La gestion au quotidien par le mensonge…

C’est l’histoire d’un honnête homme qui traficote son compteur d’eau pour ne payer que des miettes : 500 dinars au plus même si sa consommation a été de 10 000 dinars. Il n’est pas le seul, de toute évidence, mais son cas m’a surtout dérangé dans son aspect «bonne conscience».
D’abord, parce que l’homme est un pieux musulman, pratiquant et donnant l’image d’un vénérable père de famille. Ensuite, parce que son assiduité à la prière ne l’a pas instruit à réprimer sur lui-même un acte blâmable et répréhensible. Enfin, l’homme s’est presque donné la justification de son crime, en estimant être en droit de ne pas s’acquitter d’un impôt «illégal».
Bien suûr il y a mensonge sur toute la ligne, comme en toute chose, et de la manière la plus vilaine qui soit; mais il y a longtemps que la gestion par le mensonge fait partie des mœurs algériennes. Tout est géré par le mensonge. Nous avons légitimé un acte que l’islam juge condamnable, criminel, et qu’un musulman ne ferait jamais.
Nous insistons, hélas, sur le mouton de l’Aïd, la «rechta» du Mouloud, sur la barbe, sur les ornements et les accessoires, mais jamais sur le fond. Et le fond, peut de gens le connaissent, ou s’ils connaissent, s’y appliquent à respecter. Pourtant, les hadiths disent que le musulman peut être tout sauf menteur…
I. M. A.