Accidents de la route : qui pour stopper l’hécatombe ?

À en croire les chiffres officiels rendus publics par les différents organismes de l’État, à savoir DGSN, Gendarmerie nationale et Protection civile, un décompte fait ressortir que la route continue encore, et toujours, de causer des victimes. Ainsi, des recoupements font ressortir qu’il a été enregistré, entre les mois de juillet dernier et d’août en cours, quelque 832 morts et 7 386 blessés. En fait, et rien que pour les dernières 24 heures, la Protection civile a fait état dans un communiqué répercuté par voie de presse de 16 morts et 27 personnes blessées dans plusieurs accidents de la route. Pour l’automobiliste, comme pour le voyageur, il est loisible en effet de se rendre compte que la circulation constitue un sujet de discussions de premier plan. Sétif continue de caracoler à la tête de ce décompte puisque l’on y a enregistré le décès de 5 personnes alors que 5 autres ont été blessées. Durant les dernières 48 heures, et toujours selon les services de la Protection civile, un bilan, arrêté samedi dernier, fait ressortir que 22 personnes sont décédées et 43 autres ont été blessées dans des accidents de la circulation survenus dans différentes wilayas du pays. Pour le détail, le bilan le plus lourd de ces accidents a été enregistré au niveau de la wilaya de Nâama, où trois personnes sont décédées et une autre a été blessée, suite à une collision entre un véhicule et un camion. Durant les dix premiers jours du mois d’août en cours, il en ressort, selon le décompte, que les accidents de la circulation ont causé quelque 38 morts et 70 blessés. Toutefois, note, un tant soit peu optimiste, la DGSN qui a fait état d’une baisse sensible du nombre d’accidents de la route durant le mois de Ramadhan 2014, dont le bilan fait ressortir que les 1 084 accidents survenus ont causé la mort de 64 personnes et blessés ainsi que

1 469 autres. Durant les deux jours de l’Aid el-Fitr, cependant, l’on a enregistré malheureusement 7 personnes décédées et 52 autres blessées dans des accidents de la route survenus dans la wilaya de Sétif. À la veille de l’Aïd, une personne avait trouvé la mort et une autre a été blessée dans un accident survenu sur l’autoroute Est-Ouest à proximité de la commune d’Aïn-Arnet à l’ouest de Sétif. Du 20 au 26 juillet, la Protection civile fait état du décès de 79 morts et 2 144 blessés sur les routes du pays en une semaine dans 1 816 accidents de la route survenus à travers le pays. Du 13 au 19 juillet 2014, les services de la Protection civile ont indiqué que depuis le début du mois de juillet, les accidents de la route ont fait 23 morts et 136 blessés. La wilaya d’Alger vient en tête, concernant le nombre d’accidents (24) suivie d’Annaba (19) et de Sétif (15). Durant la semaine du 13 au 19 juillet 2014, un bilan de la Protection civile déplore que 63 personnes ont été tuées et 2 082 autres ont été blessées dans 1 728 accidents de la route survenus à travers le pays.
Du 1er au 7 juillet 2014, 85 personnes ont été tuées et 839 autres ont été blessées dans 440 accidents de la circulation survenus à travers le territoire national, selon le commandement de la Gendarmerie nationale. Le discours officiel, de même que celui colporté par la vox populi, indique que le facteur humain est à l’origine de la majorité des accidents de la route qui surviennent en milieu urbain, notamment l’excès de vitesse, le non-respect de la distance de sécurité et les dépassements dangereux. À ce propos, la DGSN ne manque pas d’appeler à chaque fois les usagers de la route au respect du code de la route et l’entretien de leurs véhicules.
De leur côté, des associations activant dans le domaine estiment que la politique nationale de prévention routière ne doit pas se limiter à des sanctions, mais doit être basée sur la prise de conscience des citoyens, en y impliquant des spécialistes en sociologie et psychologie pour arriver à réduire le nombre d’accidents de la route. S’exprimant à l’occasion de l’une des éditions du forum du quotidien « El-Moudjahid », les présidents des associations « El-Baraka » de soutien aux personnes handicapées et « Tariq Essalama », respectivement, Flora Boubergout, et Mohamed Lazouni, ont relevé que «les sanctions n’ont pas réglé le fond du problème des accidents de la route», car il s’agit d’«un phénomène à traiter sur plusieurs niveaux et qui concerne toutes les composantes de la société». Les autorités locales, les institutions de l’État, le mouvement associatif et l’ensemble de la société civile, «doivent s’impliquer dans la prévention routière en coordonnant leurs efforts afin de concrétiser leurs plans d’action et d’aboutir à des résultats tangibles en terme de réduction du nombre des accidents de la route, et par conséquent, le nombre des morts et des blessés». Pour Mme Boubergout, «il n’est plus possible de supporter l’hécatombe des routes causé par l’inconscience de certains conducteurs, notamment, de la jeune génération». Elle a, à cet égard, proposé l’introduction de l’éducation routière dans le cursus scolaire. Intervenant à son tour, Lazouni explique que la formation des moniteurs et celle des conducteurs professionnels (chauffeurs routiers, chauffeurs des transports publics et privés) doit se faire dans des centres spécialisés et pas uniquement au niveau des auto-écoles, pour inculquer aux futurs conducteurs que «la conduite ne se résume pas à manipuler un véhicule, mais exige l’éveil, la vigilance et un civisme». En ce sens, il a appelé à la création d’un fonds national de prévention routière financé par les concessionnaires et les assureurs, pour subventionner, entre autres, les campagnes de sensibilisation sur les dangers de la route et atteindre le plus grand nombre de personnes à travers l’ensemble du territoire national.
Mohamed Djamel

Un commentaire

  1. Il faut une forte implication de l’État avec un budget au moins égal à celui attribué à l’equipe nationale pour le mundial!Le problème chez nous on préfère amuser le peuple que de s’occuper de cette hécatombe!

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