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Macron face à une saison hivernale brûlante par la mobilisation des gilets jaunes : Dispositif de sécurité impressionnant et des blindés déployés, hier, à Paris

«Plus de contrôle pour qu’on puisse éviter le désordre ». Telle a été l’expression du ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner lors de sa visite, peu avant 9 heures, hier matin, à une brigade des forces anti-émeutes, près des Champs Elysées, lors de laquelle il a été accompagné du préfet de police de Paris, Michel Delpuech et du secrétaire d’État Laurent Nunez.

En ces instants, les derniers chiffres communiqués par la préfecture de police indiquaient déjà, 278 interpellations avant le début de la mobilisation de  la journée des gilets jaunes, entamée, par les manifestants à 9h 15mn, en route vers les Champs Elysées, dès 9H15mn, en entonnant la marseillaise.
Les boulevards, les grandes artères et les rues de Paris se sont réveillés, hier sous un ciel gris, mais aussi par un dispositif sécuritaire impressionnant, avec la mobilisation de 8000 éléments des forces de l’ordre outre les 12 véhicules blindés de la gendarmerie sortis, pour la première fois, dans les rues de Paris, pour faire face aux manifestants du mouvement des gilets jaunes. Les médias du monde entier diffusaient, dès les premières heures, hier matin, le déroulement de la manifestation que des observateurs, notamment français ont indiqué que la mobilisation des forces de l’ordre a été sans précédent, depuis la révolte de Mai 1968, à Paris, et le nombre des éléments mobilisés, hier était en augmentation de près de 70%, de celui, de samedi dernier. Les sirènes de voitures de polices, les forts bruits incessants, tout au long de cette journée, des tirs de bombes lacrymogènes, des jets d’eau et des arrestations ininterrompues, enregistrant 700 interpellations, jusqu’à avant 16 heures hier, selon le ministère de l’Intérieur, qui a estimé à 8000 la mobilisation des manifestants des gilets jaunes, hier, dans tout Paris. Un habillement qui symbolise, depuis plus de quatre semaines, la contestation des citoyens à travers toute la France, contre la politique du président Macron, axée sur la multiplication de taxes et d’ impôts, de larges couches de la société française, de différents âges, divers secteurs dans l’ensemble des régions de la France, alors qu’«il campe sur le non-retour de l’ISF  (impôt sur les fortunes : NDLR)» comme l’a exprimé un des manifestants, hier, aux médias.
Pour ce mobilisé du mouvement des gilets jaunes, il a tenu à expliquer dans ses déclarations, les raisons qui l’ont amené à venir manifester, à Paris, indiquant que « je suis venu pour protester contre la situation dans laquelle se trouvent les Français, artisans ou encore retraités et autres, une situation de misère» . À moins d’une heure, de midi pile, la préfecture de Paris a procédé à l’interpellation de 481 personnes, dont 211 placées en garde à vue, a annoncé le premier ministre Edouard Philippe, non pas de Matignon, mais à partir du ministère de l’Intérieur, ou il s’est rendu peu de temps auparavant. La veille, Edouard Philippe, en prévision du rassemblement des gilets jaunes, hier, à Paris, a reçu en début de soirée une délégation du dit mouvement, mais sans réussir à amorcer une réelle percée, en direction de l’apaisement de la contestation des citoyens, qui au bout de plus de quatre semaines de leur mobilisation, entamée par la revendication de l’annulation des taxes sur le carburant et demandent depuis la semaine passée, notamment «la démission de Macron.» Alors que Paris était tout au long de la journée d’hier, blindée et respirait le gaz lacrymogène, sous un ciel gris, la Capitale était à l’arrêt et la France avec, notamment avec la même mobilisation des manifestants des gilets jaunes, dans les grandes villes et régions, à l’image de Marseille Les images montrant des manifestants habillés en gilets jaunes assis à même le sol et les mains sur la tête, scandant «tous ensemble, Macron démissionne» avant qu’ils ne soient vite dispersés par des tirs de bombes lacrymogène ont fait le tour du monde. La colère sociale qui perdure depuis quatre semaines et qui semble s’inscrire dans la durée, enflammant ainsi la saison hivernale en France, après la journée d’hier, le président Macron s’exprimera, «en début de semaine prochaine, (demain : ndlr)» avait annoncé vendredi le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, avant d’ajouter que le président Macron «ne souhaitait pas mettre de l’huile sur le feu» avant la manifestation des gilets jaunes, hier, à Paris. «Élus ! vous rendrez des comptes» grande banderole portée, par des manifestants, rassemblés, non loin de l’Arc de Triomphe, hier, scandant «on est où, on est où, nous sommes chez nous» répétaient-ils avant qu’ils soient rejoints par un autre groupe de manifestants scandant «banquiers rendez-nous la France» avant d’entonner l’hymne national français, la marseillaise, et commencer à courir dans tous les sens, suite aux tirs des forces anti-émeute, de bombes lacrymogènes, en leur direction.
Une manifestation des gilets jaunes dans la capitale française que bon nombre de chaînes étrangères diffusaient en direct , son déroulement sur différents boulevards , rues et quartiers parisiens, que le monde entier, suivait de très près. Les arrestations,  l’usage de la force des services de sécurité mobilisés, ils étaient huit mille à être mobilisés, hier, sur Paris, pour faire face, aux gilets jaunes, un mouvement de contestation sociale, qui semble déterminé à garder son souffle et sa mobilisation, pour exiger l’amélioration de leur vie quotidienne, alourdie par les taxes et les impôts outre le chômage et que bon nombre de français n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois.
Rappelons que la ministre française du Travail, Muriel Pénicaud, s’est tournée vers le patronat, en lui demandant de faire un geste sur les salaires, requête ayant reçu un rejet catégorique par l’organisation des patrons français (MEDEF), au moment où depuis plus de quatre semaines, les manifestants demandent le rétablissement de l’ISF, après avoir été annulé, par une première mesure, annoncée par le chef de l’État, dès son entrée à l’Elysée, avant d’enchaîner une série d’augmentations des taxes et des impôts, touchant le retraité jusqu’au cadre, outre les frais universitaires pour les étudiants, pour ne citer qu’eux. Des donnes parmi d’autres à l’origine de la colère sociale qui touche une grande partie de la société française, des villes comme des zones rurales, qui s’est lancée, dans le mouvement des gilets jaunes, dès l’annonce de la taxe sur le carburant, la goutte qui a fait déborder le vase.
Karima Bennour