Si le mouton pouvait parler et dire que…

Qu’est-ce que dirait un mouton à la veille de l’Aïd s’il lui était donné de parler et de tout déballer ? Certainement des choses pas bonnes à entendre. D’où toute l’importance de deviner ce qu’il aurait à dire.
Il dirait par exemple que beaucoup de gens achètent le mouton pour narguer le voisin, faire de la surenchère ou plaisir aux gosses ; et pour cela les moutons ne nous auraient rien appris de ce que nous savions déjà. Sauf peut-être s’il précisait que l’Aïd est un rituel sacré, donc un acte de foi, où il est strictement interdit de mêler le mauvais sentiment ; mais pour cela aussi, les gens n’y font plus attention depuis longtemps. Il aurait pu dire aussi que beaucoup se sont endettés pour le mouton, faisant fi d’une prescription légale consacrée en jurisprudence musulmane, à savoir que l’acte de foi est incompatible avec dette, endettement et prêts.
Il aurait peut-être aussi dit que, d’après ce qui tourne dans les milieux avisés des cheptels ovins, que beaucoup font de l’Aïd une bamboula pure et simple ; alors que les trois-quarts devaient aller aux pauvres, aux veuves, aux démunis de la communauté, tout va directement atténuer les ardeurs d’un tube digestif opérationnel à longueurs d’années…
Et plus encore, il aurait dénoncé les égorgeurs qui font l’acte de foi avec aigreur, vengeance ou violence ; car, au final, l’acte d’égorger compte…
Malheureusement, nous n’en saurions rien. Dommage…
I. M. Amine