pétrole

LE BRENT A 37,30 DOLLARS LE BARIL : Les prix du pétrole ne décollent pas

Les prix du pétrole sont restés toujours en baisse, mardi, le lendemain de la chute drastique des cours depuis la guerre du Golfe, et ce malgré un petit rebondissement enregistré.

En effet, vers 11H20 GMT, (12H20 à Alger) le baril américain de WTI pour livraison en avril gagnait 8,99% à 33,93 dollars, quelques instants après avoir dépassé les 10% et atteint 34,42 dollars. à Londres, le baril de Brent de la mer du Nord- référence du pétrole algérien- pour livraison en mai valait 37,30 dollars, en hausse de 8,56%, quelques instants après avoir atteint 37,75 dollars. La veille, les cours du pétrole se sont massivement effondrés sous l’effet de la décision unilatérale prise par l’Arabie saoudite de baisser ses prix à la livraison après l’échec des négociations entre les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés; vendredi, dont la Russie, deuxième producteur mondial. « Après la baisse de plus de 30% enregistrée depuis vendredi après-midi, il s’agit avant tout d’un contre-mouvement », a estimé Carsten Fritsch, de Commerzbank. Le Brent et le WTI « sont soutenus par une reprise des marchés boursiers, qui ont eux aussi fortement chuté avant-hier », a-t-il ajouté.

Un rebond durable, des prix restent faibles
Les déclarations du président américain, Donald Trump, qui a évoqué lundi des mesures « de grande ampleur » pour soulager l’économie américaine face aux répercussions de l’épidémie du nouveau coronavirus, étaient également de nature à alimenter ce rebond, a ajouté M. Stanton, de RBC. Le ministre de l’énergie russe, Alexandre Novak, a déclaré mardi à la chaîne télévisée « Rossiïa-24 »ne pas « fermer la porte » à l’alliance Opep-Russie pour stabiliser le marché du pétrole. Cette déclaration a animé les espoirs de stabiliser le marché.
Autre signe à même de limiter une offre surabondante sur le marché, relevé par le même analyste, les « premières réactions des producteurs américains » qui ont annoncé « des réductions plus importantes des investissements et une baisse de la production de pétrole à l’avenir ».
Mais les fondamentaux d’un rebond durable et prononcé des prix restent faibles: lundi, l’Agence internationale de l’énergie a publié ses prévisions d’une offre excédentaire d’environ 1,5 million de barils par jour. Et le groupe pétrolier Saudi Aramco a annoncé mardi qu’il allait fournir à ses clients 12,3 millions de barils par jour (bpj) de brut « en avril », soit une forte augmentation de sa production pétrolière.

Des répercussions négatives sur l’Algérie
La baisse des cours du pétrole anime les inquiétudes en Algérie, dont l’économie est liée principalement à la manne pétrolière. L’expert des questions énergétiques et ancien P-dg de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, a estimé, lundi dans un entretien accordé à l’APS, que les conséquences de la chute des prix du pétrole « sont déjà définitivement négatives » pour l’Algérie. Selon lui « la guerre des prix déclenchée par l’Arabie saoudite va faire chuter le baril à un niveau proche de 30 dollars sur plusieurs semaines ou plus». « Mais à mon avis, cette situation ne durera pas longtemps car l’offre supplémentaire de pétrole de l’Arabie saoudite ou de tout autre pays exportateur finira par ne plus trouver de preneur même à très bas prix, au vu du niveau très bas de la demande avec des stocks mondiaux au plus haut niveau», a-t-il analysé, ajoutant que « ce qui est très probable, c’est que le monde s’oriente vers une crise économique mondiale pire que celle de 2008». Avant l’avènement du Coronavirus, a-t-il poursuivi, les pays de l’OPEP et leurs alliés faisaient face à un marché pétrolier influencé par la baisse des consommations liée à la récession économique et une compétition entre producteurs avec notamment les USA et leur production de pétrole et de gaz de schiste. Actuellement l’incertitude sur l’impact et la durée de l’épidémie est presque impossible à évaluer, et tellement grave que le « pour « a tout simplement primé, pour des raisons d’abord économiques. La Russie n’est plus sûre de compenser ses pertes à travers une remontée hypothétique du prix par rapport à une nouvelle baisse de production, même si ses besoins sont basés sur un baril à 40 dollars. Pour l’Algérie, les conséquences sont déjà définitivement négatives sur l’ensemble des prévisions économiques et budgétaires, dit-il, puisque notre loi des Finances a été établie sur la base d’un baril à 60 dollars. Une loi de Finances complémentaire est inévitable avec un recours probablement plus intense aux réserves financières du pays, a préconisé l’expert.
H. Hadjam