Accueil À LA UNE LA MINISTRE DE LA DEFENSE MET EN GARDE LE MAROC : « Toucher...

LA MINISTRE DE LA DEFENSE MET EN GARDE LE MAROC : « Toucher Ceuta, c’est toucher toute l’Espagne »

0

« Il n’est pas permis de répéter ce qui s’est passé le 30 juillet. Il doit rester absolument clair pour tous que Ceuta et Melilla ne sont pas seulement deux villes appartenant à l’Espagne, ce sont des villes purement espagnoles de manière totale », a déclaré la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles en réponse aux propos du ministre marocain Abdelatif Ouahbi qui avait affirmé mardi que Abdellatif selon que la souveraineté sur les villes autonomes de Ceuta et Melilla reste une question non résolue.  

C’est une mise en garde cinglante de Margarita Robles qui traduit le consensus qui a permis aux forces politiques espagnoles de se ranger toutes derrière le Premier ministre Pedro Sanchez pour réaffirmer que toute récidive du Maroc du coup du 30 juillet dernier serait une agression à la souveraineté de l’Espagne qui sera réduite avec détermination. D’ailleurs, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a soutenu que toute atteinte ou agression contre les villes autonomes de Ceuta et Melilla sera considérée comme une attaque contre toute l’Espagne. Le Maroc qui utilise la pression migratoire pour répondre à un agenda qui ne profite pas au Maroc mais plutôt ses alliés Israël et les US, tente de mettre sur la défensive le gouvernement de Pedro Sanchez pour le contraindre à céder aux injonctions de Washington et Tel Aviv. Rabat est consciente qu’elle ne dispose d’aucune stratégie et d’aucun atout pour revendiquer la restitution par l’Espagne de ces deux enclaves et des nombreux rochers qui sont au sud du détroit de Gibraltar. C’est une manœuvre politicienne qu’a osé le Makhzen avec comme appât pour les nombreux clandestins jetés à l’assaut de l’enclave de Ceuta, une régularisation et une perspective d’installation dans un pays européen grâce à la batterie de facilités décidées il y a quelques jours par le gouvernement espagnol pour régulariser la situation de nombreux sans-papier. Dans leurs déclarations aux médias, ces clandestins n’avaient à aucun moment évoqué la souveraineté du Maroc sur ces enclaves mais avaient plutôt affirmé leur espoir de se voir admettre dans l’espace Schengen. Le ministre marocain de la justice a affirmé lors d’un entretien avec la chaîne « Asharq Bloomberg » mardi, que Rabat n’a pas renoncé à la demande de restitution des deux villes occupées par l’Espagne et qu’elle place constamment ce sujet sur la table de ses discussions avec Madrid. Il a déclaré dans ses réponses : « nous tenons à nos territoires et nous voulons résoudre le problème avec l’Espagne par le dialogue. La politique du Maroc est de traiter avec patience leur retour sur le territoire marocain. Nous soulevons constamment le sujet avec les Espagnols lors de nos réunions… nous sommes attachés à nos territoires ». Des propos qui sont contredits par la réalité des choses puisque le Maroc n’a jamais soulevé ce problème dans ses discussions avec l’Espagne tout comme il n’a jamais entrepris d’action conformément au droit international pour tenter d’inscrire ces territoires au titre de territoires non autonomes et à décoloniser.  D’ailleurs, si pour le Sahara occidental, la solution a fait l’objet d’un large débat au sein du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale de l’Onu qui ont adopté un plan de règlement qui reconnaît le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, pour Ceuta et Melilla c’est le mode « Motus et bouche cousue » qui est appliqué par le Maroc.       

Mme Robles a souligné que les forces armées à Ceuta soutiendront les forces de sécurité là-bas dans tous les domaines. Elle a poursuivi en disant : « Il n’est pas permis de répéter ce qui s’est passé le 30 juillet. Il doit rester absolument clair pour tous que Ceuta et Melilla ne sont pas seulement deux villes appartenant à l’Espagne, ce sont des villes purement espagnoles de manière totale ». Une manière de rappeler au Maroc que toute nouvelle tentative aventureuse pourrait le conduire à en payer le prix chèrement. Pour des analystes, en jetant des milliers de clandestins sur Ceuta, le Makhzen voulait en réalité expérimenter un scénario qui pourrait lui permettre sur pied une « nage verte » pour envahir les enclaves espagnoles tout comme il l’avait fait avec la marche verte qui lui avait permis d’occuper le territoire de la République arabe sahraouie. L’Espagne lui a adressé une mise en garde séché. Le Makhzen saura-t-il en percevoir le sens ?

Slimane B.

Article précédentUNIVERSITE D’ETE DU POLISARIO ET DE LA RASD : Le Maroc épinglé pour ses violations des droits de l’homme
Article suivantComment bien lire les pronostics sportifs