Un vaccin contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, responsable de la nouvelle épidémie de fièvre hémorragique en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, sera disponible cette année, a assuré jeudi le chef de l’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC).
« Ce dont nous sommes certains, c’est que d’ici la fin de l’année 2026, l’Africa CDC s’assurera que nous disposons d’un vaccin et d’un médicament contre Bundibugyo », a assuré son chef Jean Kaseya , lors d’un briefing en ligne à la presse. Plus de 1.077 cas suspects – dont 246 décès – ont été enregistrés jusqu’ici, a souligné le responsable dans un nouveau bilan. « Nous investissons aux niveaux technique et stratégique pour garantir la mise au point de ce vaccin », a souligné Jean Kaseya depuis Kinshasa. « Nous avons des candidats prometteurs », a-t-il ajouté. L’épidémie a été déclarée le 15 mai en Ituri, province du nord-est de la RDC, pays qui compte plus de 100 millions d’habitants et figure parmi les plus pauvres nations du monde. Des cas ont depuis été enregistrés dans deux autres provinces de RDC (Nord et Sud-Kivu) ainsi qu’en Ouganda, pays voisin, où sept infections confirmées, dont une mortelle, ont été recensées. L’Africa CDC a en outre ajouté la Somalie à la liste de désormais onze pays à risque d’être touchés par le virus, en plus de la RDC – épicentre de l’épidémie – et de l’Ouganda. Cette liste comprenait déjà le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Ethiopie, le Congo, le Burundi, l’Angola, la Centrafrique et la Zambie.
Le nombre de cas suspects dépasse 1.000 en RDC
Le nombre cumulé de cas suspects d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a dépassé 1.000, selon un rapport de situation du ministère congolais de la Santé publié mercredi. Les données arrêtées mardi font état de 1.077 cas suspects, dont 238 décès suspects. Depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai, le pays a également enregistré 121 cas confirmés et 17 décès parmi les cas confirmés. Selon le rapport, l’épidémie a touché treize zones de santé dans les provinces orientales de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, l’Ituri demeurant l’épicentre. Cette flambée marque la 17e épidémie d’Ebola dans le pays, après que des tests de laboratoire ont identifié la souche Bundibugyo du virus. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré l’événement comme une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai, tandis que les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies ont par la suite déclaré une urgence de santé publique de sécurité continentale.
Premier cas de guérison signalé
Un premier cas de guérison d’une personne infectée par le virus Ebola au cours de l’actuelle flambée de cette maladie a été enregistré en République démocratique du Congo (RDC), a rapporté le journal Le Potentiel, citant un représentant de l’Institut national de santé publique (INSP). « Une première personne vient de quitter officiellement le centre de traitement en étant guérie de ce virus (…). Aujourd’hui, nous avons enregistré le premier cas de guérison », a déclaré un responsable de l’INSP, cité par le journal. Plus d’un millier de cas présumés de contamination au virus Ebola ont été enregistrés en RDC et en Ouganda, avec au moins 220 décès signalés, selon des médias.
Un huitième cas en Ouganda
Un huitième cas d’infection par le virus de la fièvre Ebola a été détecté en Ouganda, a annoncé lors d’une conférence de presse un responsable des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Selon lui, la personne infectée a été identifiée dans un centre de quarantaine mis en place par les autorités pour ceux qui ont été en contact avec des malades. Aucune information n’a été fournie sur l’état de santé du patient ni sur sa nationalité. Ce nouveau cas porte à huit le nombre total de personnes infectées par le virus en Ouganda depuis ce printemps. Une personne est décédée. Parmi les malades figurent trois ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) voisine. L’épicentre de l’épidémie se situe dans la province congolaise de l’Ituri, frontalière de l’Ouganda qui a fermé mardi dernier sa frontière avec la RDC. Les autorités des deux pays ont annoncé le 15 mai le début d’une épidémie de fièvre Ebola sur leurs territoires respectifs. Celle-ci est provoquée par le virus Ebola-Bundibugyo identifié pour la première fois à l’automne 2007 en Ouganda. Un millier de cas présumés de contamination et quelque 220 décès ont été enregistrés jusqu’ici en RDC.
Le DG de l’OMS exprime sa solidarité
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exprimé sa solidarité avec la République démocratique du Congo (RDC), où il est attendu jeudi pour superviser la réponse à l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est du pays. « Je veux être avec vous en ces moments. Et je veux que vous sachiez que vous n’êtes pas seuls », a affirmé M. Tedros, dans une lettre ouverte adressée au peuple de la RDC, publiée sur sa page officielle sur les réseaux sociaux. « Je sais que beaucoup d’entre vous sont épuisés. Vous portez déjà tellement: le paludisme, la faim, l’insécurité, et la lutte quotidienne pour assurer la sécurité de vos familles. Et maintenant Ebola », a-t-il ajouté. La RDCongo a déclaré le 15 mai une épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n’existe aujourd’hui ni vaccin, ni traitement spécifique. L’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale et le directeur général de l’OMS est attendu jeudi soir à Kinshasa. Dans sa lettre, il a indiqué qu’il se rendrait également à Bunia, capitale de l’Ituri, dans l’est du pays. « Mes frères et sœurs de l’Ituri, je veux que vous sachiez que le monde observe votre courage. Vous n’êtes pas oubliés. Ensemble, nous surmonterons cette épidémie », a conclu Tedros. Selon l’OMS, la RDC avait recensé au 24 mai 906 cas suspects dont 223 décès. Sur 295 échantillons analysés, 105 cas, dont 10 décès, ont été confirmés en laboratoire. Sans vaccin, l’endiguement de la propagation du virus repose essentiellement sur le respect des mesures barrières et la détection rapide des cas.
R. I.













































