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IL ENTAME SA TROISIÈME SEMAINE DE GRÈVE DE LA FAIM ILLIMITÉE CONTRE SA DÉTENTION ARBITRAIRE : Naâma Asfari résiste inébranlablement derrière les barreaux

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Le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari poursuit une grève de la faim illimitée entamée le 8 juin en cours pour protester contre la non-application des recommandations formulées par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
Cette action intervient après trois précédentes grèves de la faim de 48 heures observées durant le mois de mai, restées sans réponse de la part des autorités marocaines. Selon un communiqué rendu public par ses soutiens, Naâma Asfari réclame l’application de l’avis rendu en 2023 par le Groupe de travail des Nations unies, qui avait qualifié sa détention d’arbitraire et demandé la libération des prisonniers sahraouis du groupe de Gdeim Izik.
Ces derniers avaient été condamnés à de lourdes peines de prison à l’issue de procédures que plusieurs organisations de défense des droits humains contestent depuis des années. Le dossier des détenus de Gdeim Izik demeure l’un des plus emblématiques de la question sahraouie. Les prisonniers concernés affirment avoir été condamnés sur la base d’aveux obtenus sous la torture, une accusation déjà relevée par le Comité des Nations unies contre la torture. Les familles et les organisations de soutien dénoncent également des conditions de détention difficiles, marquées par des négligences médicales répétées et des mesures de représailles systématiques. Ces préoccupations ont récemment été relayées dans un rapport publié en 2025 par la Ligue pour la protection des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines (LPPS), intitulé « Pas de traitement… Pas de visite… Pas de justice ». Le document met en lumière les difficultés rencontrées par les détenus sahraouis, notamment en matière d’accès aux soins médicaux, aux visites familiales et aux garanties judiciaires.
Lors d’un bref échange téléphonique avec sa famille, Naâma Asfari a pu décrire les conditions dans lesquelles il mène son mouvement de protestation. Actuellement détenu à l’infirmerie de la prison de Kénitra, il est soumis à un régime restrictif qui ne lui permet qu’une heure de promenade quotidienne.
S’il conserve l’accès à ses livres, il affirme être privé d’équipements élémentaires tels qu’une lampe, une table ou une chaise. Après près de deux semaines de grève de la faim, le militant sahraoui aurait déjà perdu cinq kilogrammes. Malgré l’affaiblissement physique provoqué par son mouvement, il a tenu à rassurer ses proches sur son état d’esprit, déclarant que « son cerveau travaille » et qu’il s’efforce « d’intérioriser le stoïcisme ». Les organisations de soutien à la cause sahraouie considèrent cette grève comme un nouvel appel à la mobilisation internationale. Elles demandent la libération de l’ensemble des prisonniers sahraouis du groupe de Gdeim Izik et appellent les États, les institutions onusiennes ainsi que les organisations non gouvernementales spécialisées dans les droits humains à intervenir auprès des autorités marocaines. L’Association des Amis de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) souligne que les quinze années de détention des prisonniers concernés constituent une situation d’une gravité particulière nécessitant une réaction de la communauté internationale. L’organisation estime que les États parties aux conventions internationales relatives aux droits de l’homme, notamment la France, devraient demander des explications au gouvernement marocain et œuvrer à la mise en œuvre des recommandations formulées par les mécanismes des Nations unies. Dans son communiqué, l’association réaffirme également son soutien à toutes les initiatives entreprises par Naâma Asfari et les autres prisonniers politiques sahraouis. Elle dénonce ce qu’elle qualifie de « déni » persistant de l’administration pénitentiaire marocaine et des autorités du Royaume face aux revendications des détenus et aux appels récurrents des organismes internationaux.
Alors que la grève de la faim de Naâma Asfari entre dans sa troisième semaine, les inquiétudes grandissent quant à l’évolution de son état de santé. Ses soutiens espèrent que cette mobilisation contribuera à relancer le débat sur la situation des prisonniers sahraouis et sur le respect des engagements internationaux en matière de droits humains au Sahara occidental.
M. Seghilani

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