LE BRI FAIT TOMBER UN DANGEREUX RESEAU DE NARCOTRAFIC ET SAISIT 228 KG DE COCAÏNE A ORAN : La guerre anti-drogue fait rage
Ce qui est curieux dans ce énième coup de filet de nos services de sécurité, c’est la présence, dans ce réseau composé de 20 membres, de l’influenceuse Hammadi Chahrazed, connue sous le pseudonyme « Chouchou », et qui fait la navette entre l’Algérie et … Dubaï. Sachant que ces drogues proviennent du Maroc, le lien est vite établi.
Les éléments de la 20e Sûreté urbaine relevant de la Sûreté de la wilaya d’Oran ont saisi un camion transportant 228 kg de drogues dures (cocaïne), a indiqué vendredi un communiqué du pôle pénal spécialisé près le tribunal d’Oran. Selon le procureur de la République près ce pôle, le chauffeur du camion, dénommé Nouri Abdelmadjid Tahar, âgé de 28 ans, a pris la fuite après l’opération de saisie, effectuée le 25 août dernier. L’enquête préliminaire, menée par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la Sûreté de la wilaya d’Oran, a permis l’arrestation de 20 personnes, ainsi que la saisie de 46 véhicules de différentes marques, précise la même source. Les mis en cause ont été présentés jeudi devant le parquet de la République et font l’objet d’une information judiciaire pour « importation, détention, transport, stockage et acquisition illicites de drogues dures au sein d’un groupe criminel organisé transnational, susceptibles de causer de graves dommages à la santé publique », ainsi que pour « contrebande d’une gravité telle qu’elle menace la santé publique » et « blanchiment d’argent dans le cadre d’un groupe criminel ». Après leur audition par le juge d’instruction, celui-ci a ordonné leur placement en détention provisoire, conclut le communiqué.
Il faut rappeler que d’une la deuxième opération importante après celle du mois d’aout dernier. Plus de 10 millions de comprimés psychotropes et une quantité importante de cocaïne ont été saisis en plus de l’arrestation de 25 individus tandis que 25 autres, parmi eux des Marocains, sont en fuite.
Les décisions fortes du HCS
Cette opération musclée réalisée par les services de sécurité algériens à l’Ouest du pays intervient dans le contexte d’une décision très forte prise par le Haut conseil de sécurité (HCS) réuni, mercredi dernier, par le président Abdelmadjid Tebboune, notamment concernant la lutte contre la drogue. Il s’agit, pour rappeler une décision qualifiée de tournant majeur dans la doctrine menée par l’Algérie contre les officines hostiles et les gros bonnets de la drogue, deux projets sont adoptés et devant faire passer la lutte d’un traitement sécuritaire à un stade supérieur pour l’ériger en guerre systématique contre les grands réseaux de criminalité organisée et transfrontière. Notamment, la création d’un organe sécuritaire spécialisé dans sa lutte prenant l’exemple des États-Unis d’Amérique. Secundo, la création d’une prison de haute sécurité pour accueillir les barons de la drogue. Cette prison va être implantée dans le Grand Sud du pays et transformant une caserne de l’ANP située à Tanezrouft.
« Guerre … déclarée »
Lors du Conseil des ministres du 23 mars 2025, le président de la République avait vu venir en le trafic de drogue en provenance du voisin de l’Ouest, une menace sérieuse qui, aujourd’hui, impose une lutte plus adaptée et plus engagée. « L’Algérie fait face à une guerre non déclarée, dont l’arme est la drogue sous toutes ses formes, ciblant notre pays depuis ses frontières ouest et sud. Cette offensive est menée par les forces du mal pour affaiblir nos jeunes et briser l’échelle des valeurs sociales auxquelles notre nation est profondément attachée », avait-il averti.
Dans une déclaration à l’APS, l’expert en questions sécuritaires, Ahmed Mizab, est formel à ce sujet. Il considère que ces décisions prises en HCS marquent une « étape décisive » dans le processus engagé par l’Algérie pour éradiquer les crimes liés aux drogues, à travers « le passage du traitement sécuritaire traditionnel au déclenchement d’une guerre systématique contre les réseaux de criminalité organisée transfrontalière ». En effet, l’Algérie devra, aujourd’hui, faire face à des officines hostiles qui utilisent, outre les substances classiques légères et dures comme le kif et la cocaïne, les drogues de synthèse à l’exemple de la plus courante et redoutable « ecstasy ». Cette puissante substance psychotrope fait, depuis ces dernières années, des ravages dans les milieux de la jeunesse algérienne. Pour comprendre un peu les dégâts direct et collatéraux occasionnés à la société, il faut rappeler dans quel état était le conducteur du bus à l’origine d’un accident qui a fait 28 morts en fin juillet dernier. Le défunt était, en effet, sous l’emprise de psychotropes.
Du Maroc à Dubaï
Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de simples réseaux qui gèrent des flux de drogues dirigés depuis un territoire ennemi vers les frontières de notre pays, mais de parties hostiles derrière une menace par laquelle on déstabilise des Etats. Ainsi, outre le Maroc qui a fait du trafic de drogue une arme pour atteindre la stabilité et la sécurité de notre pays, ses alliés émiratis s’avèrent de plus en plus impliqués dans des affaires malveillantes, comme la présence, parmi le réseau démantelé à Oran, d’une influenceuse, connue sous le pseudonyme « Chouchou » qui réside entre l’Algérie et Dubaï.
Farid Guellil















































