Assoul Zoubia

LES AVOCATS MAINTIENNENT LA PRESSION SUR LE POUVOIR / Zoubida Assoul : « Le Président doit dissoudre les deux chambres parlementaires !»

Après un 4e vendredi consécutif de manifestations pacifiques contre le pouvoir en place, le peuple maintient sa détermination, et compte continuer la mobilisation, avec une évolution remarquable dans ses revendications. Ceux qui ont crié «Non» au 5e mandat dépassent aujourd’hui cette revendication maintenant que le Président s’est retiré de la course électorale, lorsqu’encore la Présidentielle est reportée. Très actifs durant ce mouvement, les Robes noires maintiennent la pression sur le pouvoir. Pour connaitre ce qui est attendu du Président sur le plan constitutionnel et juridique, pour comprendre la suite à connaitre pour le mouvement, nous avons pris attache avec la juriste et avocate, Zoubida Assoul. Elle dira à ce propos que « le Gouvernement doit démissionner immédiatement, et le Président, lui-même, doit partir», et d’ajouter « avant que le Président parte, il faut qu’il dissolve les deux chambres parlementaire.» « Les marches imposantes du peuple qui est sorti par millions depuis le 22 février dernier, contiennent un message clair et net, le peuple ne veut plus du «FLN» et «RND», au sein du gouvernement », précisera Me Assoul. « Les deux chambres parlementaires ne sont plus représentatives, elles sont rejetées par tous les Algériens. Tout le peuple ne veut plus de ce système, ni de ses enfants.» Pour s’appuyer sur son point de vue, Me Assoul a souligné, à titre d’exemple, que « le peuple ne veut plus de Bensalah et consorts, c’est impossible ! Personne ne peut imaginer Bensalah successeur du président Bouteflika, il y a des personnalités qui sont consensuelles, auxquelles ont peut faire appel pour essayer d’être les médiateurs entre le président de la République et la voix du peuple. Pour la période de transition, le peuple craint que ce processus soit dirigé par le même pouvoir qui était derrière tous les échecs qu’a connu l’Algérie », explique-t-elle. «Il y a une rupture de confiance totale, le peuple ne veut pas de ces visages, donc il faudrait que le Président dissolve les deux chambres », insiste Zoubida Assoul, affirmant que «le Conseil Constitutionnel n’est plus représentatif.» Afin d’assurer une période de transition comme le souhaite le peuple, « des personnalités consensuelles doivent être sollicitées», elle suggère « Liamine Zeroual ». « Zeroual peut être le médiateur entre la voix du peuple et ce pouvoir en place. C’est comme ça qu’on voit les choses mais pas autrement », a-t-elle dit. Pour sa part, l’avocat Mokrane Aït Larbi, estime, lui, que « si le peuple a toujours demandé le départ de ce système, je pense que le pouvoir n’aura pas d’autres choix à faire, la balle est désormais dans son camp. Maintenant, c’est au pouvoir de trouver des solutions rapides afin de satisfaire les exigences de milliers de citoyens », nous a-t-il affirmé. Également acteur politique, néanmoins avocat et président de Ligue Algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH), Noureddine Benissad, a indiqué à la presse que «les avocats sont aussi une force de propositions et nous alimentons le mouvement populaire par des propositions et idées aussi bien sur le plan juridique que politique. Nous contribuons par des éclairages sur la Constitution, les différentes expériences dans le monde sur les transitions démocratiques déroulant le passage pacifique de la dictature vers la démocratie et surtout de faire des propositions pour une sortie de crise pacifique et apaisée ». Me Benissad poursuit encore pour dire qu’«il s’agit d’envisager avec les magistrats des actions communes et de parler d’une seule voix pour apporter notre soutien inconditionnel au mouvement de protestations. Rappelons que l’Union nationale des ordres des avocats a souligné, lors de sa réunion extraordinaire, tenue le début du mois courant qu’elle «demeure réunie en session ouverte pour suivre l’évolution de la situation dans le pays », cette décision a été prise afin de pouvoir prendre toutes les mesures qui s’imposent.

Med Wali