Tebbi

INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE ET RESTITUTION DES AVOIRS ISSUS DES CRIMES DE CORRUPTION : Abderrachid Tebbi fixe ses priorités

Dès sa prise de fonction à la tête du ministère de la Justice, le nouveau garde des Sceaux, Abderrachid Tebbi a annoncé les priorités qu’il s’est fixées, notamment cite-t-il « la promotion du secteur » laquelle « exige un travail dévoué et loyal en vue de réaliser les aspirations du citoyen en cette étape cruciale et décisive que traverse le pays ».

Dans son discours, lors de la passation de consigne, entre son prédécesseur, le désormais, ex-ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, Abderrachid Tebbi a d’emblée indiqué qu’il orientera « les efforts » à fournir dans son secteur «  sur l’élaboration de nouveaux textes juridiques » en vue de les adapter à la nouvelle Constitution adoptée, 1er novembre dernier. Il citera notamment, une nouvelle législation concernant « le statut de la magistrature (CSM) », « les lois organiques » concernant le « fonctionnement de la Cour Suprême et ses compétences », « la déontologie de la profession » qui définira et mettra en place «  les normes déontologiques  à respecter », et ce a-t-il expliqué afin « d’éviter les soupçons qui pourraient porter atteinte à la dignité et la réputation de la magistrature ». Autre dossier inscrit en priorité, dans sa mission à la tête du ministère de la Justice, « la restitution des avoirs issus des crimes de corruption », qui pour le nouveau garde des Sceaux «  constituera un autre défi à relever », et ce, ajoute-t-il « à travers le recours à toutes les voies possibles pour le recouvrement des deniers publics détournés par le passé » allusion de la période du règne de la Isaaba, (la bande Ndlr), une démarche devant s’inscrire «dans le cadre d’un effort national » pour « récupérer les richesses de la Nation comme l’a promis le président de la République » parmi ses 54 engagements pris lors de son programme pour la présentielle du 12 décembre dernier. Le garde des Sceaux a tenu ses déclarations, en connaissance des lourds dossiers de corruption, de dilapidation des deniers publics et aussi des fuites de sommes d’argent colossales des caisses du pays, lui qui a été nommé, le 10 juin 2019 au poste de premier président de le Cour suprême, laquelle a ordonné le placement en détention d’ anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et d’Abdelmalek Sellal, après le transfert de leurs dossiers par le parquet général, comme le stipule la règlementation, en matière de poursuite judicaires de hauts fonctionnaires de l’État. Se disant conscient des « défis à relever dans le secteur de la justice » lequel, selon le successeur de Zerghmati, «  exige du corps de la justice l’unification des rangs et davantage d’efforts  pour répondre aux aspirations des citoyens à une Justice indépendante et neutre » dira-t-il, sans manquer de préciser «  une justice qui garantit les droits et protège les libertés.» Saluant «  les efforts consentis » par son prédécesseur, Belkacem Zeghmati, le nouveau garde des Sceaux a tenu à préciser, qu’il s’est occupé du secteur de la Justice « en dépit de la conjoncture exceptionnelle ayant marqué le pays pendant deux années difficiles » , notamment, cite Abderrachid Tebbi « dans les volets politique, économique et sanitaire, » et que sa nomination à ce poste «  représente une lourde responsabilité et la promotion » d’autant que le secteur « exige un travail dévoué et loyal en vue de réaliser les aspirations du citoyen en cette étape cruciale et décisive que traverse le pays » a –t-il déclaré. Une étape cruciale pour le peuple et l’Algérie, qui après la prise de la pente vers l’enfer, ces vingt dernières années de règne du système bouteflikien, sa mise à l’arrêt et son éviction par le sursaut populaire du 22 février 2019 a inscrit, en priorité l’édification d’un Etat de Droit. Ce dernier s’articulant en premier, sur l’indépendance de la justice, Tebbi a rappelé, qu’atteindre cette indépendance, est l’objectif escompté parmi « les principaux axes du programme du président de la République » et figure, a-t-il poursuivi « en tête des priorités, dont il s’est engagé, à plusieurs occasions, à consacrer et à protéger et concrétiser lors du récent amendement de la Constitution ».
Rappelant dans son discours , «les démarches engagées par le président de la République à cet effet, lesquelles ont été exprimées dans son dernier discours destiné à la Nation » qui sont, a-t-il indiqué « positives et salutaires », il rappelle que le président de la République « a affirmé, à travers ses démarches, l’édification d’une Algérie nouvelle en allant de l’avant à un rythme accéléré » précise-t-il «  via le dialogue, la consultation et la participation de tout un chacun » a ajouté le nouveau ministre de la Justice dans l’exécutif de Aymen Benabderrahmane, issues des dernières législatives du 12 juin 2021.
Karima Bennour