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GUERRE D’INTERÊT D’ACTEURS ÉTRANGERS : Une arme contre la solution politique inter-libyenne

Les initiatives diplomatiques de certains pays préoccupés par la crise, les conflits et le chaos dans lesquelles a été plongée la Libye depuis 2011, suite à l’éclatement de la crise politique dans ce pays, précipitant l’intervention militaire de l’Otan, se multiplient pour tenter de calmer le jeu dangereux que se livrent des pays étrangers, -membres de l’Otan et leur alliés-, sur la scène libyenne.
Alors que les appels, en faveur d’un cessez-le-feu et l’arrêt des opérations militaires en Libye, ne cessent d’être lancés, notamment par les pays voisins à la Libye (l’Algérie et la Tunisie) ainsi que l’Institution africaine (l’UA) et plus récemment par les Nations unies (ONU), d’autres voies persistent à se lancer des avertissements et des déclarations de guerre sur le terrain libyen. Étant des dizaines de pays impliqués dans le conflit libyen, appuyant un camp ou l’autre, suivant leurs propres intérêts et non de ceux de l’ensemble du peuple libyen, qui paie depuis 2011 les affres de l’instabilité, l’insécurité et le chaos. La persistance du jeu dangereux en Libye, d’acteurs étrangers (Turquie, France, Égypte, Émirats arabe unis, Arabie saoudite…) menacent non seulement notre région mais la paix et la sécurité internationales. Les acteurs étrangers précités, dont les plus influents, la Turquie et la France, ayant pris des engagements, le 19 janvier dernier, lors de la conférence de Berlin sur la Libye, à suspendre leurs aides militaires aux deux camps qui se disputent la Libye par procuration, et donc au respect de l’embargo sur les armes et ne plus interférer dans les affaires intérieurs libyennes, se sont vite désengagés et ont accentué leurs actions respectives, de va-t’en en guerre en Libye. L’ex-observateur international dans la Mission de l’ONU pour la paix en Erythrée et en Somalie, Ahmed Kerrouche, estime que les appels à une confrontation militaire de pays sur le terrain libyen et l’implication de certaines tribus dans la guerre, menacent le destin de la Libye et de son peuple, car, estime-t-il, cette démarche « est à même de torpiller la solution politique  et d’ouvrir la voie aux pires scénarios », avertit Ahmed Kerrouche, qui est également expert des questions sécuritaires. L’Algérie, qui n’a cessé et continue de proposer d’accueillir une rencontre des Libyens en conflit, pour voir entamer un dialogue en vue d’un cessez-le-feu, a multiplié ces appels en direction de l’ensemble des acteurs libyens, de l’Est à l’Ouest et jusqu’au Sud libyen, ainsi que les pays impliqués dans le conflit libyen, en vue d’entreprendre des actions concrètes, pour lancer le dialogue inter-libyen inclusif. Pour le directeur d’édition de la « Revue africaine des sciences politiques », l’enseignant universitaire, Bachir Chaïb, il a, de son côté, alerté sur les risques qu’encourent la Libye et l’ensemble de la région, par l’armement des tribus libyennes. Il affirme, dans une de ses déclarations, que la question de l’armement de tribus libyennes « constitue une menace pour les pays de la région » mais surtout, avertit-il « pour l’État libyen et la cohésion de son peuple, composé essentiellement de tribus », sans manquer de appeler l’amère expérience aux conséquences autant dramatiques que désastreuses, du peuple Afghan, après «l’armement des tribus ». Relevant les graves impacts et les répercussions dangereuses de l’armement en général des libyens et en particulier des tribus libyennes, sur la Libye, il inclut aussi les pays du Sahel, au regard des prolongements des tribus libyennes dans nombre des pays voisins comme le Niger, le Tchad et le Soudan. Auparavant, faut-il le rappeler, l’effondrement de la Libye, suite à l’intervention de l’Otan et la prolifération des armes dans ce pays, à vite fait de plonger, après 2011, le nord malien dans une situation sécuritaire très dangereuse, un contexte qui a précipité le déploiement des forces militaires françaises, pour lutter contre le terrorisme. Un terrorisme qui s’est nettement déployé,  depuis, dans la région du Sahel, grâce notamment au basculement de la Libye. basculement de ce pays, dans le chaos, dans le sillage «du printemps arabe» , lequel portant les aspirations légitimes des peuples de la région, a été le cheval de bataille, de puissances étrangères, en crise économique, dans leur course effrénée, pour le contrôle des richesses naturelles et des voies d’approvisionnement en énergie, de la déstabilisation non seulement de la Libye, mais d’autres pays, dont la Syrie et le Yémen. Depuis l’éclatement de la crise libyenne en 2011, suivie de l’intervention militaire de l’Otan, la Libye est plongée dans le chaos et des conflits aux multiples fronts, complexifiés par les ingérences étrangères et la présence accrue d’acteurs internationaux, principalement les membres de l’Otan et leurs alliés.
K. B.