Pétrole : l’Opep prévoit une accélération de la demande en 2016

Bonne nouvelle pour les pays exportateurs de pétrole, comme l’Algérie. Dans son dernier rapport mensuel, publié hier, l’Opep a révisé à la hausse sa prévision de demande mondiale de brut cette année, et table sur une nouvelle accélération en 2016.
L’Opep table sur une hausse de la demande de 1,28 million de barils par jour (mbj) cette année, et de 1,34 mbj en 2016, ce qui marquerait un début de rééquilibrage l’an prochain sur un marché pétrolier en surproduction structurelle, dans un contexte de prix modérés.
Cette nouvelle pourrait réjouir l’Algérie qui subit ces derniers temps les effets de la baisse du prix du pétrole. Le rapport de l’Opep vient deux jours après celui de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié vendredi, indiquant que ces espoirs sont infondés.
Selon l’AIE, le mouvement à la baisse des prix du pétrole, qui a déjà entraîné une baisse sensible des recettes et creusé le déficit budgétaire en Algérie, est loin d’être terminé. Entre une offre « surabondante » et une croissance de la demande mondiale de 1,2 million de Bpj en 2016 contre 1,4 en 2015, le prix du pétrole va encore reculer, prédit l’AIE. « Après un bond de 2,4 mbj en 2014, la croissance de la production de pétrole non-Opep devrait ralentir à 1 mbj en 2015 avant de se gripper en 2016, sous l’effet de la baisse des prix du pétrole et des réductions de coûts », souligne-t-elle, dans son rapport mensuel sur le pétrole. Avec un prix du pétrole encore plus bas qu’actuellement, le déficit budgétaire de l’Algérie risque de s’aggraver, le gouvernement ayant décidé globalement de maintenir sa politique économique et sociale. Selon les chiffres de la Direction des prévisions et des politiques rattachée au ministère des Finances, la fiscalité pétrolière a baissé de plus de 36% entre avril 2014 et avril 2015. Elle s’est établie à 800 milliards de dinars contre 1241 milliards DA une année plus tôt. Durant la même période, le déficit budgétaire a augmenté de 55% passant de près de 467 milliards DA en avril 2014 à plus de 722 milliards. Durant cette même période, le Fonds de régulation des recettes (FRR) n’a pas reçu d’excédent et n’a donc pas été alimenté. Certains prédisent qu’il pourrait être épuisé au milieu de l’année 2017.
Cette situation inquiète de plus en plus le gouvernement qui s’attelle à prendre plusieurs mesures pour compenser ces pertes financières. Des mesures qui touchent différents secteurs, y compris les finances, le commerce et l’industrie.
L’AIE indique également que la croissance de la production des pays de l’Opep qui a atteint son plus haut niveau en trois ans avec 31,7 millions bpj va reculer l’an prochain, prévoit l’agence, en raison de la baisse des prix du baril. Pour rappel, les prix du baril ont chuté de 45% en 2015 par rapport à 2014.
Au premier semestre 2015, les prix du baril fluctuent autour d’un pivot de 60 dollars le baril. Selon les prévisions de certains analystes, ils atteindront peut-être 70 ou 80 dollars au second semestre, avec le fléchissement de la production américaine, même si l’on ne peut pas exclure une correction brutale en cas de déstockage.
Ines B.

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