Des chercheurs réunis lors d’un colloque national sur « Les médias et l’immigration clandestine » à l’Université Blida 2 ont appelé à dépasser le traitement exclusivement sécuritaire dans les couvertures médiatiques.
Ils préconisent une approche à angles multiples intégrant les dimensions juridique et humanitaire, ainsi qu’une démarche médiatique globale prenant en compte les aspects sociaux, économiques et culturels du phénomène. Organisé fin de semaine dernière par le département des Sciences de l’information et de la communication de la Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université Blida 2, le colloque a réuni des chercheurs issus de différentes universités du pays. Leurs interventions ont porté sur l’immigration clandestine, ses défis, et sur la manière dont les médias en traitent, alors que ce sujet figure parmi les plus complexes et controversés en Algérie et dans le monde. Les organisateurs ont cherché à discuter des moyens de renforcer une couverture médiatique professionnelle et responsable. Les travaux ont analysé les représentations du phénomène dans les médias traditionnels et numériques, et exploré des mécanismes efficaces pour contrer la désinformation sur les réseaux sociaux et sensibiliser l’opinion publique. L’objectif affiché est de construire un discours médiatique objectif et équilibré qui soutienne les efforts nationaux de traitement de l’immigration clandestine, en liant le fait à une analyse rigoureuse et en évitant les discours sensationnalistes et la désinformation numérique. Plusieurs recommandations ont émergé du colloque à savoir ; le renforcement de la dimension analytique et explicative dans la couverture médiatique, au-delà du traitement événementiel, la diversification des sources du discours médiatique et l’intégration des voix des migrants, des chercheurs et des experts. Il a été recommandé, en outre, de dépasser le cadrage sécuritaire unique au profit d’une approche multidimensionnelle incluant le volet droits humains et humanitaire, développer le discours médiatique sur les plans linguistique et sémantique pour refléter la complexité du phénomène et éviter les simplifications abusives, encourager les études académiques critiques sur l’analyse du discours médiatique lié à la migration, renforcer la coordination entre les médias et les institutions de recherche pour produire un contenu plus approfondi et précis, et enfin mobiliser la société civile et les associations caritatives pour impliquer les jeunes dans le bénévolat et les sensibiliser aux dangers de la migration irrégulière par les embarcations de fortune.
Ania N.














































