Le ministère palestinien de la Santé dans la bande de Ghaza a annoncé hier une nouvelle hausse du nombre de victimes de l’offensive sioniste en cours depuis octobre 2023. Selon les chiffres publiés dans son rapport quotidien, le bilan total s’élève désormais à 73 032 martyrs et 173 357 blessés.
Au cours des dernières 24 heures, les hôpitaux de l’enclave palestinienne ont enregistré neuf nouveaux décès et 41 blessés à la suite des bombardements et opérations militaires israéliennes. Le ministère a également indiqué que de nombreuses victimes demeurent ensevelies sous les décombres ou gisent dans des zones inaccessibles, les équipes de secours et de la défense civile étant dans l’incapacité de les atteindre en raison de l’intensité des destructions et des risques sécuritaires. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, le nombre de Palestiniens tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu du 10 octobre dernier a atteint 1 021 morts, tandis que 3 249 personnes ont été blessées. Le nombre total de corps retrouvés et extraits des décombres s’élève par ailleurs à 784. Ces chiffres témoignent de la persistance des violences malgré les accords de trêve annoncés ces derniers mois. Les autorités palestiniennes dénoncent des violations répétées du cessez-le-feu et soulignent que les conséquences humanitaires continuent de s’aggraver pour les habitants de l’enclave.
Une catastrophe humanitaire sans précédent
Au-delà du lourd bilan humain, la guerre a provoqué des destructions massives dans la bande de Ghaza. Selon les estimations relayées par les autorités palestiniennes, près de 90 % des infrastructures ont été endommagées ou détruites. Les Nations unies évaluent le coût de la reconstruction à environ 70 milliards de dollars. Parallèlement aux opérations militaires, les autorités palestiniennes accusent Israël de limiter l’entrée des quantités convenues de nourriture, de médicaments, de matériel médical, de fournitures d’urgence et d’abris temporaires. Cette situation affecte directement les quelque 2,4 millions d’habitants de Ghaza, dont près de 1,5 million de déplacés, confrontés à des conditions de vie extrêmement difficiles.
Le journaliste Ahmed Samir Washah martyrisé
Dans ce contexte de guerre persistante, le Bloc des journalistes palestiniens a annoncé la mort du journaliste et caméraman Ahmed Samir Washah, collaborateur de la chaîne Al Jazeera Mubasher, tué lors d’une frappe sioniste alors qu’il exerçait son travail dans la bande de Ghaza.
Dans un communiqué, l’organisation a dénoncé ce qu’elle qualifie de « politique de ciblage systématique » visant les journalistes palestiniens. Elle a souligné que la disparition d’Ahmed Washah intervient moins de trois mois après la mort de son frère, le journaliste Mohammed Washah, également tué dans le cadre du conflit. Le Bloc des journalistes palestiniens estime que le ciblage de deux membres d’une même famille illustre les dangers croissants auxquels sont confrontés les professionnels des médias à Gaza. Selon l’organisation, ces attaques viseraient à empêcher la diffusion d’informations sur la situation sur le terrain et à réduire au silence les témoignages palestiniens.
L’organisation a fermement condamné les attaques visant les travailleurs des médias, affirmant qu’elles constituent une violation grave du droit international humanitaire et des conventions internationales garantissant la protection des journalistes en période de conflit armé.
Elle a appelé les institutions médiatiques internationales, les organisations de défense des droits humains et les organismes chargés de la protection de la liberté de la presse à intervenir rapidement afin de mettre fin aux violations commises contre les journalistes dans la bande de Gaza et de poursuivre les responsables présumés de ces actes. Le Bloc des journalistes palestiniens a également présenté ses condoléances à la famille d’Ahmed Washah, à ses collègues d’Al Jazeera Mubasher ainsi qu’à l’ensemble de la communauté journalistique palestinienne.
Une profession exposée à des risques croissants
La mort d’Ahmed Washah intervient alors que les organisations professionnelles et de défense des droits de l’homme alertent sur l’augmentation des risques auxquels sont confrontés les journalistes opérant dans la bande de Gaza.
La poursuite des opérations militaires, les frappes aériennes et les violations répétées du cessez-le-feu rendent particulièrement dangereuse la couverture médiatique des événements sur le terrain. Pour les organisations de journalistes, les professionnels des médias tombés durant cette guerre demeurent des témoins de la réalité du conflit.
Elles affirment que les tentatives d’intimidation et les attaques contre la presse ne parviendront pas à empêcher la diffusion des informations ni à faire taire les récits des populations civiles touchées par la guerre.
M. S.













































