La militante sahraouie des droits humains, Ghalia Djimi, a alerté sur la poursuite des violations qu’elle attribue à l’occupation marocaine à l’encontre du peuple sahraoui, appelant à la mise en place d’instances et de mécanismes internationaux « forts et indépendants » pour garantir ses droits fondamentaux, notamment son droit à l’autodétermination et à l’indépendance.
Intervenant devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, Ghalia Djimi a appelé à une action internationale en faveur de la protection des droits humains au Sahara occidental occupé, sans attendre le règlement définitif du conflit. Elle a exprimé sa « profonde inquiétude » face à la persistance, depuis cinq décennies, de violations qu’elle qualifie de systématiques à l’encontre des droits fondamentaux des Sahraouis. La militante a souligné que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination constitue, selon elle, « un droit fondamental et inaliénable », garantissant la dignité humaine et ouvrant la voie à un développement durable et équitable, ainsi qu’à une vie « sûre et stable ». Elle a également fait état de préoccupations concernant la persistance de cas de disparitions forcées et les conséquences qui en découleraient, notamment la torture, les représailles, les procès qu’elle qualifie d’inéquitables et les longues peines visant des militants sahraouis et des défenseurs des droits humains dans les territoires occupés. Ghalia Djimi a, par ailleurs, réitéré la responsabilité du Conseil des droits de l’homme dans la protection des droits du peuple sahraoui et dans la lutte contre l’impunité.
Appel à sauver les détenus sahraouis
Dans le même contexte, la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines a dénoncé les mesures disciplinaires prises, selon elle, par les autorités marocaines à l’encontre de détenus civils sahraouis en grève de la faim. L’organisation a tenu le Maroc pour « pleinement responsable » de l’intégrité physique et psychologique des neuf détenus en grève de la faim dans les établissements pénitentiaires d’Aït Melloul 2, de Tiflet 2 et de Kénitra. Elle a renouvelé son soutien à leurs revendications, notamment leur regroupement et leur transfert vers les villes du Sahara occidental. La Ligue a également appelé le Conseil de sécurité de l’ONU, le Comité international de la Croix-Rouge ainsi que les organisations internationales de défense des droits humains à intervenir d’urgence auprès des autorités marocaines afin de préserver la vie des grévistes. Elle a aussi réitéré son appel à l’élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), afin qu’elle puisse contribuer à la protection des droits humains et à la documentation des violations.
Les détenus d’« Akdeim Izik » reprennent leur grève de la faim
Par ailleurs, le quotidien allemand Junge Welt a consacré un article à la reprise d’une grève de la faim illimitée par neuf prisonniers politiques sahraouis du groupe d’« Akdeim Izik », après que les autorités marocaines n’auraient pas respecté les engagements pris en juillet dernier envers le détenu politique Naâma Asfari, à l’issue d’une grève de la faim de 46 jours. Selon le journal, les détenus protestent notamment contre les restrictions affectant leurs droits fondamentaux en prison, parmi lesquels l’accès aux soins médicaux, les visites familiales, les communications téléphoniques et la correspondance. Junge Welt souligne également que ces détenus sahraouis purgent leurs peines dans des prisons marocaines éloignées de leurs familles, dans les territoires du Sahara occidental occupé. Le journal présente cette situation comme une politique visant à isoler les détenus politiques sahraouis de leur environnement familial et national. Le quotidien rappelle en outre que des organes des Nations unies ont, à plusieurs reprises, appelé Rabat à libérer des détenus sahraouis, en raison notamment d’allégations selon lesquelles certaines condamnations reposeraient sur des aveux obtenus sous la torture. L’affaire remonte notamment au démantèlement, en 2010, du campement d’Akdeim Izik, installé à proximité d’El Aaiún occupée par des dizaines de milliers de Sahraouis pour protester contre leur situation politique et sociale. Le camp avait été démantelé par les forces marocaines.
Le transfert du détenu Bachir Khada
Dans un communiqué publié dans le cadre de son suivi de la situation des détenus civils sahraouis en grève de la faim depuis le 23 septembre 2026, la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines a indiqué avoir reçu des informations concernant le détenu Bachir Khada. Selon l’organisation, la famille du détenu a reçu vendredi soir un bref appel téléphonique de celui-ci, au cours duquel il leur aurait indiqué être arrivé à la prison d’El Aaiún occupée, avant que la communication ne soit interrompue. La famille n’aurait ainsi pas pu obtenir davantage d’informations sur son état de santé et ses conditions de détention. La Ligue affirme que ce transfert intervient alors que la grève de la faim se poursuit et le présente comme le résultat des mobilisations menées par les détenus d’Akdeim Izik pour faire valoir leurs revendications. Dans son communiqué, l’organisation considère que la grève de la faim constitue un moyen de protestation pacifique permettant aux détenus de faire pression sur les autorités afin d’obtenir la satisfaction de leurs revendications. Elle affirme également que la mobilisation des prisonniers et la solidarité nationale et internationale auraient contribué à briser leur isolement et à obtenir certaines avancées. La Ligue a salué la mobilisation en faveur des détenus sahraouis et appelé les organisations de défense des droits humains, les institutions internationales ainsi que les Sahraouis à l’intérieur et à l’extérieur du territoire à renforcer leur soutien aux grévistes de la faim. Elle a enfin réitéré son appel à la libération de l’ensemble des détenus civils sahraouis incarcérés dans les prisons de l’occupation marocaines.
M. Seghilani
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