Lorsque Martyr devient «Marthyre»

Promotion du tourisme national dit-on ? Pas en se souciant peu des détails, qui distinguent et font la spécificité d’un pays par rapport à un autre. Passons la culture touristique en perdition, voire absence dans le paysage. Comme tout le monde sait, l’Algérie accuse un énorme retard dans ce domaine.
De ce fait, fallait-il agir en conséquence pour rattraper le train. Mais, la réflexion doit primer sur l’action hâtive. Car, ce n’est pas du jour au lendemain que l’on fasse de l’Algérie une destination préférée des vacanciers étrangers, de plus en plus exigeants. Une Algérie avec sa propre identité touristique. C’est-à-dire, compter sur les sites touristiques qui représentent son image aux yeux du reste du monde. Prenons des exemples de quelques pays à fort flux touristique: Qui dit Tour Eiffel, pense à la France; qui dit Statue de la Liberté, pense aux États-Unis, qui dit Bordj Khalifa, pense à Dubaï, la Grande Muraille renvoie à la Chine etc.
En Algérie, puisqu’il en est question, qui ne connait pas le Monument du «Marthyre» d’Alger? Personne, dira-t-on, à l’ouïe, si ce n’est cette erreur lexicale de mauvais goût. Cette faute est commise et est portée sur le prospectus de la «Carte réseau de transport multimodal» d’Alger. Elle se trouve dans l’anglet «informations touristiques», où les monuments emblématiques de la Capitale y sont désignés.
Les usagers, parmi les Algériens, qui en ont pris un exemplaire dans la boîte à journaux du métro d’Alger, ont dû l’observer.
Et si par malheur ça tombe entre les mains d’un touriste étranger francophone? Pour un nom commun, il peut le prendre pour argent comptant.Toutefois, il aura de quoi éprouver le martyre à défaut de visiter ce qui est sensé représenter une symbolique, qu’est le mot «Martyr» en Algérie !
F. G.