Bouira : Lakhdaria, une ville en plein essor

Le chemin qui conduit au nouveau pôle urbain, situé sur une colline à la périphérie de la ville, est poudreux, et le pied s’y enfonçait, ce jeudi, délicieusement comme si l’on foulait une épaisse moquette. La pluie de la veille n’a pas eu d’effet sur la poussière. Elle a été trop courte pour que la route, qui attend d’être revêtue de bitume, se transforme en cloaque. Le ciel se pommelait de nuages blancs comme des ouates de coton. Miracle : le printemps ressuscitait, après les premiers jours franchement caniculaires de mai. L’air est si doux, et si les oiseaux ne chantaient dans les buissons ou dans les arbres ce ne devait pas être leur faute, mais celle des moteurs des voitures qui composaient le cortège du premier responsable de la wilaya. Des retards inadmissibles. Le wali étant là pour travailler, ne se laissait pas détourner une seconde par cette belle journée, comme ce sous-préfet venu à la rencontre des ses «chers administrés», dans le récit d’Alphonse Daudet. Il allait même fournir la preuve du grand sérieux qui l’animait ce matin. Ayant à peine quitté son véhicule, il se précipitait sur le tableau d’affichage réservé à ce projet de VRD, au niveau du POS U17. Et tout de suite, les critiques accompagnées de reproches se mirent à pleuvoir. Un déluge qui n’épargna personne, la Sonelgaz notamment. Le retard causé était considérable. Débuté le 7 octobre 2014, le projet de ce terrain intégré, c’est-à-dire qui comprend les réseaux de VRD, d’AEP, de téléphone, de gaz et d’électricité, n’en est qu’à 32% de son taux d’avancement! Bientôt un an que le projet était lancé! Le premier responsable perdait son calme. Il jugeait que c’était trop, que c’était énorme, intolérable et exigea qu’on y mette toute la gomme, sans tarder. Au tableau d’affichage suivant, heureusement, les choses ne se présentaient pas aussi mal. Le projet d’un groupe scolaire de type B1, démarré le 13 janvier 2015, est à un taux d’avancement des travaux de 20%. Le délai de 12 mois expirera à la rentrée. Le troisième tableau d’affichage présentait en détail le pôle urbain. Une nouvelle cité émerge sur cette colline, à l’ouest de la ville, comme sous la baguette de quelque bonne fée. Sur les 700 logements, 400 sont achevés et les autres sont à un taux d’avancement appréciable.
De là, le cortège s’est ébranlé en direction de Guergour, un village accroché à flanc de montagne au pied de laquelle roule oued Isser et la RN5 déroule son tapis bleu et étroit à travers les fameuses gorges de Lakhdaria. La route qui conduit à ce lieu est goudronnée, tortueuse et bordée d’une végétation épaisse. La mise des citoyens qui nous accueillaient vers dix heures est modeste. De quoi vit donc la population sans culture vivrière et sans élevage ? L’eau va arriver pourtant, le gaz aussi. C’est l’objet principal de cette visite. Et autant le premier responsable de la wilaya s’est montré peu satisfait des résultats affichés pour le projet de VRD au pôle urbain, autant il a fulminé contre l’entreprise chargée d’amener l’eau au village. Le projet lancé il y a trois ans est à l’arrêt depuis le 26 octobre! Le délai est doublement dépassé. L’entrepreneur a tenté de ce justifier en arguant un vol de matériel, le wali a donné jusqu’au Ramadan pour achever les travaux, dont le taux d’avancement est de 76%. De même qu’il a accordé une semaine pour recenser les foyers non raccordés au gaz et les ajouter sur la liste des bénéficiaires. Il s’agit d’un grand projet qui concerne 449 foyers, et dont le taux de réalisation est de 59%. Concernant l’assainissement, le projet est à un taux d’avancement estimé à 90%. Seule, l’école, à 500 mètres, reste à raccorder au réseau.

Une zone en proie à l’instabilité
Nous regagnions la ville par le Nord. Le terrain est en proie à des glissements fréquents. On a dû déranger les structures internes du sol, suite à l’implantation de grands projets comme la construction d’un passage souterrain pour l’oued qui dévale du sommet de la montagne contre laquelle s’adosse la ZHUN. On a également construit la nouvelle ville (La cité Lemou-Brahim), on est en train d’aménager une route de 1,5 km, reliant la RN5 à la ZHUN. Le wali marque une halte à ce nouveau projet, près de l’école Bentayeb-Ahmed. Commencé le 15 septembre, ce projet d’aménagement de la voie B connaît, lui aussi, un retard, car il n’a qu’un délai de six mois. Mais, alors que le représentant des travaux publics donnait un aperçu de la situation physique de cette réalisation, un groupe de jeunes demandait au wali de leur accorder un entretien autour des problèmes vécus au niveau de la cité Lemou-Brahim, au sommet de la colline. Ce dernier leur a donné rendez-vous à la prochaine étape qui comportait un vaste projet en trois tranches portant confortement et consolidation de ladite cité. Au niveau de ladite cité, deux chantiers sont en activité. Des murs en béton courent tout le long du flanc de la colline. L’objectif est de faire retrouver au sol sa stabilité, mis à mal par les précédents chantiers. Le premier tableau d’affichage indique les arrêts et les reprises. Le premier arrêt est du 18/11/2014. Le second, du 31/12/ 2014. La dernière reprise est du 22/03/2015. Le taux d’avancement des travaux est de 35%. Devant la menace des pénalités, l’entrepreneur a eu une prise de bec avec la directrice de l’urbanisme et de la construction. Il a déclaré qu’il avait «demandé plusieurs fois à être reçu par la responsable du secteur pour l’informer des difficultés rencontrées sur le terrain, mais cette dernière aurait opposé à ses maintes demandes une fin de non recevoir.
«On m’a fait perdre 8 mois», accusait-il. Faux, a rétorqué la directrice de l’urbanisme et de la construction. Et de le soupçonner de chercher à éviter les pénalités. La troisième tranche du projet a connu les mêmes viscitudes et marqué autant d’arrêts et de reprises. 1er arrêt : 26/07/2012. 2e arrêt : 18/ 01/2011, 3e arrêt : 18/11/2013. Dernière reprise : 26/03/2014. Le taux d’avancement est de 90%. L’intervention énergique du wali a fait observer à l’entrepreneur irascible qu’on n’était pas «dans une confrontation» ordonnant de fournir plus d’efforts de sa part. La cité Lemou proprement dite n’était pas prévue dans le programme, mais à l’invitation des jeunes, le wali y a fait un crochet, d’autant plus qu’elle se trouve à un jet de pierre du projet de confortement. Il a décidé que soit construit un mur de soutènement pour prévenir un éventuel glissement de terrain au bas de ladite cité, des escaliers pour y accéder, un réseau d’assainissement et la création d’espaces verts et d’aires de jeux. Toujours au niveau de la même ZHUN , le wali a supervisé un certain nombre de projets au niveau de la cité du 5-Juillet. Ils consistent en l’aménagement d’un espace vert (taux d’avancement de 35%), en la réalisation d’un réseau d’AEP (taux d’avancement de 70%), en pose de gazon synthétique, en l’aménagement et revêtement en bitume de la route reliant l’école Harrach-Lounès à la cité 480 -Logements (délai : 4 mois) et en aménagement urbain de ladite cité. La réalisation de cinq marchés couverts qui a connu plusieurs arrêts, dont le dernier date du 7 octobre a mis le wali en colère, d’abord contre le responsable de Sonelgaz, puis le P/APC. La visite s’est ensuite poursuivie avec la salle de sport réhabilitée à 99%. Là, le wali a écouté un groupe de citoyens sur le blocage d’un projet de lycée non loin de cette structure sportive. Le terrain où devait se construire cet établissement scolare est en litige. Deux citoyens prétendent en être les propriétaires. Une enquête est ouverte pour vérifier la nature juridique du terrain. En attendant, le wali, pour accélérer les choses, a ordonné que le lycée soit construit sur une salle polyvalente ne servant à rien et d’ailleurs vétuste.

Le wali s’offre un bain de foule
À la cité Kririche, le chef de l’exécutif s’est offert un vrai bain de foule. La rue est noire de monde. Et une cohue dense s’agglutinait autour des tableaux d’affichage plantés devant la mosquée, et expliquant les trois projets d’assainissement et d’aménagement urbain du quartier, d’aménagement de la RN 29. La rue est demeurée bloquée pendant plus d’une demi-heure. La prise de notes relevait de l’exploit. Il fallait jouer des coudes et encore… Le taux d’avancement des travaux d’aménagement de la rue Mghraoui-Ali (délai :18 mois), de réalisation de deux réseaux d’assainissement (77%) et (90% pour la cité et un troisième pour Medour (60%) renseignent sur la cadence des chantiers à l’œuvre. Le wali a prêté autant d’intérêt au projet de protection de la ville de Lakhdaria contre les inondations et les maladies à transmission hydrique. Le projet est en deux tranches, et comporte un délai de 12 mois pour chacune. C’est un système comportant des conduites en béton armé, de regards de visite en préfabriqués, de gabions (20 000 m3 pour la première tranche et de 14 600 m3 pour la deuxième). Le taux d’avancement des travaux est de 98%. Les eaux usées et les eaux pluviales sont collectées et envoyées dans un grand bassin souterrain de forme ovoïde d’une profondeur de 40 mètres, nous expliquait-on. Le stade communal Mansour-Khodja-Ali a permis au wali de s’entretenir un instant avec les responsables de l’équipe de football et de connaître les problèmes qu’elle vit et qui l’empêchent de finir la saison en beauté. La construction de 24 000 places se fait au ralenti à cause du passage de la ligne électrique au-dessus du stade. Le wali a ordonné que la ligne passe sous terre. En revanche, la bonne humeur du wali allait être altérée encore une fois avec l’un des deux projets implantés dans la cité El-Kouir. La construction d’une passerelle au-dessus de la voie ferrée et reliant la cité à la RN5. Le projet lancé, le 27 mai 2014, avec un délai de 6 mois n’a pas été du goût du wali pour la façon autant que pour le retard. Cet ouvrage qui a nécessité un assemblage de 7 poutres et d’une poutre transversale de 33 mètres de long pose en effet problème. D’abord, au lieu de 6 mois, l’entreprise a mis 1 an, et le taux d’avancementest est à seulement 85%. Ce qui a fâché le wali. Celui-ci a observé encore que si l’on laissait l’ouvrage se réaliser en linéaire, il irait droit vers le lycée en face. Aussi, a-t-il exigé une petite correction tout en courbure pour éviter le bâtiment en face. Le deuxième projet, d’aménagement urbain, lancé le 25, avec délai de 15 mois est déjà à un taux d’avancement de 5%.
Le dernier bain de foule a eu lieu au quartier Hamana, où le wali a visité un autre projet d’aménagement urbain. De là, le cortège a mis le cap sur l’hôpital, où le wali a visité le nouveau bloc opératoire de 6 salles. Le seul problème est posé par l’absence d’infirmiers pour assister les spécialistes qui opéreront au niveau de ce bloc, lequel ouvrira prochainement ses portes aux malades nécessitant des interventions spécialisées.
Ali D.

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