LE MAE SAHRAOUI DANS UN ENTRETIEN À LA CHAINE AL24NEWS : « Aucune force ne peut dicter ses choix au peuple sahraoui »
Dans un entretien accordé à la chaîne internationale AL24News, le ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), a indiqué que la question sahraouie s’apprête à vivre trois échéances importantes au cours du mois d’octobre prochain précisant dans ce cadre que nul ne peut dicter ses choix au peuple de la RASD qui est décidé à faire valoir, vaille que vaille, son droit de disposer de son sort.
Il a affirmé, à ce titre que, le Sahara occidental se prépare pour un rendez-vous important qui renforce le poids de la cause du peuple sahraoui en tant que question de décolonisation après plusieurs étapes diplomatiques et faits sur le terrain ayant consolidé son fondement juridique; alors que le Conseil de sécurité des Nations unies ouvrira fin octobre prochain le dossier d’évaluation du travail de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental “MINURSO”, précédé par les travaux de l’Assemblée générale des Nations unies et les travaux de la Quatrième Commission (commission de décolonisation) où le dossier sahraoui aura un poids considérable parmi les 17 territoires non autonomes, au vu de l’intérêt international dont il bénéficie. Ce sont des échéances importantes qui permettront au peuple sahraoui et les pays amis de sa cause de plaider pour le respect de la légalité internationale. Intervenant vendredi soir, dans l’émission « Noqtat Irtikaz », M. Mohamed Yeslem Beïssat, a détaillé l’importance des échéances à venir concernant la question du Sahara occidental, à l’instar de la date de la séance à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU le 31 octobre prochain pour évaluer le travail de la mission “MINURSO”, qui intervient après une série de faits sur le terrain démentant la thèse marocaine, des couloirs de l’Union Africaine à Luanda jusqu’à l’accréditation des ambassadeurs à Accra, en passant par la décision de la justice européenne à Luxembourg et le mouvement parlementaire et des droits de l’Homme à Genève et Bogota.
Il convient de rappeler que lors de sa réunion du 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté la résolution 2797 qui prolongeait d’une année le mandat de la MINURSO.
Seule la reconnaissance du droit du peuple sahraoui mettra fin au conflit avec le Maroc
Beïssat, qui avait souligné que la cause du peuple sahraoui ne prendra fin que si les Sahraouis votent et décident de leur avenir en toute liberté, a affirmé que l’échéance du 31 octobre sera précédée par les travaux de l’Assemblée générale des Nations unies qui commence ses sessions ordinaires le 22 du mois, marquées par un débat général et des interventions des chefs de délégations; où les pays amis rappellent comme à l’accoutumée la cause du peuple sahraoui et sa lutte, avant que l’Assemblée ne se divise en commissions, et que ne commencent principalement les travaux de la Quatrième Commission (commission de décolonisation) où se succèdent les interventions des ambassadeurs, des organisations et des instances intéressées pour transmettre leurs avis et positions et exprimer la réalité du peuple sahraoui. Il a souligné dans ce contexte le large intérêt international des pays et des organisations non gouvernementales pour le dossier du Sahara occidental parmi 17 territoires non autonomes. Il a indiqué dans ce cadre, que la République sahraouie et le Front Polisario participent aux travaux de l’Assemblée générale depuis 1975, restant présents lors des travaux, rencontrant les pays et les délégations participantes et contribuant aux recommandations et à la recherche de soutiens, affirmant que leur message à la communauté internationale est un message de force et de constance sur leurs principes, et en même temps un message d’ouverture et de disposition à interagir avec les efforts des Nations unies pour parvenir à une solution juste et acceptable permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination. Dans ce contexte, l’invité de la chaîne internationale a insisté sur le droit juridique immuable consacré par la Charte des Nations unies et les résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, exprimant son accueil favorable à tous les efforts conformes à la légalité internationale. Ses propos renseignent sur la disponibilité de la RASD et son peuple à participer aux efforts de la communauté à mettre en place un cadre juste et concerté de règlement de la question sahraouie au contraire du Maroc qui fuit ses engagements et qui multiplie les entraves pour faire perdurer la situation de statuquo.
Un seul cadre de règlement du conflit : le droit à l’autodétermination
Mohamed Yeslem Beïssat, a affirmé le fort attachement au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, déclarant : “nous sommes ouverts à toutes les propositions et solutions à condition qu’elles soient soumises au peuple sahraoui pour choisir son destin en toute liberté et démocratie”. Il a précisé que le sujet est devenu celui du libre choix, ajoutant: “les Marocains et leurs amis parlent d’autonomie; nous disons que si le peuple sahraoui choisit l’autonomie, nous l’accepterons, mais ce que nous ne pouvons pas accepter, c’est l’imposition de l’autonomie ou de toute autre option par la force, même pour l’indépendance pour laquelle nous luttons en tant que Front Polisario, nous ne l’imposerons pas au peuple sahraoui, mais nous lui permettrons d’organiser un référendum pour choisir son destin librement et démocratiquement. Tout comme nous n’acceptons pas d’imposer, nous n’accepterons pas quoi que ce soit imposé à notre peuple, et nous nous opposerons avec force à quiconque tente de le faire car la question est une question de dignité et de liberté d’un peuple”. C’est une réaffirmation sans ambages du droit du peuple de choisir librement son sort et son refus de se soumettre aux propositions qui foulent aux pieds la légalité internationale et qui lui dénie son droit inaliénable à l’autodétermination.
Le peuple sahraoui est une réalité que ne peut effacer la ruse du Maroc
Évoquant les mouvements marocains pour s’appuyer sur des parties étrangères, avec en tête l’entité sioniste, le ministre des Affaires étrangères de la RASD a déclaré que le Maroc croit – très malheureusement – que “s’appuyer sur des parties étrangères ou sur Israël peut servir son intérêt. Ces parties cherchent leurs propres intérêts et à semer la discorde et les guerres dans le monde islamique; Israël ou les États-Unis ne serviront pas le Maroc et n’enverront pas de « marines » combattre au nom du Maroc, mais lui vendent des armes à des prix exorbitants”. Il a ajouté que la solution aux problèmes de la région ne viendra ni d’Israël, ni de Washington, ni de Tokyo, mais sera l’œuvre des enfants de la région avec franchise et une confrontation réelle de la réalité du terrain, notant que le Maroc a passé 50 ans à investir dans les puissances étrangères; tantôt la France, tantôt l’Espagne, Israël et des parties du Golfe, dépensant de l’argent tout en étant condamné sur toutes les tribunes du monde, ajoutant que le Maroc doit en tirer les leçons, à savoir que les Sahraouis sont une réalité existante; ils siègent avec le Maroc à l’Union Africaine, négocient avec lui dans les capitales du monde, et l’affrontent dans les rues des villes, et le Maroc ne peut nier le peuple sahraoui qui lui a fait face pendant cinquante ans, affirmant que la solution ne sera qu’avec les Sahraouis, avec leur consentement et à travers un choix explicite et juste. M Beissat a souligné que le Conseil des droits de l’Homme constitue une voix puissante pour la défense des droits de l’Homme malgré les tentatives marocaines de le contourner, et que le Maroc se retrouve au banc des accusés dans toutes les instances internationales : à Genève, au Parlement africain et à l’Assemblée générale, et qu’il ne sortira du banc des accusés que s’il se soumet à la légalité internationale et respecte la volonté de ses voisins sahraouis.
Maroc-entité sioniste, une alliance d’occupants et de prédateurs
Abordant l’alliance entre Rabat et Tel Aviv, il a qualifié ce rapprochement d’alliance d’occupants et de complices de génocides ethniques, d’alliance de voleurs qui veulent dérober les richesses des peuples et occuper leurs pays, et d’alliance d’épurations ethniques condamnées par les personnes honorables du monde, exprimant sa condamnation de cette alliance. Il a déclaré, à ce propos, que la réunion tripartite, tenue à New York, n’est pas une véritable alliance ou une position politique, mais une manœuvre malveillante ciblant la lutte du peuple sahraoui, vouée à l’échec, « tout comme ils avaient échoué au cours des décennies précédentes par l’intervention militaire directe, ils échoueront aujourd’hui avec leurs manœuvres méprisables..Le Maroc vend le sang des Palestiniens pour acheter le soutien des sionistes, et vend sa terre et sa Religion pour occuper le territoire des autres ». Il a, par la suite, rappelé que le Maroc verse dans le parjure et ses manœuvres sont en réalité une façon de nier sa reconnaissance du peuple sahraoui et ses représentants légitimes. Dans ce cadre, M. Mohamed Yeslem Beïssat, a précisé que depuis 2018, le Maroc a ratifié l’Acte constitutif de l’Union africaine par son parlement et ses deux chambres avec l’accord de tous ses partis sans aucune réserve, et cela a été publié au Journal officiel. Le Maroc a ainsi officiellement accepté les frontières héritées au lendemain de l’indépendance et l’existence de la République sahraouie en tant que membre fondateur de l’Union, et a accepté de siéger à ses côtés au niveau du roi du Maroc et de ses chefs de gouvernement, et ses ministres siègent avec les responsables sahraouis dans tous les comités et sommets techniques et politiques. Il a estimé que cela démontre la contradiction du discours de propagande marocain qui tente de faire croire à son peuple que le dossier est clos et que le Sahara n’existe pas. « Le régime marocain a négocié avec les Sahraouis et siégera avec eux, et la politique se construit sur la géographie. Le Maroc ne peut pas construire d’alliances ou de développement et de stabilité en dehors de sa région et sans ses voisins », a-t-il indiqué.
Le Maroc ne peut occulter la réalité de la cause sahraouie
Au sujet de la présentation des lettres de créance de l’ambassadeur sahraoui au Ghana, le ministre a précisé que les tentatives du Maroc de contourner cette réalité sont dérisoires et désespérées. Le ministre des Affaires étrangères de la RASD a évoqué les accords de pure forme signés par le Maroc, affirmant que « Rabat est le seul État qui construit par l’intelligence artificielle des routes reliant Bamako à Dakhla et Rabat à Dakhla alors qu’elles n’existent pas dans la réalité. Il donne des promesses imaginaires d’exportation de gaz et d’électricité et de construction de routes et de projets transcontinentaux, alors qu’il souffre intérieurement, ce que révèlent les images terribles de Ceuta, d’une fuite marocaine collective de toutes les catégories. Il convient que le régime marocain assure d’abord la dignité et les droits à son peuple ». Il a considéré à ce titre, que la ratification, par le Parlement espagnol, du projet de loi accordant la nationalité aux Sahraouis nés pendant la période de l’administration espagnole est un message fort confirmant que les droits des peuples ne s’éteignent pas par prescription, ajoutant que l’Espagne ne peut pas, par une décision unilatérale, se soustraire à sa responsabilité historique et juridique envers le Sahara occidental. M.Beïssat a souligné que permettre au peuple sahraoui d’exercer son autodétermination impose l’annulation de « l’accord de Madrid » illégal, qui n’a été ni approuvé par le Parlement espagnol ni publié au Journal officiel, affirmant que cet accord était le début de l’erreur fondamentale de l’Espagne, poursuivie par la vérité et les obligations juridiques, et qu’elle ne se débarrassera de ce fardeau qu’en soutenant l’accès du peuple sahraoui au libre choix de son avenir.
Synthèse Slimane B.
















































