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Guerre en Ukraine : Le lourd réquisitoire de Lavrov contre l’Occident et Kiev

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Dans une interview accordée à RBK, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a critiqué l’action du Royaume-Uni dans le conflit ukrainien, les méthodes d’intimidation de Zelensky consistant « à frapper des cibles civiles russes, ainsi que « le silence honteux de l’Occident ». Il a également évoqué les contacts russo-américains.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a fait part, dans une interview accordée à RBK, de sa vision de la situation mondiale, notamment dans le cadre du conflit en Ukraine. Évoquant sa récente rencontre avec Paul Richard Gallagher, secrétaire du Vatican chargé des relations avec les États, il a souligné « la volonté exprimée par le représentant du Saint-Siège de faciliter les contacts entre la Russie et l’Ukraine sur les questions humanitaires ». Selon lui, les discussions menées à Moscou « n’ont comporté aucun secret ». Au cours de son entretien avec Gallagher, Sergueï Lavrov a également cité des exemples d’actions menées par l’Occident dans le contexte du conflit en Ukraine, notamment les accords de 2014 « bafoués » et les accords de Minsk « sabotés ». « Je pense qu’il a tout compris. Il n’avait aucun contre-argument, si ce n’est le slogan général selon lequel il fallait absolument en finir », a-t-il souligné. Par ailleurs, le représentant du Vatican a promis, lors de ses prochains contacts avec Kiev, d’évoquer la situation des droits religieux en Ukraine.

« Nous n’avons jamais rien connu de tel dans notre histoire »
Au cours de l’interview, Sergueï Lavrov a souligné le rôle de Volodymyr Zelensky dans le conflit, qui « dirige tout le monde » en Occident, parcourant le monde en prétendant que tout le monde doit l’écouter et obéir à ses ordres. Selon lui, l’agacement à ce sujet ne cesse de croître, mais il ne faut pas compter sur le fait qu’à un moment donné, les pays occidentaux exigeront du chef du régime de Kiev qu’il cesse ses agissements et se rende. De plus, selon le chef de la diplomatie russe, il ne faut pas céder aux tentatives que « Zelensky lui-même provoque largement avec le soutien des Européens, ce sont des tentatives de déstabilisation de notre société au moyen de frappes contre des raffineries de pétrole, des plateformes de commerce en ligne, des infrastructures civiles, et tout simplement en usant de méthodes terroristes pour semer la peur ». « Des écoles, des centres pour enfants, des plages, des autocars, des hôpitaux… on parle d’un nombre considérable d’infrastructures sans aucun lien avec le potentiel militaire. Et l’Occident garde un silence honteux, tout comme, malheureusement, le Secrétaire général de l’ONU et le Haut-Commissaire aux droits de l’homme ; ils ont clairement et fermement pris parti », a-t-il ajouté. À cet égard, Sergueï Lavrov a commenté l’opinion selon laquelle Moscou ne parvient pas à mener à bien au plus vite ce qu’elle a commencé. Selon lui, même ceux qui « s’indignent de ce qui se passe » comprennent que c’est l’Occident qui a déclenché le conflit ukrainien. « Nous n’avons jamais rien connu de tel dans notre histoire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et la Grande-Bretagne étaient à nos côtés. Puis, au fur et à mesure de nos victoires, notamment en Europe, nos rangs se sont renforcés grâce à l’appui d’autres pays qui avaient déjà retiré leurs troupes du camp hitlérien et les avaient envoyées à nos côtés. Mais cette fois-ci – et beaucoup parlent de guerre mondiale –, les seuls soldats à avoir été à nos côtés dans les tranchées sont ceux de la République populaire démocratique de Corée. Tous les autres étaient dans le camp adverse. Et le fait que Rubio ait peut-être laissé entendre que les États-Unis ne sont pas un médiateur, mais soutiennent l’Ukraine, confère à ce front occidental contre nous une dimension généralisée », a-t-il ajouté.

Washington n’a jamais répondu aux interrogations de Moscou
Sergueï Lavrov a également commenté la visite entourée de mystère du directeur de la CIA, John Ratcliffe, à Moscou, déclarant que « le caractère confidentiel de la coopération entre les services secrets, qui travaillent traditionnellement dans la discrétion, ne devait pas surprendre ». Il a souligné que le ministère russe des Affaires étrangères « travaillait lui aussi beaucoup dans la discrétion, mais que, de par la nature même de leur métier, les diplomates étaient tenus de communiquer certaines informations ». Abordant la question des relations entre la Russie et les États-Unis, le chef de la diplomatie russe a souligné que « Moscou n’avait lancé aucun ultimatum à Washington concernant son aide à Kiev dans le cadre des frappes menées sur le territoire russe ». Selon lui, Moscou a posé une question concernant les fuites qui apparaissent périodiquement dans la presse occidentale sur la manière dont l’administration Trump aide concrètement l’Ukraine par le biais de nouvelles dotations financières, d’armements et de la fourniture de renseignements. D’après Sergueï Lavrov, trois ou quatre demandes de ce type ont été formulées au cours des deux derniers mois, mais les États-Unis « n’ont toujours pas répondu ». Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov a qualifié le rôle du Royaume-Uni de « le plus négatif » dans la crise ukrainienne. « Cela a été le cas pendant des siècles – certainement vis-à-vis de la Russie, mais aussi vis-à-vis de la plupart des autres pays – je ne dirais pas des partenaires, plutôt des compagnons de route car la Grande-Bretagne n’a jamais eu d’alliés permanents, et les États-Unis ne font pas exception sur ce plan.

Le Royaume-Uni joue le rôle « le plus négatif » dans le conflit en Ukraine
Ils ont toujours eu une certaine condescendance envers ces Anglo-Saxons qui ont créé leur propre État outre-Atlantique », a-t-il noté. Selon lui, la Russie se souvient de l’alliance entre l’Union soviétique, le Royaume-Uni et les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, même à l’époque, il y avait eu des manœuvres diplomatiques autour du « deuxième front », qui avaient donné l’impression que Londres et Washington évaluaient la situation sur le front en se demandant dans quel sens elle allait basculer et quel camp choisir. Moscou a souligné à plusieurs reprises la participation directe de Londres au conflit ukrainien aux côtés de Kiev. Le 27 août, après que les forces armées ukrainiennes ont utilisé des missiles franco-britanniques Storm Shadow/SCALP lors d’une frappe contre le centre de Donetsk, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a fermement averti que les installations et le matériel militaires britanniques situés sur le territoire ukrainien et au-delà pourraient devenir des cibles légitimes pour des frappes russes si Kiev continuait à utiliser les armes fournies par le Royaume-Uni pour attaquer le territoire russe.
R. I.

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