La contestation de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran ne cesse de s’amplifier, y compris au sein de cercles traditionnellement proches du pouvoir. Des figures influentes de l’Église catholique américaine, mais aussi plusieurs conférences épiscopales à travers le monde, expriment désormais une opposition ferme au conflit, tout en dénonçant certaines prises de position du président Donald Trump.
Le cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, s’est imposé comme l’une des voix les plus critiques. Dans un entretien accordé à la presse diocésaine, il a qualifié la guerre d’« illégitime », estimant que les conditions justifiant une intervention militaire n’étaient pas réunies. Selon lui, les États-Unis ne faisaient face à « aucune attaque imminente, existante et objectivement vérifiable » de la part de l’Iran, remettant en cause le fondement même de l’engagement militaire. S’appuyant sur la doctrine de la « guerre juste », le prélat a dénoncé une « logique guerrière » persistante, notamment au Moyen-Orient, susceptible d’aggraver les tensions régionales. Il a également mis en garde contre les conséquences d’une telle escalade : déstabilisation du Liban, tensions sur les marchés énergétiques mondiaux et risque de recompositions géopolitiques dangereuses en cas d’affaiblissement de l’État iranien. Dans le même esprit, le cardinal Blase Cupich a vivement critiqué une vidéo diffusée par la Maison Blanche, mêlant images de frappes réelles et extraits de films hollywoodiens. Il a qualifié ce montage d’« écœurant » et de « terrifiant », dénonçant une banalisation de la violence et une mise en scène jugée indigne. Ces prises de position, émanant de personnalités influentes à Washington, traduisent une fracture croissante jusque dans des sphères proches du pouvoir exécutif. Elles contrastent toutefois avec la prudence affichée par le pape Léon XIV, qui, sans condamner directement les frappes, continue de plaider pour une désescalade et un retour au dialogue. Le cardinal Pietro Parolin a, pour sa part, mis en garde contre le concept de « guerre préventive », avertissant qu’une telle doctrine pourrait « embraser le monde entier ». Une déclaration qui souligne les inquiétudes croissantes au sein du Vatican face à l’évolution du conflit.
Le pape Léon XIV reçoit des soutiens
Parallèlement, le soutien au souverain pontife s’organise à l’échelle internationale. Les évêques du Chili ont ainsi réaffirmé leur « adhésion pleine et filiale » à Léon XIV, saluant ses appels répétés à la paix. Ils ont insisté sur le fait que la guerre « n’est jamais une solution, mais une défaite pour l’humanité », reprenant une ligne constante du magistère de l’Église, héritée notamment de Jean XXIII. Aux États-Unis comme en Italie, plusieurs responsables religieux ont également pris la défense du pape face aux critiques du président Donald Trump, qui avait déclaré ne pas être « un grand fan » du souverain pontife.
Ces réactions traduisent un malaise face à des propos jugés inappropriés à l’égard d’une autorité spirituelle. Interrogé sur ces tensions, Léon XIV a choisi l’apaisement, rappelant que son rôle n’était pas politique mais moral : « Le message est toujours le même : promouvoir la paix », a-t-il affirmé, refusant d’entrer dans une confrontation directe. Dans un contexte international marqué par une instabilité croissante, ces divergences illustrent un débat de fond sur la légitimité morale de la guerre et sur les responsabilités des grandes puissances. L’opposition exprimée par des figures proches de la Maison Blanche souligne que, au-delà des clivages politiques, la question de la guerre continue de susciter de profondes divisions, y compris au cœur même des institutions américaines.
M. Seghilani












































