Bourita

Fidèle à sa tactique de fuite en avant : Le Maroc continue de défendre sa politique coloniale au Sahara occidental

Le Maroc, en tant que puissance coloniale, semble être un mauvais élève comme l’avait affirmé le général Vietnamien Giap, durant les années soixante-dix du siècle dernier. Le héros de la bataille de Dien Bien Phu avait, dans un discours prononcé à Alger, qualifié le colonialisme de mauvais élève qui ne retient pas les leçons.

Sinon comment expliquer qu’il continue de fouler aux pieds les résolutions de l’Onu et de la Communauté internationale à propos du règlement du problème de colonisation des territoires de la République arabe sahraouie démocratique. Il continue de verser dans la diversion en affirmant une chose et en faisant son contraire. Il y a quelques jours, Nacer Bourita, son ministre des Affaires étrangères, s’est montré versatile et surtout maladroit en affirmant que l’Algérie est en train d’attiser les tensions dans la région du Maghreb en apportant son soutien au Front Polisario. Il avait tenu Alger pour responsable dans la poursuite du statu quo dans le dossier du Sahara occidental, en affirmant que son pays considère la proposition d’une large autonomie des territoires occupés, émise en 2007, constitue le seul cadre juste et viable pour un règlement définitif du conflit. Malgré les différentes résolutions onusiennes et malgré plusieurs rounds de négociations avec les représentants du front Polisario pour débattre des détails techniques visant l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination sous l’égide de l’ONU, notamment à Manhasset (USA) au début des années 2000, il continue de défendre une proposition frappée du sceau de mort-né en raison de son rejet par de nombreuses résolutions de l’ONU. Récemment, la 4e commission en charge des affaires politiques et de décolonisation de l’ONU, siégeant en assemblée générale, a réitéré sa reconnaissance du droit du peuple Sahraoui à l’autodétermination et la justesse de son combat. Le Maroc semble perdre le nord lui qui affirme sa volonté de coopérer avec le Secrétaire général de l’Onu, pour une solution juste et durable du conflit mais dans le respect de sa pseudo-souveraineté sur les territoires sahraouis. Allez comprendre quelque chose à ce raisonnement absurde qui révèle la gêne du palais et du Makhzen qui sont arrivés au bout de leur logique coloniale. Récemment, le roi du Maroc, qui croyait avoir rallié, les USA, à sa thèse d’une solution reconnaissant sa pseudo-souveraineté sur les territoires sahraouis occupés, a déchanté quand le nouveau pensionnaire de la Maison blanche, Joe Biden, s’était délié des engagements pris par son prédécesseur, Donald Trump. Ce dernier avait, on s’en souvient, conditionné le soutien américain à cette thèse par la normalisation des relations diplomatiques du Maroc avec l’entité sioniste. Et aujourd’hui parmi les partisans à la position de Rabat sur le conflit, il y a Israël. C’est une alliance qui veut, par le chantage, le lobbying et les pressions sous toutes les formes, pousser certains pays à retirer leur reconnaissance de la RASD, et surtout apporter leur soutien au plan de la large autonomie proposée par la diplomatie marocaine. Lors de son intervention devant l’assemblée générale de l’ONU, Bourita s’est fendu d’un discours qui balaye d’un revers de la main toutes les avancées réalisées dans le dossier au prix d’envoi de représentants du secrétaire général au Sahara occidental, de soutiens de plusieurs États et organisations, à la solution d’un référendum d’autodétermination qui reconnait aux populations de cette région du continent de décider de leur avenir. Bourita s’est livré à un exercice dangereux pour les peuples de la région du Maghreb, du continent africain même.. Au lieu d’annoncer la volonté de son gouvernement de reprendre les négociations avec les représentants du Front Polisario, il a déversé son fiel sur l’Algérie qu’il a tenue pour responsable des tensions dans la région. Un discours et un argumentaire déjà entendus et qui ont été déclarés en violation de la légalité internationale, en matière de question de décolonisation inscrite à l’ONU, comme c’est le cas pour le Sahara occidental.
Slimane B.