Ouyahia

Signature à Pékin d’un mémorandum d’entente d’adhésion à la ceinture et la route entre l’Algérie et la Chine : Alger fait fi des appréhensions de la France

Lors de son allocution, prononcée à l’occasion de la tenue des travaux du troisième Sommet du Forum de Coopération Chine-Afrique, où il prend part en sa qualité de représentant du président de la République Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia, le Premier ministre n’a pas lésiné sur l’usage des mots pour mettre à l’image l’excellente et durable relation qui relie la chine à l’Algérie.

Depuis Pékin, où a lieu cette manifestation d’importance stratégique, le chef de l’exécutif algérien a déclaré que l’Algérie et la Chine «sont liées par des relations nouées pendant la lutte de libération nationale» en se félicitant, dans le même discours, des avancées considérables enregistrées par ces relations d’amitié et de solidarité lesquelles ont permis au cours de ces dernières années à la concrétisation d’un Accord de Partenariat stratégique global et un Plan quinquennal de coopération. Dressant un tableau exhaustif des échanges commerciaux entre l’Algérie et la Chine dont la valeur nominale dépasse le cap des 9 milliards de dollars par an, Ouyahia s’est déclaré optimiste devant cette dynamique commerciale multisectorielle évoquant, au passage, la participation des entreprises chinoises à la réalisation des vastes programmes algériens de développement, avec un montant supérieur à 10 milliards de dollars chaque année.
Soulignant que l’Algérie et la chine célèbreront, cette année le soixantième anniversaire de leurs relations diplomatiques, le Premier ministre algérien a affirmé que l’adhésion de l’Algérie au projet de la ceinture de la route de soie drainera, à ne pas s’en douter, «une densité plus forte à la coopération et au partenariat stratégique global algéro-chinois, comme le laissent entrevoir déjà les projets communs majeurs du Port centre et du complexe de phosphates intégré». Ainsi de par son engagement via le mémorandum d’entente sur l’adhésion de l’Algérie à l’initiative chinoise de la «Ceinture et la Route», cosigné par les deux parties en marge de ce forum, l’Algérie s’offre l’opportunité de renforcer la coopération Algéro-chinoise faisant fi des appréhensions de la France qui rappelle encore une fois sa préoccupation face au rapprochement sino-algérien sur les plans commercial, économique et même spatial.
Et pour cause, le pays de l’hexagone, appréhende de perdre son emprise sur des routes de la soie allant du Pakistan jusqu’au Maroc et en passant par l’Algérie, où il tente de déployer des actions en partenariat avec les pays de l’Union européenne à l’effet de juguler l’extension chinoise. Pour la France, inquiète du fait que la chine ait signé ses premiers contrats en 2010 avec l’Algérie, le Pakistan et le Venezuela, dans le cadre de sa politique spatiale et dont Pekin supporte une partie du coût financier de ces opérations, le géant chinois viserait à étendre sa zone d’influence. Dans un rapport peaufiné au sein de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat français, les officiels francais s’étaient déclarés inquiets de l’extension de la coopération sino-algérienne dans le domaine spatial. En effet, le rapport avait souligné, en gras, la coopération entre les deux pays dans le secteur des infrastructures et des travaux publics, rappelant le port d’El-Hamdania et la construction de l’autoroute Est-Ouest. À ce propos, le rapport n’avait pas omis de mettre en exergue la volonté de l’Empire du milieu de s’étendre également au Maroc, où il a lancé plusieurs projets pour la réalisation des infrastructures qui se manifestent à travers la nouvelle ville financière de Casablanca et les zones commerciales et industrielles de Tanger, a indiqué la même source.
Pour rappel, plus de 90 pays de différents continents ont adhéré à l’initiative chinoise au grand dam de la France.
Zacharie Loutari