MEDECINS AGRESSES A LHOPITAL DE THENIA

ILS ASSURAIENT LA GARDE DANS LE SERVICE COVID-19 : Deux médecins agressés à l’hôpital de Thénia

Manifestement, s’en prendre au personnel hospitalier est devenu le sport favori pour certains. La nuit de samedi dernier a été agitée au service de réanimation de l’hôpital de Thénia (Boumerdès), où sont admis les patients atteints de Covid-19.

Une médecin-femme a été agressée par des patients au niveau de ce service de l’hôpital public. Les agresseurs ont violemment frappé ce médecin et déchiré sa combinaison de protection, ont indiqué des témoins qui étaient présents sur les lieux. La victime a été incapable de poursuivre sa garde de nuit. Un autre médecin a été dépêché d’un autre service pour la remplacer, mais les patients mécontents de la prise en charge médicale, se sont pris de nouveau à ce médecin, le blessant gravement. Il a fini, lui-aussi, par être remplacé par une collègue, ramenée d’un autre service pour assurer la garde et le suivi des patients. Jusqu’à maintenant, l’on sait toujours rien sur les agresseurs-présumés : s’ils sont toujours libres ou ont été reconnus et appréhendés par les services de sécurité. Les faits ont eu lieu samedi soir dans l’établissement hospitalier public de Thénia, dans la wilaya de Boumerdès. À l’origine de cette agression, selon certains témoignages sur place, les manquements dans la prise en charge des patients au niveau de ce service qui connait depuis quelques temps un afflux renforcé des malades suspectés de contracter le coronavirus. Les agresseurs protestaient contre l’absence des moyens de protection avant de s’en prendre malheureusement au personnel hospitalier. Cette agression n’est pas une première. Les agressions contre les médecins et les salariés des établissements de la Santé publique, dans plusieurs régions de pays, ont plus que doublé depuis le mois dernier, période où les cas de contamination au Covid-19 sont repartis à la hausse, provoquant une surcharge dans les services de réanimation, où sont placés les patients contaminés. Lundi dernier, un agent travaillant dans l’établissement de santé d’Aïn El Melh de M’sila a été victime d’une agression à l’arme blanche après avoir tenté d’empêcher une personne de s’introduire de force dans le bureau du médecin. Les services de sécurité appelés, ont débarqué et interpellé l’agresseur, alors que la victime, blessée gravement, a été évacuée dans un état critique aux urgences du même hôpital. Les agressions contre le personnel hospitalier existaient depuis des années, mais il y a une augmentation significative du nombre d’incidents déclarés et médiatisés depuis ces derniers mois, liés à l’épidémie de coronavirus. Cette semaine, plusieurs médecins ont tiré l’attention sur leur situation et sécurité, qui font face à une énorme pression et au « burn-out » du fait d’être en contact étroit avec les patients contaminés au Covid-19 et obligés d’assurer des gardes de 24H. Beaucoup de citoyens ont appelé à des sanctions exemplaires contre ces agresseurs. « Le médecin et l’infirmier sont les dernières personnes qui tu verras si Dieu décide que tu partiras de ce monde à cause du coronavirus.
Tes enfants, ta famille, ainsi que tes amis qui t’applaudissent en te voyant insulter un médecin n’y pourront rien pour toi. Quand tous ceux-là te quitteront, ce sont les médecins et les infirmiers, surtout ceux de réanimations, qui continueront à lutter à tes côtés jusqu’à la dernière minute. Ce n’est pas parce qu’ils sont payés pour cela comme tu le prétends, mais parce que leur destin est d’avoir choisi ce métier qui résume toutes les valeurs de l’humanité », a écrit sur sa page Facebook, Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique.
Hamid Mecheri