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Les « normalisateurs » pris au piège

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L es quatre pays, dont le Maroc, ayant « normalisé » leurs relations avec l’État hébreu sont sous le choc. Ils se trouvent piégés dans un accord qui s’annonce porteur d’un problème inattendu. Lorsqu’ils l’ont signé en 2020, ils étaient sûrs d’avoir choisi le camp du plus fort. Le roi du Maroc, par exemple, croyant être très intelligent, avait misé sur une validation de son occupation du Sahara occidental. C’était le deal passé avec l’État hébreu qui devait, en contrepartie, reconnaître le Sahara occidental comme territoire marocain. Le roi avait surestimé le pouvoir d’Israël qui avait, à l’époque, le vent en poupe. Le brusque changement des équilibres au Moyen-Orient avec le « pacte de la Mecque » signé le 7 août dernier, a pris de court Benjamin Netanyahu et les signataires des « accords d’Abraham ». Alors que Tel-Aviv faisait une obsession d’empêcher à tout pris le projet nucléaire iranien, c’est un pays possédant l’arme nucléaire qui s’est invité dans la région le 7 août dernier. En effet, ce jour là, le Pakistan, l’Arabie saoudite et la Turquie ont signé une alliance de défense qui implique que « celui qui agresse l’un de nous, nous agressent tous ». La particularité qui inquiète encore plus Israël et ses « normalisateurs » est l’absence d’opposition de la Maison Blanche alors que les signataires du « pacte de la Mecque » sont tous les trois ses alliés. Beaucoup y voient l’arrogance de Netanyahu poussée à l’extrême au point de rejeter les décisions américaines. Comme l’accord de paix conçu par la Maison Blanche qui a été accepté par Hamas et que Netanyahu dit ne pas reconnaître. Sans les États-Unis, Israël serait un tigre en papier et ses « protégés » des rois nus. La force de l’alliance de défense qui vient de se créer tient à la puissance spécifique de chacun des trois pays. La position de l’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde, doublé d’une capacité financière hors normes, celle de la Turquie qui est la deuxième force militaire de l’OTAN et enfin le Pakistan avec sa force de frappe nucléaire. Ce qui a changé l’équilibre militaro-politique de la région du Moyen-Orient face aux visées hégémoniques d’Israël. Le président Turc, Tayeb Erdogan, a déclaré, jeudi dernier, espérer voir l’Égypte se joindre au pacte de la Mecque « dans une prochaine étape ». Par contre, le processus dit des « accords d’Abraham » est bel et bien enterré. Pour le Maroc qui avait déjà trahi la confiance des pays du Moyen-Orient, l’équation est plus compliquée. Comment pourrait-il faire oublier la trahison de Hassan 2 qui a remis les enregistrements du sommet arabe de 1965 au Mossad ? Ce qui a permis à Israël de remporter la guerre des six jours en juin 1967. Comment pourrait-il faire oublier qu’avant même cette « normalisation », il entretenait des relations secrètes avec Tel-Aviv qui avait un bureau de liaison à Rabat sous la fausse couverture « touristique » en 1994 ? La situation au Moyen-Orient prend une nouvelle tournure que personne n’attendait. Israël se tait, cherchant la parade !
Zouhir Mebarki

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