Filière lait : de nouvelles mesures pour la relance

Sid-Ahmed Ferroukhi, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, a présidé hier, au sein de son ministère, une rencontre avec les professionnels de la filière lait pour les informer des nouvelles mesures prises pour la relance de cette filière importante. Dans le cadre du processus de dialogue et de concertation engagé par le ministère de l’Agriculture avec les représentants des éleveurs de bovins laitiers et des professionnels de la filière lait, des mesures ont été proposées en vue de répondre aux préoccupations de l’heure de ces acteurs, d’améliorer les performances de la filière lait. Ferroukhi a déclaré que ces mesures s’inscrivent dans l’objectif de réduction substantielle du recours à l’importation de la poudre de lait d’ici 2019. Ceci dans le but de promouvoir la production et les investissements nationaux dans ce domaine. Ainsi, pour préserver les investissements existants, il a été décidé que le prix de référence du litre de lait cru de vache est fixé à 50 DA (soit 36 DA plus 14 DA de subvention) à partir du 2 novembre 2015 pour inciter les éleveurs à produire un lait sain et de grande qualité. Par ailleurs, le prix à la consommation du sachet de lait est maintenu à 25 DA. Dans ce contexte, les laiteries sont appelées à développer sur le marché un segment de produit de lait cru à prix libre et à développer la production de lait en poudre pendant la période de forte lactation. En réponse également à une préoccupation des éleveurs de bovins laitiers, relative à l’accès à l’aliment de bétail et à la régulation du marché de ce produit, il a été décidé que l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), en coordination avec l’ONAB veillera à ce que les minoteries approvisionnent directement ces éleveurs en «son» issu de la trituration des blés soutenus par l’État. Par ailleurs, il est estimé que, à l’instar d’autres filières agricoles, la relance de la filière lait doit être appréhendée en termes stratégiques et exige, de ce fait, que soient prises des mesures ambitieuses qui relèvent du moyen terme. Dans cette perspective, l’accès des professionnels de la filière lait au foncier agricole sera facilité pour leur permettre d’investir en amont de la filière et concourir au développement des grandes cultures (céréales et fourrages), notamment, à travers le partenariat avec les fermes pilotes par les transformateurs et les professionnels laitiers. Ceci pour mettre en place les fermes modernes intégrées pour l’élevage bovin laitier et la production de céréales et de fourrages dans le cadre de contrats programmes. Les élevages intégrés de bovins laitiers et de production fourragère seront aussi encouragés dans le cadre de la mise en valeur et de la résorption de la jachère. Le développement des cultures fourragères sera soutenu à travers une nomenclature de soutien plus adaptée. L’OAIC interviendra dans l’importation et la distribution des semences fourragères pour développer les superficies y afférentes, ainsi que dans la mise en place d’un programme de multiplication des semences fourragères avec les instituts et les opérateurs privés. L’Office national de l’aliment de bétail (ONAB) sera chargé d’investir pour le développement du marché des aliments de bétail en partenariat avec l’OAIC et les autres opérateurs publics/privés.
L’ONAB devra ainsi acquérir les équipements appropriés pour développer les procédés de stockage du son en cube et du fourrage (ensilage, enrubannage). Aussi, développer les techniques innovantes permettant la production de fourrage. D’autre part, les coopératives des éleveurs seront incitées à recourir à l’exploitation des périmètres irrigués, notamment dans les Hauts-Plateaux et le Sud. Dans le but d’atteindre ces objectifs, la procédure de contrôle et de paiement des subventions seront décentralisés à partir du 1er janvier 2016. Le financement des projets agricoles intégrés sera encouragé par l’assouplissement des procédures de crédit Ettahadi et du crédit fédératif ainsi que par la généralisation du financement aux autres banques, à l’instar de celui qui est pratiqué par la BADR. Les instituts de recherche et de développement seront mobilisés de manière soutenue pour accompagner les éleveurs de bovins laitiers.et les producteurs de fourrages par des activités de vulgarisation. En conclusion, Ferroukhi a déclaré que les bovins laitiers ne doivent pas être affectés de maladie contagieuse telle que la tuberculose ou la brucellose pour que le lait ne soit pas contaminé afin de protéger la santé de l’éleveur et du consommateur. Par conséquent, l’organisation des professionnels devra être plus mobilisée que jamais pour soutenir la poursuite de la structuration de la filière lait.
Lazreg Aounallah

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