Afrique-Chine

FORUM DE LA COOPÉRATION SINO-AFRICAINE : Les pays africains sollicitent l’expertise chinoise

Les pays africains ont besoin de l’expertise et de l’accompagnement de la Chine pour réaliser leurs projets de développement, et pas seulement de financement d’investissements.

Cette demande a été expressément formulée par le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, dans son allocution prononcée au huitième Forum de la coopération sino-africaine (FCSA) qui s’est tenu les lundi 29 et mardi 30 novembre à Dakar (Sénégal). C’est ce qui est attendu du FCSA dans l’après-Corona. Il a fait remarquer que la triade, paix-sécurité-développement, est une équation qui exige une approche globale pour promouvoir la paix et le développement afin de traiter les causes profondes qui menacent la paix et la sécurité et conduisent à la violence, provoquent les conflits et en créent des zones de tensions. Le ministre algérien a salué les efforts des autorités chinoises pour procurer les financements, sous diverses formes, aux projets dans les pays africains. Il s’est déclaré satisfait par les progrès réalisés dans la mise en œuvre du FCSA 2019-2021. Ce qui a permis, a-t-il ajouté, de renforcer et d’élever le niveau de la coopération entre les partenaires chinois et africains conformément aux principes de sincérité, d’amitié et d’égalité énoncés dans la Déclaration politique commune du Troisième Sommet du Forum, et ce, malgré des obstacles qui ont résulté de la propagation de la Covid 19. Ramtane Lamamra a insisté sur les efforts du continent africain dans la lutte contre la pauvreté et pour la réduction de la mortalité infantile aussi bien que dans la lutte contre les épidémies dans certains pays du continent, ce qui exige d’adapter et d’harmoniser le programme de travail du Forum pour 2022-2024 afin de contribuer à passer cette étape difficile. Le ministre a souligné la nécessité de lutter contre le changement climatique, qui constitue un grand problème pour le continent confronté aux conséquences de ce phénomène sur le système écologique et sur les secteurs économiques, en particulier l’agriculture, qui procure les moyens de subsistance des populations, alors que la responsabilité de l’Afrique dans le changement climatique est négligeable devant celle des pays industrialisés. À propos du partenariat entre l’Algérie et la République populaire de Chine, Ramtane Lamamra a rappelé la forte relation historique entre les deux pays, qui s’est profondément enracinée au cours de notre Guerre de libération, avec le soutien politique et militaire de nos amis chinois. Ce partenariat s’est développé et renforcé après l’Indépendance pour prendre un caractère stratégique global en 2014. L’Algérie, a souligné Lamamra, accorde une grande importance à son partenariat avec la Chine dans le cadre du FCSA. La Chine est l’un des principaux pays qui soutiennent et aident les pays africains à se débarrasser du colonialisme, et à développer le continent, a-t-il fait observer. D’autre part, le ministre a cité les projets réalisés par l’Algérie : la route transsaharienne Alger – Lagos avec 2415 km; le gazoduc trans-saharien qui est un projet algéro-nigérian avec une longueur totale de 4128 km inscrit dans le cadre du NEPAD; le projet de liaison par fibre optique, Algérie-Abuja, dans le cadre du NEPAD également qui permettra d’accroître l’utilisation des TIC et de réduire ainsi la fracture numérique. Ramtane Lamamra a fait remarquer que les mouvements de personnes et de marchandises entre l’Afrique et le reste du monde seront facilités par la route transsaharienne et ses bretelles vers l’autoroute Est-Ouest et les ports et aéroports algériens. Cela est de nature à accroître la compétitivité des produits africains sur les marchés internationaux, a-t-il ajouté. Ces projets, a souligné Ramtane Lamamra, coïncidant avec l’entrée en vigueur de la Convention sur la zone de libre-échange africaine, ouvriront de nouveaux horizons aux partenaires chinois pour de leurs investissements dans le continent.
M’hamed Rebah