CEUTA ET MELILLA SONT CONSIDÉRÉS COMME DES TERRITOIRES EUROPÉENS : Le Maroc accablé à Strasbourg
Le Makhzen qui croyait, par la corruption de certains députés et le chantage via le logiciel espion Pegasus, s’être offert la docilité, voire le soutien du Parlement européen dans sa politique expansionniste, vient de recevoir une véritable gifle après le soutien exprimé par Bruxelles à l’Espagne et sa déclaration qui rappelle que les enclaves de Ceuta et Melilla sont des territoires européens qui relèvent de la souveraineté de Madrid.
Jeudi dernier le Parlement européen a adopté une résolution condamnant l’instrumentalisation de la migration irrégulière comme outil de chantage et de guerre hybride contre l’Espagne en violation manifeste de l’intégrité territoriale d’un pays membre de l’UE. Bruxelles s’aligne ainsi sur la position du palais royal, de l’armée, de la police, des services de renseignement, de la classe politique et de la société civile espagnole. C’est un soutien sans ambages pour l’Espagne dans son bras de fer avec le Makhzen qui a souvent eu recours à la pression migratoire pour obtenir des concessions de Madrid. Il faut rappeler dans ce cadre que face à la réaction tiède du premier ministre Pedro Sanchez, l’Espagne a fait bloc derrière le roi Felipe VI et l’armée pour défendre un territoire sous souveraineté espagnole depuis des siècles, bien avant la création du royaume alaouite par le Marechal Lyautey. Il faut considérer « l’attitude molle » du premier ministre espagnol comme le résultat d’un chantage éhonté auquel il est soumis depuis le piratage de sa ligne de téléphone, via le logiciel espion Pegasus et la découverte, par les services secrets marocains, d’éléments qui pourraient le compromettre. Des sources espagnoles ont indiqué que cette tiédeur aurait un lien avec l’inculpation pour corruption de son épouse, Begona Gomez. Cette affaire qui remonte à prés de deux ans met en cause également des dirigeants du parti socialiste espagnol, la formation politique de Pedro Sanchez qui dirige une coalition gouvernementale fragile. Cette affaire avait fait la une de la presse marocaine dans une tentative de faire pression sur le gouvernement espagnol. Dans sa résolution adoptée jeudi dernier, le Parlement européen a dénoncé, « l’instrumentalisation de la migration irrégulière » contre l’intégrité territoriale d’un pays de l’Union européenne (UE) après les traversées massives vers Ceuta observées fin juillet dernier depuis le Maroc, jugeant « inacceptable » toute déclaration mettant en cause la souveraineté espagnole sur cette ville autonome. Par ce document adopté en plénière , les députés européens « condamnent » ces traversées irrégulières massives vers Ceuta et « dénoncent l’instrumentalisation de la migration irrégulière comme un outil de guerre hybride contre l’intégrité territoriale d’un pays de l’Union ». Qualifiant le renforcement de la protection des frontières extérieures de l’Union à Ceuta de « priorité absolue », les députés européens rappellent, dans leur texte, que Ceuta et Melilla sont deux villes espagnoles et européennes « dont la souveraineté et l’intégrité territoriale sont incontestables ». Les députés exigent, à ce titre, « le respect inconditionnel de l’intégrité territoriale des pays de l’Union en tant que principe fondamental du droit international ».
« Toute déclaration mettant en cause la souveraineté espagnole est inacceptable et incompatible avec les obligations d’un pays partenaire », ajoutent les députés. La résolution invite les autorités marocaines à s’acquitter de leurs responsabilités et de leurs engagements en matière de gestion des frontières, de retour et de coopération en matière de migration. Mercredi, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, avait mis un frein aux velléités marocaines à l’égard de la ville autonome de Ceuta, affirmant que cette ville relève du territoire de l’Europe et qu’elle ne transigera « jamais » sur la protection de ses frontières. Elle affirme que, l’Europe doit avoir les moyens de protéger ses frontières à tout moment. En particulier lorsque des mouvements de masse sont déclenchés et utilisés comme une arme ». C’est pourquoi, la commission a proposé « un nouveau cadre européen de réaction d’urgence ». « Le message de l’Europe est clair: nous respecterons toujours nos valeurs et nos droits fondamentaux, mais nous ne transigerons jamais sur la protection de nos frontières ». C’est une réaffirmation claire et nette de la position de Bruxelles qui insiste sur la protection des frontières de l’Espagne et de l’Europe contre route velléité expansionniste du Maroc.
Bourita disparait sous la table
Et fidèle à sa stratégie, le Makhzen, pour détourner l’attention de l’opinion publique sur la gifle qui lui a été assénée, a fait de la rencontre triangulaire Maroc-USA-entité sioniste, un événement phare. Lors d’une rencontre tenue mercredi à New York entre les ministres israélien et marocain des Affaires étrangères, sous l’égide américaine, le Maroc et l’entité sioniste se sont engagés « à renforcer leurs relations » par « l’élévation de leurs missions diplomatiques respectives au rang d’ambassades, ainsi que la nomination d’ambassadeurs », selon un communiqué de l’entité sioniste. L’attitude de Nasser Bourita, le chef de la diplomatie marocaine, qui semblait avachi, avec un regard perdu dans le vide, lors de la signature de l’accord, prouve, qu’il a scellé, par son paraphe, la cession de ce qui restait de la souveraineté du Maroc à l’ordre sioniste. Une forme de capitulation et d’armistice pour un royaume qui n’a jamais pris les armes pour défendre sa souveraineté devant l’appétit vorace des sionistes qui ont aujourd’hui les mains libres pour faire du pays de M6, une patrie de substitution. Et en attendant, des députés européens ont introduit une proposition de loi qui pourrait geler l’accord d’association UE-Maroc.
Slimane B.





















































