Plusieurs médias internationaux se sont récemment penchés sur la situation au Sahara occidental, mettant en avant le caractère juridique de la question en tant que dossier de décolonisation, tout en dénonçant les tentatives du Maroc de consacrer une politique du fait accompli dans le territoire occupé, notamment à travers des projets d’investissement et touristiques ainsi que l’exploitation de ses ressources naturelles.
Dans ce contexte, le magazine britannique «The Week» a publié un long article consacré aux fondements juridiques de la question du Sahara occidental. La publication rappelle que les Nations unies classent le territoire parmi les territoires non autonomes, dont le processus de décolonisation n’est pas encore achevé. Le magazine s’est également attardé sur les efforts de Rabat visant à imposer une politique du fait accompli dans le territoire occupé au moyen de projets économiques et touristiques, citant notamment les activités développées dans la ville de Dakhla. À ce propos, «The Week» relève que de nombreux touristes qui se rendent par voie aérienne dans cette région, pourraient ne pas savoir qu’ils atterrissent dans une zone marquée par « l’un des plus longs conflits persistants au monde ». De son côté, le site américain «ZNetwork» a consacré plusieurs développements aux racines historiques de la question sahraouie et à son évolution, revenant sur les différentes étapes du conflit, depuis la colonisation espagnole jusqu’à l’invasion marocaine du Sahara occidental en 1975, suivie du déclenchement de la lutte armée menée par le Front Polisario. Le média souligne également que le peuple sahraoui attend toujours l’organisation d’un référendum d’autodétermination sous l’égide des Nations unies, dans un contexte marqué, selon lui, par les manœuvres marocaines ayant empêché la concrétisation de cette échéance. Dans un entretien accordé à ZNetwork, le représentant du Front Polisario en Catalogne, Mohamed Salem Ahmed Laâbid, a évoqué les tentatives du Maroc d’imposer le fait accompli dans le Sahara occidental occupé. Le responsable sahraoui a notamment affirmé que le Front Polisario, qu’il présente comme le représentant légitime du peuple sahraoui, avait repris la lutte armée le 13 novembre 2020, à la suite de la rupture du cessez-le-feu dans la région d’El-Guerguerat. Le responsable sahraoui s’est également référé aux conclusions de la mission d’enquête des Nations unies dépêchée dans la région en mai 1975. Selon les éléments rapportés dans l’entretien, cette mission avait constaté l’existence d’un « consensus des habitants du territoire occupé en faveur de la liberté et de l’indépendance ». Mohamed Salem Ahmed Laâbid a par ailleurs, accusé le Maroc d’« entraver l’organisation d’un référendum d’autodétermination, de renforcer sa présence militaire, d’exploiter les ressources naturelles et de pratiquer la répression dans les territoires occupés ». En conclusion, le représentant du Front Polisario a réaffirmé les principales revendications de son mouvement, à savoir le respect du droit international ainsi que des résolutions des Nations unies et de l’Union africaine, et la garantie du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination à travers un référendum libre et démocratique organisé sous l’égide des Nations unies. Il a également plaidé pour la mise en place d’un mécanisme international indépendant chargé de surveiller la situation des droits de l’Homme et d’assurer la protection des ressources naturelles dans les territoires occupés. Ces différentes couvertures témoignent de la persistance de la question du Sahara occidental dans les médias internationaux, notamment sous l’angle de son statut juridique et du processus de décolonisation. Elles mettent également en lumière les enjeux liés à la poursuite de l’occupation marocaine et aux tentatives visant à instaurer progressivement une situation de fait accompli dans le territoire.
M. Seghilani














































