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GUERRE D’ALGÉRIE : La France va ouvrir les archives avec 15 ans d’avance

L e gouvernement français a annoncé, hier, l’ouverture prochaine des archives sur « les enquêtes judiciaires » de la guerre d’Algérie couvrant la période 54-62. La déclaration de la ministre française intervient au lendemain, soit deux jours, après la visite du chef de la diplomatie française, JeanYves Le Drian, en Algérie. Une visite lors de laquelle il s’est entretenu avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra, ainsi que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ainsi, s’exprimant ce vendredi sur BFM-TV, la ministre française de la Culture, Roselyne Bachelot, annonce : « J’ouvre avec quinze ans d’avance les archives sur les enquêtes judiciaires de gendarmerie et de police qui ont rapport avec la guerre d’Algérie ». Poursuivant qu’« on a des choses à reconstruire avec l’Algérie », mais que ces choses « ne pourront se reconstruire que sur la vérité », a estimé la ministre de la Culture qui s’occupe également de la gestion des Archives. Et à Mme Bachelot d’ajouter dans la foulée : « Je veux que sur cette question – qui est troublante, irritante, où il y a des falsificateurs de l’histoire à l’œuvre – qu’on puisse la regarder en face. On ne construit pas un roman national sur un mensonge ». La ministre du gouvernent français ne s’arrête pas là. Pour elle, « c’est la falsification qui amène toutes les errances, tous les troubles et toutes les haines. À partir du moment où les faits sont sur la table, où ils sont reconnus, où ils sont analysés, c’est à partir de ce moment-là qu’on peut construire une autre histoire, une réconciliation ». Enfin, et interrogée sur « les conséquences de cette décision », notamment sur les actes de torture commis par l’armée française en Algérie s’ils venaient à être confirmés, Mme Bachelot a répondu que : « c’est l’intérêt du pays que de le reconnaître ».
F. G.