Flambée des prix

LE PRÉSIDENT TEBBOUNE INSISTE SUR L’APPLICATION STRICTE DE LA LOI DE LA CONCURRENCE : En finir avec le monopole à l’origine de la flambée des prix

Les dernières décisions du président de la République confirment l’inefficacité de deux secteurs directement concernés, à savoir, ceux du Commerce et de l’Agriculture.

En effet, Abdelmadjid Tebboune a insisté, dimanche, lors de la réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée, sur « l’application effective de la loi relative à la concurrence, notamment l’interdiction des situations de monopole et la lutte contre les pratiques visant leur exploitation pour la perturbation de l’approvisionnement du marché national ». Il a également mis l’accent sur « la poursuite des efforts d’accompagnement des agriculteurs en vue de leur protection contre les fluctuations des prix des produits agricoles », ainsi que sur « la gestion efficiente et rationnelle des espaces d’entreposage, surtout ceux destinés aux produits essentiels de large consommation, afin de les mettre à profit pour assurer l’approvisionnement constant du marché national ». Ces décisions mentionnées dans le communiqué du Conseil des ministres, interviennent dans un contexte marqué par la poursuite de la flambée du prix du premier produit de large consommation chez les algériens, à savoir, la pomme de terre. Une flambée, non maîtrisée, qui dure depuis le début du mois sacré de Ramadhan. Il s’avère, à ce titre, que la politique de stockage commercial stratégique adopté comme nouveau mécanisme de régulation et d’encadrement de l’approvisionnement du marché national en produits essentiels de large consommation, n’a pas donné son fruit ! Pour preuve, l’Office national interprofessionnel des légumes et viandes (Onilev) a procédé samedi passé à sa troisième opération de déstockage de la pomme de terre destinée à être injectée dans les différents marchés de gros à travers le pays. Une opération qui a concerné pas moins de 13 wilayas, visant encore une fois à faire face à la hausse des prix et à contrer les spéculateurs, notamment en cette période de reprise de l’activité de restauration. Deux jours plus tard (hier), l’Office a annoncé l’ouverture de deux points de vente de pomme de terre à Alger. Selon l’information émanant de cet établissement, la mesure intervient à la suite de la demande croissante de ce produit par les consommateurs au cours de ces derniers jours. Il a fait savoir que « dans un effort pour maitriser la forte demande de ce produit largement consommé, il a ouvert, en collaboration avec des opérateurs de stockage, deux points de vente pour pommes de terre de dans la capitale ».
Le premier point a été ouvert au niveau du marché de détail de légumes et fruits, dans la commune de Bab Ezzouar. Le deuxième est au niveau du siège du complexe d’évaluation des produits agricoles, sis a Kitani, à Bab El-Oued. L’Office a indiqué que le prix du kilogramme était fixé à 40 dinars. Ces orientations données par le président Tebboune montrent, on ne peut mieux, que les mesures purement administratives prises par les services concernés n’ont pas été en mesure de changer la donne sur le terrain, particulièrement durant le mois de Ramadhan. Pire encore, à ce jour les prix des légumes et fruits – dont la pomme de terre – restent élevés, alors que les deux ministres (Commerce et Agriculture) avaient affirmé que ces prix devaient baisser dès la deuxième semaine du mois sacré. Cela montre aussi, par conséquent, l’inefficacité de ces secteurs, voire de tout l’exécutif face aux barons de la spéculation qui n’assurent, en fin de compte qu’un rôle d’intermédiation entre les producteurs et les consommateurs et qui continuent à donner des coups durs à l’économie nationale. Une situation dont les agriculteurs en sont les premières victimes.
Après un dur labeur, des mois durant, ils vendent leurs productions à des prix pratiquement bas et s’aperçoivent quelques temps après que le prix du produit a plus que triplé une fois arrivé aux consommateurs. Ceux-ci sont les derniers de la chaîne à subir et à payer les gains démesurés et surtout injustifiés de personnes intruses à la corporation des agriculteurs faisant fi des décisions et des lois de l’État. Aujourd’hui force est de constater que si cette corporation n’est pas accompagnée dans de telles situations elle risque d’abandonner la culture de ce produit, qui ne serait pas rentable au vu des charges et du prix de vente, au risque de voir notre pays importer la pomme de terre au lieu d’en exporter comme l’année passée.
Lyes Ayoub