Manque accru de bandelettes et d’appareils d’auto-surveillance glycémiques dans les pharmacies : Les diabétiques tirent la sonnette d’alarme

Les problèmes de lutte contre le diabète augmentent actuellement en Algérie avec le manque accru de bandelettes glycémiques et des lecteurs de glycémie.

Un manque a été signalé, par un grand nombre de diabétiques, rencontrés, hier dans plusieurs pharmacies à Alger, ces derniers s’inquiètent et précisent au « Courrier D’Algérie » que le nombre distribué de ces bandelettes glycémiques est limité au niveau des pharmacies : « je suis allée à la pharmacie ce lundi, je n’ai pas trouvé des bandelettes pour surveiller ma glycémie », nous fera savoir une dame rencontrée à Alger. Une autre patiente, rencontrée au même endroit précise : « Moi, aussi, j’ai été hier à la pharmacie près de chez moi ….Malheureusement, le pharmacien ne vendait plus de bandelettes, son stock était épuisé.» Le même constat a été partagé par, Omar, un jeune diabétique résidant à Alger. Le jeune s’exclame, encore : «Pourquoi ce manque de bandelettes et pourquoi plusieurs médicaments sont introuvables en même temps dans les pharmacies.» De son côté, un vieil homme réclame : «Je suis diabétique et j’ai commencé l’insulinothérapie depuis plus de 15 ans et je suis entrain de chercher un appareil de mesure de la glycémie fiable, j’ai demandé à mon pharmacien qui est diabétique aussi, de me procurer ce lecteur de glycémie car je dois contrôler, régulièrement ma glycémie.» De son côté, Adel témoigne toutefois que : «Mon diabétologue me fait une ordonnance pour un Kit lecteur de glycémie, j’ai été voir un pharmacien … Et c’est vraiment, dommage, y a plus de lecteur !». Par ailleurs, certains patients interrogés sur place ont exprimé leur mécontentement à l’égard de la limitation des bandelettes d’auto-surveillance glycémique à une seule boite par trimestre au lieu de trois boîtes par trimestre .

Médicaments et insuline sont plus chers…
Il faut rappeler aussi que dans ces conditions là, il est difficile aujourd’hui pour une famille à faible revenu d’entretenir un diabétique du type 2 : «Les médicaments sont trop chers, l’insuline coûte entre 4000 DA et 6000 DA, c’est inadmissible !», nous dira un patient souffrant d’un diabète de type 2, rencontré à l’hôpital Mustapha Pacha à Alger. D’ailleurs ’interroge t-il : «Nous devons continuer à lutter…et bien sûr, nous ne devons pas perdre espoir».
En effet, l’inaccessibilité au traitement du diabétique constitue aussi un casse-tête pour les malades : «Comme vous voyez, nos hôpitaux, manquent aussi de médicaments pour les diabétiques», nous lance, Islam, un jeune diabétique souffrant de cette maladie depuis 3 ans. De son avis, il faut que les autorités concernées s’occupent sérieusement de notre situation, on est vraiment dans le besoin de ces médicaments.»
De même, un nombre important de malades considèrent que les comprimés génériques destinés à traiter un diabétique ne sont pas efficaces et représentent un risque pour leur santé.
Mehdi Isikioune

Le président de l’association des diabétiques de la wilaya d’Alger, Fayçal Ouhadda au « Courrier D’Algérie »
«Les comprimés génériques destinés à traiter un diabétique sont  efficaces à 100 %»
Le président de l’association des diabétiques de la wilaya d’Alger, Fayçal Ouhadda a précisé hier que les comprimés génériques destinés à traiter un diabétique sont  efficaces à 100 % et ne représentent aucun risque pour le malade. Il a tout de même évoqué, au cours de notre entretien , la pénurie de bandelettes et d’appareils d’auto-surveillance glycémiques sur le marché, faisant savoir d’autre part que  l’indisponibilité de ces bandelettes sur le marché est due à l’insuffisance des stocks au niveau des pharmacies.

Le Courrier D’Algérie : En effet, plusieurs personnes diabétiques signalent «un manque accru»  de bandelettes et l’indisponibilité  de lecteurs de glycémie dans les pharmacies, selon vous quelles sont les causes de ce manque ?
Fayçal Ouhadda : Vous savez et à titre d’information que le  marché de l’auto-surveillance glycémique en 2018 est estimé à 12 millions de boîtes dont : 75 % des bandelettes qu’utilisent les patients diabétiques sont celles de marques des multinationales, soit neuf  millions de boîtes et que 25% des bandelettes utilisées sont celles des nouveaux entrants. Le constat d’aujourd’hui est qu’il n’y a plus de stock au niveau des importateurs et des grossistes, avec un stock d’environ 15 à 20 jours seulement au niveau des pharmacies, qui n’est pas suffisant et qui causera une réelle perturbation sur la disponibilité sur le territoire national.

Certains patients interrogés considèrent, également que les comprimés  génériques destinés à traiter un diabétique ne sont pas efficaces et représentent un risque pour leur santé, que pensez-vous ?
Bien au contraire, ces comprimés «destinés à traiter un diabétique» sont efficaces à 100 %, ils ont en effet  la même molécule que celle des médicaments initiaux. De même, il ne présentent  aucun risque pour leur santé.

Pour conclure, quel est le nombre de diabétiques en Algérie ?
Le tauxde  diabétiques en Algérie a atteint 12% de la population. De même , l’Algérie enregistre plus de  17 000 nouveaux cas chaque année.
Propos recueillis par :  Mehdi Isikioune