Diplomatie : le MAE fête l’Afrique

La Salle des conférences du ministère des Affaires étrangères a connu la grande effervescence, avant-hier en début de soirée à l’occasion de la célébration de la Journée de l’Afrique,coincidant avec la création de l’U.A. et placée cette année sous le sceau de l’hommage à la femme africaine. Pour une fois, l’allégresse et la convivialité semblaient l’avoir emporté, pour un temps seulement, sur l’attitude solennelle et austère du monde de la diplomatie.

Du gratin , en veux –tu , en voilà ! L’on ne peut s’empêcher, alors de bien scruter ces têtes grisonnantes sous lesquelles bouillonnent les neurones sans cesse régénérescentes ayant pour vocation de toujours maintenir l’Algérie au diapason des nations les plus fortes au concert international. Tâche herculéenne par temps de globalisation et, comme un virus retors, de permutation de dangers multiformes. Affublés de leurs nouveaux attributs tout autant révérencieux de leur don de soi pour la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, et Abdelkader Messahel, ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe sont là, ainsi que des convives de haut rang à l’image de l’ambassadeur du Gabon à Alger et néanmoins doyen du groupe diplomatique régional Afrique, Moussa Pambou Makosso ou encore Francisco Caetano Jose Madeira, directeur du Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT). Ces trois derniers, eurent l’honneur de discourir en tribune, mettant en avant le rôle de la femme africaine dans le développement, l’émancipation et la paix en Afrique. Mais incontestablement, le passage de Messahel aura été le moment fort de ces tours de micro, traduit par un exposé magistral sur la situation à tous les niveaux du continent, mais également sur approche algérienne face à toutes les problématiques posées. Il s’en dégageait du discours du tribun une telle force de persuasion et tellement de clarté que l’assistance observait tout au long de son intervention un silence religieux. Réitérant, comme clef de voûte l’engagement de l’Algérie pour la promotion de la paix et de la stabilité en Afrique, Messahel rappelle la réussite du dialogue inclusif malien sous les auspices de l’Algérie et souligne sa conviction, concernant la crise libyenne, que la solution passait nécessairement par la formation d’un gouvernement d’union nationale à même de garantir l’unité, l’intégrité territoriale de la Libye, son indépendance, sa souveraineté nationale et la cohésion de son peuple, loin des interférences étrangères.
S’agissant de la lutte contre le terrorisme, Messahel rappelle résolument le combat que mène l’Algérie au quotidien depuis de longues années. Encensant l’Armée nationale dans sa lutte vaillante contre l’hydre terroriste, il invite pays partenaires et voisins à profiter de la « fine expertise » des forces de sécurité algérienne dans le domaine avec cette finalité ultime : assécher les diverses sources de financement du terrorisme.
Fin du solennel. Retour à la convivialité. Sponsorisée par Mobilis et la Gulf Bank, cette soirée ne pouvait qu’aboutir à la cerise sur le gâteau : une superbe production de l’ensemble Gharnatia qui enchanta l’assistance sur un laps de temps trop court , hélas, mais suffisant pour révéler les tendances très mélomanes de Nouria Benghebrit, la ministre de l’Éducation, Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture ou encore Abdelakader Zoukh Wali d’Alger. Plus « prosaïques» peut-être, Amara Benyounès et l’inévitable Madjid Sidi Saïd se contaient sûrement bourses et négoce. Les autres membres du Gouvernement, présents en force également, se faisaient discrets.
Nourredine Bouteldja

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