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IL POINTE DU DOIGT UN BLOCAGE DU PROCESSUS DE NUMÉRISATION : Bedoui n’épargne ni fonctionnaires, ni responsables !

La numérisation du service public part du bon pied pour gagner aujourd’hui plus ou moins tous les secteurs d’activités. À la faveur de cette modernisation, qui a touché, par exemple, aux documents d’identité et de l’état civil, le citoyen souffre de moins en moins du poids de la bureaucratie d’il y a encore quelques années. Toutefois, la démarche n’est pas forcément à plaire à certains.

Et encore moins à ceux parmi les administrateurs, fonctionnaires ou responsables qui versent dans la corruption comme monnaie d’échange contre tout document administratif délivré alors que c’est un droit absolu du citoyen. Comme quoi le bonheur des uns fait le malheur de «certains», pour reprendre cette citation, et à laquelle renvoient les propos, tenus hier, par le ministre de l’Intérieur. En visite de travail à Alger, dans le cadre du lancement du concept de numérisation e-commune, Noureddine Bedoui le dit sans détour. «Faudrait-il le dire et le redire à chaque fois : certains, que Dieu leur pardonne, vivent toujours avec la culture de la bureaucratie. Cette pratique s’est même incrustée dans leurs esprits. Je parle de certains fonctionnaires et même de responsables de tous les secteurs d’activité», dénonce le ministre qui semble constater des résistances, voire même des blocages du processus de numérisation. Pour un dossier qui représente l’un des grands chantiers dont il a la charge et auquel il s’est attaqué depuis sa nomination en poste, en mai 2015, Bedoui rappelle que le citoyen ne doit plus payer les frais de la bureaucratie. «On doit rester en communication permanente avec le citoyen. Pour ce faire, on doit adopter les nouveaux moyens technologiques, des spots publicitaires, via les réseaux sociaux et à l’aide de tous les supports électroniques et d’information possibles», ordonne, comme il met en garde, Bedoui, contre toute résistance face à la démarche de numérisation. Car : «c’est cela qui nous permettra d’atteindre l’objectif de numérisation dans toutes les communes du pays. Je le dis en son nom: le gouvernement algérien s’est attaqué à la bureaucratie et veut endiguer ce phénomène. À cet effet, une stratégie et une commission nationale sont mises en place, et elles concernent tous les secteurs d’activité», insiste le ministre, comme pour parler d’une mission du gouvernement lui-même et non pas relevant uniquement du rôle de son département. Plus loin encore, Bedoui va même révéler le nombre exact des départements ministériels qui ont adopté le système de numérisation. «Aujourd’hui, nous avons franchi un grand pas en matière de modernisation du service. Sur la base de données de l’état civil, des services de l’Intérieur, il y a 18 départements ministériels qui ont adopté la numérisation. En d’autres termes, ils n’ont besoin d’aucun document papier», fait-il savoir, non sans insinuer que 9 départements du gouvernement restent encore à la traîne dans ce domaine. Enfin, Bedoui s’adresse aux citoyens qu’il invite à se souscrire à cette démarche. Faute de quoi, le recours aux «chaînes devant les guichets» n’aidera pas à endiguer le phénomène de la bureaucratie.
Farid Guellil