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Un revers pour l’opposition parlementaire : Un nouveau groupe prêt à voir le jour à l’Assemblée

Un onzième groupe parlementaire va très probablement voir le jour sur les bancs de l’Assemblée populaire nationale (APN) dans les jours qui viennent. Ses inspirateurs estiment que les préparatifs sont fin prêts. «Une fois le quitus de l’Assemblée obtenu, ce nouveau groupe parlementaire sera la troisième force politique à l’APN. Ce qui lui donnerait une réelle opportunité politique à faire entendre sa voix et avoir un rôle très efficace au Parlement», a estimé, dans des déclarations aux médias hier, le futur président de ce groupe parlementaire, le député de Guelma, Nazih Berramdane. Ce dernier a précisé : « Le président de l’Assemblée a salué notre démarche et nous a assuré même d’appui logistique pour le groupe comme d’avoir un bureau à l’hémicycle pour pouvoir y travailler effectivement ». Il est vrai qu’à l’APN, seuls les présidents des groupes parlementaires ainsi que les présidents des commissions permanentes ont le droit d’y avoir un bureau spécial à l’Assemblée. Ce futur groupe parlementaire, qui porterait le nom de « Alliance pour l’Algérie de demain », comporterait 37 députés, selon Berramdane, c’est-à-dire dépassant de loin le seuil de 10 députés à partir duquel un groupe est juridiquement reconnu à l’APN. Cela implique aussi les droits inhérents à cette reconnaissance comme les questions, les propositions de loi jusqu’à siéger dans les commissions permanentes de l’Assemblée et aussi participer dans les missions extérieures et la diplomatie parlementaire. Berramdane a fait savoir que les futurs membres de ce groupe sont essentiellement des députés non affiliés à aucune formation politique, ou des députés démissionnaires ou en rupture avec le groupe parlementaire de leur parti à l’APN. Parmi eux, ce même Nazih Berramdane, élu député du Mouvement populaire algérien (MPA) de Amara Benyounès, avant de claquer la porte suite à la saignée de militants qu’à connue ce parti en août 2017, suite aux dernières élections législatives. Avec les crises successives que traversent nombre de partis politiques siégeant à l’Assemblée, Nazih Berramdane s’attend à ce que beaucoup de députés se déclarent intéressés à rejoindre le nouveau groupe une fois les dernières formalités achevées. Il estime d’ailleurs qu’une cinquantaine de députés, sans affiliation partisane actuellement, pouvaient et pourraient rejoindre ce futur groupe parlementaire. Cependant, fort de 37 députés, le nouveau groupe « Alliance pour l’Algérie de demain » se positionnerait ainsi au devant de nombre de groupes de partis politiques et s’imposerait ainsi devant le MSP, première force politique à l’hémicycle. Si ce groupe rejoindrait la majorité gouvernementale, comme l’a déjà fait le groupe des Indépendants, la défaite est amère pour l’opposition, d’autant qu’en plus de sa minorité numérique à l’hémicycle, les défections pourraient vite gagner ses rangs comme viennent de le faire les députés du parti El-Adala ( ses députés sont sous les couleurs de l’Alliance de trois partis islamistes Nahda-Adala-Bina, mais qui agissent individuellement et indépendamment de leur groupe comme lors des débats du PLF 2019). Ce qui rajoute au climat déjà délètère au sein de l’APN après la crise de Bouhadja et les rumeurs sur une éventuelle dissolution du Parlement par le président de la République. Interrogé, lors de la désignation de l’instance dirigeante provisoire du FLN dont il est le « coordinateur général » depuis une vingtaine de jours, Mouad Bouchareb, Président de l’Assemblée, s’est contenté de dire : « la dissolution du Parlement est de l’unique ressort de Bouteflika ».
Hamid Mecheri