Abu Zaid Dorda - Haftar

EX-MAITRE ESPION DE KADHAFI : Abu Zaid Dorda rencontre secrètement Haftar au Caire

À l’approche des élections générales en Libye prévues le 24 décembre, les mouvements de Khalifa Haftar qui le font déambuler de Dubaï au Caire, en quête de soutiens en vue, révèlent au grand jour les ambitions politiques de l’homme fort de l’Est.
Ainsi a révèlé hier « Africa Intelligence », quotidien spécialisé en décryptage de l’information, le maréchal autoproclamé libyen a été récemment en séjour au Caire, où il a eu à discuter en tête-à-tête avec un certain Abu Zaid Dorda, qui n’était autre que le chef des renseignements sous le Guide libyen.
« En séjour entre Dubaï et le Caire, Khalifa Haftar multiplie les discrètes rencontres avec diplomates et maitres espions. Mi-juin, il s’est ainsi longuement réuni avec l’ancien chef des renseignements de Kadhafi, Abu Zaid Dorda, rapporte ce média, précisant qu’ « après avoir passé moins d’une petite dizaine de jours à Dubaï, Khalifa Haftar était au Caire mi-juin. » C’est ainsi qu’une fois au Caire, l’homme fort de l’Est s’est entretenu « dans le plus grand secret » avec Abu Zaid Dorda. Agé de 76 ans, celui-ci n’est autre que « l’inamovible chef des renseignements extérieurs » de Mouammar Kadhafi.
En ce sens, la même source rappelle qu’Abu Zaid Dorda a été emprisonné dans la foulée de la chute du « Guide », il avait été condamné en 2015 à la peine de mort avec huit autres dirigeants, dont le fils aîné de l’ancien président libyen, Saïd al-Islamn Kadhafi, tous accusés d’avoir orchestré la répression des manifestations de 2011. »

Séjours réguliers en Egypte
Premier ministre de 1990 à 1994, Abu Zaid Dorda « avait était libéré à l’hiver 2019 sur ordre du procureur de Tripoli. Depuis, il séjourne régulièrement en Egypte où il possède ses entrées dans les cercles sécuritaires du pays. Abu Zaid Dorda est resté influent parmi les nostalgiques de l’ère Kadhafi (nombreux à s’être réfugiés au Caire), dont Khalifa Haftar espère obtenir les suffrages lors de l’élection du 24 décembre », révèle encore « Africa Intelligence ». Or, selon la même source, Dorda souffle le chaud et le froid dans ses prises de positions publiques, entre soutiens et dénonciations de Haftar et de son Armée nationale libyenne (ANL).
« Outre Dorda, Khalifa Haftar s’est également entretenu avec plusieurs responsables des services de renseignements égyptiens ainsi que des diplomates occidentaux en poste au Caire, souligne-t-on, rappelant que le discret séjour cairote de Haftar est intervenu quelques jours avant celui-nettement plus médiatisé- du Premier ministre Abdelhadmid Dbeibah. » Ce dernier s’est en effet rendu dans la capitale égyptienne le 28 juin, dans la foulée d’un bref séjour à Rabat, et a rencontré le président Abdel Fattah al-Sissi. Alors que l’Egypte constitue l’un des principaux parrains régionaux de Haftar, cette visite a suscité une vague d’inquiétude dans l’entourage de l’homme fort de l’Est libyen, qui suspecte Dbeibah de tenter de repousser la date de l’élection présidentielle. «

Dubaï en famille
Enfin, le même média conclu que lors de ses discrets séjours entre le Caire et Dubaï, où il a installé une partie de son quartier général, Khalifa Haftar est notamment accompagné de son gendre et secrétaire particulier Bassem Bouichi ainsi que son fils Belkacem Haftar, qui a déjà joué le rôle de sherpa diplomatique de son père par le passé.

Synthèse F. G.