Boughanem

IL Y A UNE ANNÉE, FOUAD BOUGHANEM, DIRECTEUR DU « SOIR D’ALGÉRIE », TIRAIT SA RÉVÉRENCE : Toujours les meilleurs qui…

Jouissant d’un sens inné de la communication, le cœur toujours sur la main, le défunt avait réussi à tisser au sein de son journal des liens quasi-familiaux.

Ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont. Et ce n’est certainement pas Fouad Boughanem, parti trop tôt le 5 juin de l’année précédente, qui nous contredira, quitte à ce que sa légendaire modestie en prenne un sévère coup. Fouad Boughanem est donc décédé l’année passée à l’âge de 65 ans, des suites d’une longue maladie. Il a affronté, les derniers mois de sa vie, le mal qui le rongeait avec beaucoup de courage et une grande discrétion, sans se départir de sa bonne humeur et de sa gentillesse qui le caractérisaient et que tous ses collègues de la maison de la presse Tahar Djaout lui reconnaissaient.
Avenant, aimable et jovial, Fouad n’avait partout que des amis. Membre fondateur du quotidien Le Soir d’Algérie en 1990 en compagnie de quatre autres confrères (Zoubir Souissi, Djamel Saïfi, Maâmar Farah et Mohamed Bederina), Fouad Boughanem a pris en main la direction du journal en 1999 (à la suite de la retraite de Zoubir Souissi), dont il fera une publication assez complète, attrayante et attractive, touchant en particulier les jeunes et les femmes, grâce à son implication de tous les instants dans le processus d’ébauche et de fabrication.
Les journalistes, employés et personnel d’encadrement n’ont eu de cesse de louer ses qualités humaines et sa gentillesse. Travailleur rigoureux et gestionnaire compétent et juste dans ses arbitrages, son mérite a été de faciliter la cohésion interne de tous les services au point de générer des liens quasi familiaux à l’intérieur de l’entreprise parmi tous les personnels.
Avant d’intégrer l’équipe fondatrice du Soir d’Algérie, le défunt a fait ses classes en tant que journaliste, à la fin des années 1970, au sein de l’hebdomadaire L’unité, organe de l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA), qu’il quitta au début des années 1980, refusant de se plier à l’exigence de l’article 120 ordonnant aux cadres d’être militant du FLN pour exercer une responsabilité.
Il exercera quelque temps comme conseiller au cabinet du ministre des Moudjahidine de l’époque, Bakhti Nemiche, qu’il quittera en 1985 pour rejoindre le quotidien du soir naissant Horizon 2000 (qui sera dénommé simplement Horizon un peu plus tard).
Il y occupera différentes fonctions avant de tenter «l’aventure intellectuelle» en fondant Le Soir d’Algérie en 1990.
Le Courrier d’Algérie