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« L’OCCUPATION EXCESSIVE DE LA RUE AGGRAVE LA SITUATION » : Djerad appelle le Hirak à la sagesse

Se saisissant de la poursuite des marches de protestation de vendredi et de mardi, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, dans un premier message adressé au Hirak, appelle à la sagesse et à la mobilisation de tous, en vue d’une sortie de la crise multidimensionnelle à laquelle est confrontée l’Algérie. Dans un appel sans ambages ni détour, Djerad invite les citoyens à « atténuer la tendance revendicative et l’occupation excessive de la voie publique ». À défaut de quoi, les manifestations populaires ne feraient « qu’aggraver davantage la situation actuelle sans apporter de solutions concrètes aux différents problèmes auxquels font face les citoyens et citoyennes », cite, hier, l’APS, aux termes d’un entretien que lui a accordé le Premier Ministre lundi, en marge d’une rencontre à Alger. Ainsi, ce qu’attend le gouvernement devant « l’ampleur de la tâche et des défis de l’heure », ainsi que devant « la gravité de la situation économique et sociale actuelle du pays », c’est plutôt « une mobilisation de toutes les parties » pour résoudre la crise multidimensionnelle prévalant dans le pays. En d’autres termes, Djerad, conscient de la tâche ardue qui lui incombe à la tête du gouvernement, en ce moment crucial dans la vie du pays, veut faire adhérer une large participation à son plan d’action, à travers une implication « active du mouvement populaire principalement », pour aller vers la nouvelle Algérie promise par le président Tebboune et à laquelle aspire le peuple algérien. Au-delà de la mission de l’Exécutif, le Premier ministre se veut comme gage à cette dynamique amorcée en vue d’asseoir une nouvelle République, le programme du Président, lequel « s’est engagé à établir un processus d’édification de la nouvelle République sous une matrice constitutionnelle qui consacre la transparence des élections, une réelle démocratie participative, une société civile forte, une classe politique représentative et le presse libre et responsable ». Et comme pour ne pas évacuer d’une facilité déconcertante le sujet sur un mouvement populaire qui a tout bouleversé en Algérie, Djerad tient un message de reconnaissance envers un Hirak qui « a amorcé un processus irréversible de construction d’une Algérie nouvelle en rupture avec le système et les pratiques passées. » C’est aussi un clin d’œil à l’effet d’asseoir un rapport de confiance entre le pouvoir et le peuple, surtout que la mission du gouvernement, nommé par le Président, s’inscrit en droite ligne avec les revendications du peuple algérien. Ou, mieux encore, l’action de l’Exécutif va dans le sens du « prolongement des revendications de ce Hirak à l’action salvatrice, grâce à l’accompagnement et la protection de l’Armée nationale populaire et des services de sécurité », rassure Djerad. Enfin, employant les termes « sagesse, compréhension et mobilisation des forces vives de la nation », le Premier ministre tient les clés d’une sortie de crise. Ce qui est « la seule voie qui permettrait une solution apaisée en vue d’assurer une sortie d’une crise politique, économique et sociale sans précédent.»

Gare aux « manipulations du Hirak »

Le Premier ministre, comme d’ailleurs le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, évoquent des manipulations à l’intérieur comme à l’extérieur du Hirak. Pour Djerad, le dialogue est la seule voie d’une sortie de crise « apaisée » et laquelle est à même de pouvoir « écarter les manipulations avérées, qui ne sauraient diviser les enfants de ce pays ni attenter à la cohésion nationale du peuple algérien », indique-t-il à ce sujet, alors que le ministre de l’Interieur, Beldjoud, depuis la wilaya de Biskra où il était en visite, hier, abonde dans le même sens pour parler, lui, de « parties étrangères » à la manœuvre et qui visent à « détruire le pays ». Ce qui n’est plus un secret pour des « éléments connus » et « aux intentions claires » lesquels « œuvrent à détruire le pays, le faire retourner aux années précédentes et le plonger dans des problèmes ». Pour le ministre qui tient ces révélations « il existe encore des éléments qui veulent détruire ce à quoi est parvenu le Hirak populaire et sortent les mardis et vendredis avec les manifestants œuvrant pour l’escalade ». À vrai dire, le ministre de l’Intérieur parle des accusations qui ciblent les éléments de la Sûreté nationale et leur traitement des manifestants lors des marches populaires qu’il considère comme une manipulation. Preuve en est, Beldjoud a salué « le professionnalisme des éléments de la police dans leur accompagnement du Hirak depuis plus d’une année, invitant le peuple algérien à faire montre de vigilance. » Farid Guellil