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Le piège se referme : les prix du baril de pétrole chutent de 86,7 à 59 dollars : Alger cherche à s’en sortir

Pour ceux qui en doutaient encore, les prix du baril sur les marchés internationaux sont aussi une histoire de politique. L’assassinat de Khashoggi a fait que l’Arabie saoudite a cédé sur toute la ligne pour s’en sortir, y compris en inondant le marché d’une surproduction qui ne dit pas son nom, mais qui dit son prix. Ainsi, les prix du pétrole sont en chute libre. Depuis son sommet annuel du 3 octobre, à 86,7 dollars, le cours du Brent a fondu de 28%, à 62,80 dollars. Angoissant pour l’Algérie en seulement un mois et demi.
On peut aussi citer d’autres facteurs, le prix du pétrole a souffert ces dernières semaines des craintes sur la croissance économique mondiale, un ralentissement de l’activité économique se traduisant par une moindre demande d’or noir. Le marché est bien approvisionné, «l’offre d’or noir excédant la demande», relève Alain Corbani, responsable matières premières chez Finance SA, et la production de pétrole des États-Unis continue de grimper ; de son côté, le président américain, Donald Trump, a fini par édulcorer les sanctions infligées à Téhéran en permettant à huit pays – dont la Chine et l’Inde – de continuer à acheter du pétrole iranien pendant au moins six mois. Enfin, le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi a joué en faveur du président américain. Il a en effet constitué pour lui « un moyen de pression sur l’Arabie saoudite, pour qu’elle accède à ses desiderata sur le front du pétrole », souligne Alain Corbani. Pour l’Algérie, qui tente de maintenir les fragiles équilibres économiques et sociaux, la solution n’est pas à portée de la main, encore plus si le prix descend plus bas que les 50 dollars.
L’orientation du PLF a été impactée par la conjoncture politique et économique qui prévaut et le pessimisme social était affiché alors que le prix du baril frôlait les 80 dollars, son plus haut niveau depuis près de quatre ans et aucun indicateur ne préfigurait un renversement de la tendance avec cette rapidité dans la chute.
I.M. Amine