de remplacer le travail manuel ; il est devenu un véritable outil de compétitivité, d’innovation et de souveraineté alimentaire ». C’est ce qu’a affirmé hier, Ilham Guadioura, enseignante-chercheuse en machinisme agricole et cheffe du département de Génie rural à l’École nationale supérieure agronomique (ENSA) d’El Harrach, à l’occasion d’une journée d’étude consacrée au thème : « Machinisme agricole en Algérie : état des lieux, défis de modernisation et perspectives technologiques ».
Intervenant devant des enseignants, chercheurs, professionnels du secteur agricole et étudiants, le responsable a souligné que le machinisme agricole et l’agriculture de précision occupent désormais une place stratégique dans le développement d’une agriculture moderne, performante et durable. Il a rappelé que le secteur agricole est confronté à de nombreux défis, notamment les changements climatiques, la raréfaction des ressources en eau, la hausse des coûts de production, le manque de main-d’œuvre qualifiée et l’impératif de renforcer la sécurité alimentaire.
Dans ce contexte, la mécanisation constitue, selon lui, un levier essentiel pour améliorer la compétitivité des exploitations agricoles et accompagner leur modernisation. Le responsable a expliqué que le machinisme agricole est une discipline scientifique qui étudie les interactions entre les machines, le sol, les cultures et l’homme afin d’optimiser les opérations culturales et d’améliorer simultanément les performances techniques, économiques et environnementales des exploitations. « Une machine agricole ne crée pas le rendement. En revanche, une machine correctement choisie, dimensionnée, réglée et utilisée au moment opportun permet d’exprimer pleinement le potentiel génétique des cultures », a-t-il précisé, soulignant qu’un mauvais choix ou un mauvais réglage peut entraîner des pertes importantes. Évoquant la mission du Département de Génie rural, il a indiqué que celui-ci œuvre à former des ingénieurs capables d’évaluer les performances des matériels agricoles, d’identifier les causes des pertes et de proposer des solutions adaptées aux réalités du terrain. La formation couvre notamment le choix et le dimensionnement des équipements agricoles, la gestion des parcs de machines, la maintenance, l’évaluation des performances, la réduction des pertes à la récolte, la mécanisation de l’irrigation, l’efficacité énergétique ainsi que la gestion technico-économique des exploitations. L’intervenant a également mis en avant l’essor de l’agriculture de précision, qui s’appuie sur les technologies numériques, les systèmes GPS, les drones, les capteurs et les données satellitaires pour optimiser les interventions culturales en fonction des besoins réels de chaque parcelle. Cette approche permet, a-t-il expliqué, d’accroître les rendements tout en réduisant les coûts de production, la consommation d’intrants et l’impact sur les ressources naturelles. Il a, en outre, insisté sur la dimension pratique de la formation dispensée à l’ENSA, fondée sur les travaux de terrain, les stages et les partenariats avec les professionnels et les entreprises du secteur, dans le but de former des ingénieurs immédiatement opérationnels. Enfin, le responsable a estimé que les investissements dans les équipements agricoles ne peuvent produire leurs effets que s’ils sont accompagnés de ressources humaines hautement qualifiées, capables d’assurer leur sélection, leur exploitation, leur maintenance et leur optimisation. Il a réaffirmé l’engagement du Département de Génie rural à renforcer les passerelles entre la formation, la recherche, l’innovation et les besoins du terrain afin d’accompagner durablement la modernisation de l’agriculture algérienne et de contribuer à la sécurité alimentaire nationale.
M. Seghilani

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