Le ministère de la Santé a révélé que l’Algérie enregistre annuellement entre 55 000 et 56 000 nouveaux cas de cancer, soit un taux variant entre 103 et 150 cas pour 100 000 habitants. Les projections officielles tablent sur une hausse pouvant atteindre 70 000 nouveaux cas par an à l’horizon 2030, alors que les pouvoirs publics poursuivent la mise en œuvre d’une stratégie nationale de lutte contre le cancer s’étendant jusqu’en 2035. Intervenant dans l’émission radiophonique
« Dhif Essabah » sur la Chaîne I, la sous-directrice des services hospitaliers au ministère de la Santé, Dr Lamia Yacef, a indiqué que « l’État a lancé plusieurs projets destinés à renforcer la prise en charge des malades atteints de cancer, notamment à travers la réalisation de six nouveaux centres spécialisés dans les wilayas de Laghouat, Djelfa, Médéa, Béjaïa, Oran et Tiaret ».
Vers un développement des infrastructures de radiothérapie
La responsable a précisé que « l’Algérie dispose actuellement de 39 accélérateurs linéaires dans le secteur public et de 14 autres dans le secteur privé », tout en soulignant que « les autorités œuvrent à porter ce nombre à deux accélérateurs par million d’habitants ». Elle a également affirmé que « la commission sectorielle de coordination chargée de la prise en charge du cancer travaille à l’unification des protocoles thérapeutiques et à l’amélioration des soins, parallèlement au développement des services de radiothérapie et de chimiothérapie gratuits, au renforcement de la formation et de la recherche scientifique, ainsi qu’à la généralisation de la numérisation à travers la plateforme du Fonds du cancer et le dossier médical électronique du patient ».
Prévention, dépistage et modernisation des traitements
Concernant l’augmentation du nombre de cas, Dr Yacef l’a attribuée à plusieurs facteurs, notamment « le tabagisme, la mauvaise alimentation et l’évolution des habitudes alimentaires, auxquels s’ajoutent le vieillissement de la population, les facteurs héréditaires ainsi que l’insuffisance du dépistage précoce dans certains cas ». cette dernière a par ailleurs rappelé que « l’Algérie a mis en place des programmes nationaux gratuits de dépistage précoce des cancers du sein, du col de l’utérus, du côlon et du rectum, comprenant des examens cliniques, de l’imagerie médicale, des analyses avancées, ainsi qu’un suivi numérique structuré ». Dans le cadre du développement des techniques thérapeutiques, la même responsable a annoncé « l’introduction de systèmes modernes de radiothérapie permettant de réduire la durée des séances à quelques minutes seulement, outre l’adoption de la radiothérapie moléculaire utilisant les isotopes du lutétium-177 et des techniques de radiofréquence pour un traitement plus précis des tumeurs ». Ces mesures s’inscrivent, selon elle, dans le cadre de la mise en œuvre des orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant « l’adoption d’une approche nationale globale fondée sur la prévention, le dépistage précoce et l’efficacité thérapeutique, ainsi que la création d’un hôpital spécialisé dans le traitement du cancer dans chaque wilaya afin d’alléger la pression sur les grands centres hospitaliers et d’améliorer la prise en charge des patients », a-t-elle conclu.
L. Z.













































