«En un demi-siècle d’exploitation, l’uranium n’a apporté aux Nigériens que misère, pollution, rébellion, corruption, désolation et aux Français, prospérité et puissance » a martelé, vendredi dernier, le Premier ministre de la République du Niger, M. Ali Mahaman Lamine Zeine, lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU. Dès son arrivée au pouvoir en 2023 à la tête de l’État du Niger, l’actuel gouvernement tente de reprendre les richesses naturelles du pays au profit des nigériens. Ce qui lui vaut, en représailles, des actions caractérisées par un harcèlement judicaire mené par le groupe français Orano (ex : Areva) en multipliant les procédures internationales contre la nationalisation de l’uranium par le Niger. Mais pas que, puisque le Niger pointe du doigt les « mercenaires armés à la solde de la France…bien souvent par l’entremise de ses proxys locaux, de réseaux et de complicités ». Comme au bon vieux temps de Bob Denard. La France ne se remet pas d’avoir perdu l’uranium du Niger. Au cours de cet été particulièrement marqué par la canicule pas moins de 200.000 pannes d’électricité ont été enregistrées en France, à la fin du mois de juin. Faute de ne pouvoir faire tourner convenablement les centrales nucléaires. Depuis, l’uranium est importé, par la France, d’Australie, d’Ouzbékistan et du Kazakhstan. Et bientôt du Canada, car la rencontre de Macron avec le Premier ministre canadien, Mark Carney, le 20 septembre dernier à Saint-Pierre-et-Miquelon, avait précisément pour objet l’achat d’uranium. Sauf que ces lointaines sources d’approvisionnement ont un coût de transport que la France supporte mal tenant compte de sa situation financière désastreuse. Ceci pour comprendre l’acharnement de la France contre l’État du Niger qui a nationalisé l’exploitation de son uranium. Pour moins que çà, la France a monté l’opération « Licorne » pour enlever de son lit, en 2011, Laurent Gbagbo dirigeant ivoirien et faire place nette à son successeur. On peut citer aussi la création du franc CFA qui remet la souveraineté financière des États africains à la banque de France alors que cette même France a abandonné le franc. Une France qui a poussé le bouchon jusqu’à humilier les africains avec le couronnement de « l’empereur Bokassa ». Si 4 pays du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) se sont récemment affranchis de la tutelle française, il faut dire que cette voie a été ouverte dans les années 60-70 par deux pays : la Guinée et l’Algérie. Par décision, en 1958, du président Sékou Touré dans le premier cas. Dans le second cas, pour avoir arraché notre Indépendance en menant une guerre qui nous a coûté un million et demi de martyrs couplée par la nationalisation de nos hydrocarbures en 1971 par le président Houari Boumédiène et le tout validé par la détermination du président Abdelmadjid Tebboune, la France a perdu ses dernières illusions néo-coloniales en Algérie. On l’aura compris, le « J’accuse » du Niger contient des griefs qui font partie de l’ADN de la France. L’Afrique peut et doit s’en défaire !
Zouhir Mebarki












































