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Il retrace toutes les activités commerciales du pays : Un dossier ficelé à soumettre au ministre Djellab après Ramadhan

«Après le mois de Ramadhan, on va élaborer tout un dossier sur les activités commerciales afin de le soumettre au ministre du Commerce, y compris les produits de l’importations», a révélé hier, El Hadj Tahar Boulenouar, président de l’ANCA. Invité au Forum du Courrier d’Algérie, le chef du plus important regroupement des commerçants et artisans en Algérie, a affirmé que cette démarche a eu lieu après sa rencontre, la semaine passée, avec le ministre du Commerce. Boulenouar, qui a rencontré Saïd Djellab une deuxième fois lors de sa récente visite du marché de gros des Eucalyptus (Alger), a fait savoir que cette démarche vise à instaurer plus d’efficacité dans la régulation du marché local. Autre objectif : éviter tout éventuel désagrément pour la machine productive qu’aurait engendré la suppression ou l’ajout d’un produit sur la liste des marchandises interdites d’importation. Des doléances de plusieurs opérateurs qui semblent enfin trouver l’oreille attentive du ministre Djellab, et lesquels se sont plaints de l’arrêt des activités dans leurs usines, faute d’approvisionnement en matières premières non-disponibles localement. Les consultations entamées par le ministère du Commerce avec un large pan de producteurs, opérateurs, commerçants et associations de commerçants augure d’une réactualisation prochaine et plus large de la liste des produits interdits à l’importation. Dans ses arguments, Boulenouar a noté que le département du Commerce «interdit des produits à l’importation sans savoir si la quantité disponible et existante sur le marché est suffisante». Un état de fait qui a créé confusion dans le milieu des producteurs mais aussi pour les services des Douanes, qui divergent sur les raisons qui ont poussé le gouvernement à prendre cette décision. «J’ai parlé avec le ministre sur cette question et il m’a dit : Oui, la prochaine fois, avant d’interdire ou d’autoriser un produit, on procédera à une consultation avec tout le monde», a-t-il révélé. Par ailleurs, la rencontre Boulenouar – Djellab a donné lieu à des divergences de points de vue. D’abord, il y a l’introduction des moyens de payements électroniques (E-payement et E-Commerce) dans le circuit commercial qui visent la modernisation du secteur. Sur ce, l’ANCA ne s’aligne pas sur la vision du ministère, notamment la méthode de généraliser les TPE (terminaux de payement électronique). «Ils (le gouvernement) nous ont donné un délais d’un an : Du 31 janvier 2018 au 31 décembre 2018. Mais, on a dit que ce n’est pas suffisant et ce n’est pas assez pour que le consommateur prenne l’habitude.
Donc, on a proposé une période préparatoire de deux à trois ans », a fait savoir Boulenouar, qui précise que ce point a eu l’aval du ministre du Commerce : permettre aux particuliers de construire et de posséder des marchés de vente pour les fruits et légumes notamment. «Nous nous attendons toujours à ce que c’est l’État qui va procéder à la réalisation des marchés des fruits et légumes. Cela a mis beaucoup de temps pour les autorités pour réaliser et concrétiser ces projets. On a proposé au ministre de permettre aux autorités locales, les walis notamment, de nous proposer des terrains libres. Charge à nous après de dire aux commerçants: vous les acheter, ils sont à vous !», a révélé Boulenouar. «Le ministre a trouvé que c’est une bonne idée. Et, on travaille là-dessus», a-t-il précisé.
Hamid Mecheri