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PROJET DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Le FFS n’est pas preneur

Le FFS a réitéré, hier, son attachement à une Assemblée Constituante, comme «seule» porte de sortie de la crise que vit le pays depuis des années maintenant. Dans une déclaration à l’occasion du Nouvel an Amazigh (Yennayer), le Premier Secrétaire du parti, Dr Hakim Belahcel, a passé en revue le combat du plus vieux parti de l’opposition depuis l’indépendance du pays jusqu’à nos jours pour une nouvelle République sur la base d’une transition démocratique. « Le Front des forces socialistes, fidèle aux idéaux de la Révolution, n’a cessé depuis sa création de revendiquer le libre exercice du peuple algérien de son droit à l’autodétermination pour choisir ses institutions à travers une Assemblée nationale constituante », lit-on dans la déclaration du FFS. Tout en appelant le Mouvement populaire à poursuivre sa lutte pacifique, entamée depuis le 22 février dernier, le FFS, ajoute le texte, se « réjouit de voir que ce combat n’a pas été vain et se poursuit avec tout le peuple rassemblé dans la Révolution du 22 février, pour conquérir une nouvelle indépendance avec l’objectif de se libérer d’un régime dictatorial après s’être libéré du joug colonial ».
Concernant les revendications « légitimes » du soulèvement populaire, le parti, membre du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD), estime que les doléances du peuple algérien exprimées par le Hirak, ne peuvent se concrétiser en dehors d’une « Assemblée nationale constituante » dont la mission, explique le document, est « l’élaboration d’une nouvelle Constitution consensuelle adoptée par un référendum populaire », prélude à l’avènement de la deuxième République, qui est «la seule perspective» de sortie de crise sur tous les plans, cadre d’une transition démocratique pour instaurer un État de droit civil, démocratique et social. S’agissant du projet d’amendement de la Constitution, initié par le président Abdelmadjid Tebboune, le parti de la figure emblématique de la Révolution algérienne, le défunt Hocine Aït Ahmed, n’est pas allé de main morte pour fustiger le régime sur ses intentions « inavouées » visant, selon la même source, à «pérenniser son emprise sur la société » à travers « une façade faussement démocratique», marquée par « une farce électorale pour doter l’État d’une gouvernance civile d’apparence légale, sans pouvoir réel, avec un président illégitime, un gouvernement du même système et les mêmes pratiques autoritaires pour imposer une feuille de route visant à maintenir le statu quo avec des apparences de changement sans que rien ne change véritablement dans la nature du pouvoir, foncièrement antidémocratique et antisocial ». Le parti ne semble pas manquer d’arguments pour appuyer son analyse sur la démarche du pouvoir, en estimant que le processus engagé (par le pouvoir) pour apporter des amendements à la Constitution, est «dénué» de toute vision démocratique. Plus explicité, le FFS juge que le Comité d’Experts chargé d’apporter des amendements à la première loi du pays est « sous la dictée du pouvoir » de même que pour son « adoption par une Assemblée illégitime et impopulaire et sa consécration par un référendum sous le contrôle de ce même régime».
Autre argument avancé par le parti, qui, selon lui, met à nu le manque d’une réelle volonté de la part du pouvoir d’aller vers un vrai changement démocratique, est «la poursuite de la répression, les arrestations arbitraires, le refus de toute libération inconditionnelle des détenus politiques et d’opinion et le non abandon des poursuites judiciaires». Le FFS est la troisième force politique de l’opposition à avoir rappelé, cette semaine, l’exigence d’une transition démocratique, après donc le RCD et le Parti des Travailleurs, tous membres du PAD, dont les assises nationales de la démocratie sont programmées pour ce 25 janvier.
B. O.