Le Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger entame une nouvelle étape de son fonctionnement. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé, dimanche à Alger, l’ouverture des travaux de la première réunion de cette instance, en présence de son coordinateur, le professeur Elias Zerhouni. Une réunion qui intervient quelques jours après la publication du décret présidentiel fixant officiellement les missions, la composition et l’organisation du Conseil. Créé par le décret présidentiel n° 26-293 du 7 septembre 2026, publié au Journal officiel n° 66, le Haut Conseil constitue une instance consultative placée auprès du président de la République. Doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, il a notamment pour vocation de mobiliser l’expertise des compétences scientifiques algériennes établies à l’étranger au service des priorités nationales de développement.
Aller vers un partenariat durable
Cette première réunion marque ainsi le passage d’une dynamique de rapprochement à un cadre institutionnel permanent destiné à structurer la contribution de la diaspora scientifique. Lors de son intervention, Kamel Baddari a salué l’engagement des scientifiques et experts algériens établis à l’étranger ayant répondu à l’appel du pays. Le ministre a insisté sur la nécessité de dépasser les initiatives ponctuelles et les contacts dispersés pour construire un partenariat durable dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de l’innovation et des technologies modernes. Le Conseil est notamment appelé à apporter des avis scientifiques et technologiques sur les grands axes du développement national, mais également à formuler des propositions concernant des projets d’importance nationale et à contribuer à l’évaluation de leur pertinence scientifique et technologique. Il doit aussi favoriser les échanges de connaissances, la veille stratégique dans les technologies avancées ainsi que le dialogue scientifique entre l’Algérie et les réseaux internationaux. La création de cette structure avait été amorcée en juin. La réunion constitutive du 28 juin, au Pôle scientifique et technologique Chahid Abdelhafid-Ihaddaden de Sidi Abdellah, avait réuni 31 scientifiques et chercheurs algériens établis à l’étranger, dont Elias Zerhouni et Belgacem Haba, avec une participation en présentiel et par visioconférence.
Une instance au service du transfert d’expertise
Le décret présidentiel encadre désormais le fonctionnement de l’instance autour de plusieurs structures, dont une Assemblée générale, un bureau, des commissions spécialisées et un secrétariat. L’Assemblée générale est appelée à se réunir régulièrement et peut également tenir ses réunions par visioconférence, une disposition adaptée à la dispersion géographique des membres de la communauté scientifique algérienne à l’étranger. Les travaux de cette première réunion doivent notamment porter sur le règlement intérieur, la mise en place des commissions spécialisées et l’élaboration d’un plan de travail annuel. Les recommandations, études et rapports produits par le Conseil sont destinés à contribuer à l’éclairage des décisions publiques dans les domaines scientifiques et technologiques. L’objectif affiché est ainsi de faire de l’expertise algérienne, établie à l’étranger, un levier plus structuré du développement national, notamment à travers le transfert de connaissances, l’accompagnement des projets scientifiques et technologiques et le rapprochement entre les chercheurs établis en Algérie et ceux évoluant dans les grands pôles scientifiques internationaux.
« TIVES », premier dossier à l’examen
La veille de cette première réunion, Kamel Baddari avait rencontré le professeur Elias Zerhouni. Les discussions avaient porté sur la situation et le programme de développement du Centre des technologies et de l’innovation pour les systèmes éducatifs virtuels (TIVES), donnant ainsi une première illustration concrète des domaines dans lesquels l’expertise scientifique peut être mobilisée. Inauguré en juin au Pôle scientifique et technologique de Sidi Abdellah, le centre travaille notamment sur l’intelligence artificielle, les bases de données spécialisées et les applications éducatives virtuelles. Il a été établi dans le cadre d’un partenariat associant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le ministère de la Santé, la Fondation Elias Zerhouni et la Fondation pour la recherche en santé et le développement (FOREM). À travers ce nouveau Haut Conseil, l’enjeu est désormais de transformer la présence de compétences algériennes de haut niveau à l’étranger en réseaux de coopération structurés, capables d’accompagner les priorités nationales en matière de recherche, d’innovation, de transformation numérique et de développement technologique.
M.Seghilani
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