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FACE AUX OBSTRUCTIONS DU MAROC : La RASD va demander à siéger aux Nations unies

Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, a tenu hier à Alger une conférence de presse au cours de laquelle il a dressé un tableau de la situation au Sahara occidental tant au plan militaire que diplomatique et à quelques jours de la réunion d’évaluation du Conseil de sécurité. L e point saillant de la conférence de presse du chef de la diplomatie sahraouie, suivie par de nombreux journalistes a été la revendication de la RASD a siéger aux Nations unies , en qualité d’État membre. « L’État sahraoui revendique son siège aux Nations unies puisque le Maroc qui dresse les obstacles à la tenue d’un référendum d’autodétermination, est convaincu que le peuple sahraoui est unanime sur son droit à l’indépendance et à sa souveraineté sur sa patrie et la terre de ses ancêtres », a déclaré Ould Salek au cours d’une conférence de presse. Dressant un long historique de la lutte armée du peuple sahraoui qui contraint et forcé Hassan II a accepter le référendum et les Nations unies a identifier le corps électoral au peuple du Sahara occidental et à communiquer les listes électorales aux deux parties le Maroc et le Front Polisario . Sous la pression de la France et de l’Espagne le Maroc a fait volte face pour se cantonner dans le statu quo abritant ses troupes d’occupation derrière un mur de defense construit avec l’aide de conseillers israéliens -à l’image de la ligne Bar Lev et de conseillers français , copiant la ligne Maginot , sensée contenir les troupes de l’ALN à la frontière algéro-tunisienne . Peine perdue puisque l’armée marocaine a subi revers militaire sur revers militaire et l’Alps a défoncé les défenses marocaines comme elle le fera avec la reprise de la guerre . Avant de répondre à quelques questions , le chef de la diplomatie sahraouie a donné lecture d’une déclaration liminaire , soulignant notamment que le « conflit entre la RASD et le royaume du Maroc est entré dans une nouvelle phase après le 13 novembre, dès lors que les forces d’occupation marocaines ont torpillé le cessez-le-feu dans la région de Guerguerat, contournant le mur de séparation, annexant de nouvelles terres et attaquant des civils sahraouis qui manifestent pacifiquement pour exiger le bouclage de ce point du mur» . Pour Ould Salek « l’agression marocaine du 13 novembre a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et démontré de manière claire que le Maroc a finalement éludé les accords, conclus entre les deux parties après 16 ans de guerre dévastatrice ». l’accord contenu dans le plan de règlement de 1991. L’accord a été de fait annulé unilatéralement et a ramené le conflit du Sahara occidental à son point de départ. Il a souligné que « la violation flagrante du cessez-le-feu du 13 novembre s’est produite au vu et au su de la MINURSO créée pour organiser le référendum et veiller au maintien du cessez-le-feu ». La MINURSO n’a pas « bronché » et le Conseil de sécurité n’a pas « condamné la violation du cessez-le-feu et l’agression de civils manifestant pacifiquement », at-il observé . Il a rappelé également la volte face du Maroc , son « rejet du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, tergiversant pendant trente ans, alors que le referendum est une solution politique qui a été officiellement acceptée par les deux parties et approuvée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale des Nations unies et l’Organisation de l’unité africaine dont la RASD était membre avant d’être membre fondateur de l’Union africaine . Il a affirmé par ailleurs que « Le Front populaire de libération de Sakia El Hamra et du Río del Oro et le gouvernement de la RASD condamnent fermement la politique de l’occupant marocain visant à annexer par la force un pays voisin (la RASD) le retirant de la carte mondiale, tuant son peuple, le déplaçant, pillant ses richesses et commettant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. » « La RASD tient le Maroc pleinement responsable des terribles conséquences du déclenchement de la guerre, qu’il a relancée le 13 novembre 2020, comme il l’a fait le 31 octobre 1975, a-t-il dit . « La République sahraouie, qui est en un état de légitime défense conformément à la charte constitutive de l’Union africaine, à la Charte des Nations unies et aux résolutions la légitimité internationale, qui toutes, ne reconnaissent aucune souveraineté du royaume du Maroc sur le Sahara occidental, appelle à la fois l’ONU et l’Union africaine à condamner l’agression marocaine et à œuvrer pour mettre fin à l’occupation illégale de notre pays », a-t-il encore dit , insistant à plusieurs reprises sur le plan de règlement ONU-OUA , du conflit du Sahara occidental . (…) Il a également affirmé que La RASD « exprime sa volonté permanente de coopérer fermement avec l’ONU afin de s’acquitter de ses obligations sans équivoque envers le peuple sahraoui afin qu’il puisse exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, à l’instar de tous les peuples du monde ». Soulignant qu’il n’y aura pas de retour au statu quo ante , il a annoncé que « l’État sahraoui demande à occuper son siège aux Nations unies -du fait que le Maroc fait obstruction au référendum- et afin de garantir au peuple sahraoui d’être unanime sur son droit à l’indépendance et à la souveraineté sur sa patrie et la terre de ses ancêtres ». Enfin a-t-il dit l’État sahraoui « renouvelle également sa disposition à soutenir les efforts des Nations unies visant à mettre fin à l’occupation illégale marocaine et à contribuer sérieusement à l’instauration d’une paix juste et définitive conformément aux dispositions de la Charte des Nations unies et de ses décisions et aux exigences de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice».
Mokhtar Bendib