La parole sur le génocide commis contre les Palestiniens à Ghaza continue à déranger sur des plateaux de télévisions françaises. Le 9 septembre dernier, la comédienne devenue autrice engagée Adèle Haenel a consacré sa « carte blanche » dans l’émission « La Grande Librairie », diffusée sur France 5, à la dénonciation du silence entourant les crimes commis contre le peuple palestinien. Quelques heures plus tard, l’émission a été retirée de la plateforme France.tv par France Télévisions, qui affirme attendre un avis de l’Arcom.
À l’occasion de son passage dans « La Grande Librairie », présentée par Augustin Trapenard, Adèle Haenel a choisi de mettre sa prise de parole au service de deux causes qui ont marqué son engagement ces dernières années : la libération de la parole autour des violences sexuelles et la dénonciation du génocide en Palestine occupée. Invitée à prendre la place du présentateur pour la traditionnelle « carte blanche » qui clôt l’émission, l’ancienne comédienne a livré un texte inédit, préparé spécialement pour l’occasion. Face aux autres invités, parmi lesquels Virginie Despentes, Lilia Hassaine et Hervé Le Tellier, elle a d’abord évoqué avec force la difficulté pour les victimes de violences sexuelles de briser le silence. S’appuyant sur sa propre expérience, Adèle Haenel a raconté la peur qui accompagne le moment où une victime décide enfin de mettre des mots sur les violences qu’elle a subies. Une prise de parole qui fait directement écho à son propre parcours, elle qui avait dénoncé publiquement les agressions sexuelles qu’elle affirme avoir subies de la part du cinéaste Christophe Ruggia lorsqu’elle était adolescente. L’autrice a également rappelé, à travers son texte, son choix de quitter la cérémonie des César en 2020, après l’attribution du prix de la meilleure réalisation à Roman Polanski, accusé de violences sexuelles.
M. S.










































