Le Japon, connu pour être le pays le plus avancé dans les moyens de prévention contre les risques sismiques, vient de subir à Yatsushiro, dans la région de Kumamoto, au Sud-Ouest du pays, mardi dernier, une puissante secousse d’une intensité de 7,1(niveau maximum) sur l’échelle japonaise de « Shindo » qui mesure l’intensité (effets et dégâts) du séisme plutôt que la magnitude (énergie libérée) comme le fait l’échelle de Richter.
La secousse s’est produite à 16h27 (heure locale-8h27 heure algérienne). Six répliques ont suivi. Si les séismes sont ressentis sans trop de panique par la population japonaise, celui de mardi dernier, a été très violent et a causé une explosion (due probablement au gaz) qui a touché un centre commercial, très animé à cette heure de la journée, qui s’est effondré. Hier, un bilan provisoire faisait état de 13 morts, plus de 100 blessés et plusieurs disparus. Une alerte au Tsunami a été levée après avoir été émise au début du séisme. Des incendies se sont déclarés un peu partout après le séisme. « Nous évaluons encore l’ampleur des blessés et des dégâts matériels », a déclaré la Première ministre, Sanae Takaichi, à la télévision.
Des images impressionnantes ont été publiées montrant des habitations et des ponts en partie détruits, des bâtiments éventrés et des wagons de trains de marchandises renversés. Il y a 10 ans, le 14 avril 2016, la région avait été secouée par un séisme de même intensité et après 130 répliques, avait fait 278 morts. C’est beaucoup de victimes mais qui restent en deçà des bilans ailleurs dans le monde avec la même intensité.
Rappelons que les Japonais ont appris à vivre avec les séismes. Partant du principe que ce n’est pas le tremblement de terre qui tue mais les infrastructures, au Japon toutes les constructions sont aux normes antisismiques en constantes mises à jour. La population est formée aux premiers gestes de protection les plus variés. À la maison, dans la rue, en voiture, etc. Il faut des séismes avec une intensité maximale comme celle de mardi dernier pour les inquiéter et causer des dégâts.
« Depuis deux décennies, les smartphones, au Japon, sont équipés d’un système d’alerte sismique précoce qui déclenche une alarme immédiatement avant qu’un tremblement de terre ne frappe. Premier de ce genre dans le monde, ce système génère une alerte basée sur les petites secousses initiales qui se produisent quelques secondes ou dizaines de secondes avant un grand tremblement de terre, exhortant les gens à se préparer à évacuer » nous apprend le site du ministère japonais de l’intérieur. D’autre part et en matière de secours, des « drones d’observation » sont capables de détecter les personnes par imagerie infrarouge thermique et les projette en silhouettes 3D, ce qui aide à déterminer l’emplacement et l’état des personnes à secourir.
Dès leur plus jeune âge, les japonais sont entrainés et familiarisés aux mesures à adopter en cas d’urgence. Le 1er septembre est depuis de nombreuses années déjà, la journée nationale de prévention sismique, durant laquelle des exercices de simulations sont effectués. Tous ces efforts permettent aux japonais d’éviter la panique, d’agir dans la discipline en ayant les gestes les plus appropriés. D’autant que le pays, un archipel, est menacé de tsunami après chaque tremblement de terre. Pourtant, le premier pays où la terre tremble le plus souvent n’est pas le Japon mais la chine suivie par l’Indonésie et l’Iran. Très avancé dans les méthodes de prévention, le Japon exporte sa méthode d’éducation aux catastrophes, notamment en Turquie.
Ce que l’on peut dire, c’est que le Japon concentre à lui seul presque 20% des plus grands séismes au monde. Tous ses efforts tendent à atténuer les dégâts engendrés par les secousses. Les pays qui vivent les mouvements de la terre, comme le nôtre, devraient s’en inspirer. Le tremblement de terre de Boumerdes en 2003 est encore dans toutes les mémoires. Et Chlef, par deux fois : 1954 et 1980.
Zouhir Mebarki
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