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Le mythe de la neutralité de Paris

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Le vernis a déjà sauté le 30 juillet 2024, date à laquelle le président français, Emmanuel Macron, a déclaré, de façon ostentatoire et à la limite de la provocation, la reconnaissance officielle de la France à la supposée marocanité du Sahara occidental. Après avoir prôné des années durant une neutralité maquillée et qui fait des vagues au gré des positionnements diplomatiques et des enjeux géopolitiques du moment, Paris a fini par faire pencher la balance du côté de la puissance coloniale au mépris du droit international qui confère au peuple sahraoui son droit à disposer de lui-même dans le cadre d’un référendum d’autodétermination. Le mythe entretenu selon lequel la France adopte une position équilibrée entre le royaume du Maroc et le Front Polisario est tombé. Et s’il faut une preuve de plus aux accointances de Paris avec Rabat sur le dossier sahraoui, le désormais ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier – qui mieux qu’un diplomate en poste – apporte la preuve. Ce n’est pas un fait nouveau, mais les déclarations du diplomate français à ce sujet méritent d’être rappelées pour éviter des amalgames qui serviraient à l’instrumentalisation politique de la part des dirigeants actuels et ceux à venir en perspective des élections présidentielles de 2027 en France. Les propos de l’ambassadeur français ainsi mis au goût du jour ont ravivé la polémique sur les réseaux sociaux. Il a révélé dans la presse la complicité de la France avec la force d’occupation marocaine dans le dossier du Sahara occidental, et son soutien au plan d’autonomie. Lecourtier a déclaré que durant les années 70, à une époque où les armes étaient en abondance, Paris se tenait aux côtés de Rabat dans le conflit avec le Sahara occidental. Il a rappelé, pour preuve de ses propos, l’intervention de l’aviation française qui a bombardé des colonnes du Front Polisario. Lecourtier a ajouté, n’en déplaise à ceux qui entretiennent la confusion jusqu’à aujourd’hui, qu’aux Nations Unies, durant ces années, lorsque le Maroc était isolé et que la communauté internationale était encore dans des idées postcoloniales, Paris a utilisé son statut de membre permanent du Conseil de sécurité pour se tenir aux côtés du Maroc. Une position d’alignement sur la marocanité qu’elle a maquillée dans une forme de neutralité jusqu’en 2007 notamment. La France, cette année, a été même le parrain du plan d’autonomie. D’ailleurs, selon le diplomate français, quelque temps après la révélation de ce plan, la France a été le premier pays à avoir défendu une telle supposée solution qui remet en cause le droit international.
Farid Guellil

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