Bouteflika

ÉVOCATION : Abdelaziz Bouteflika décédé il y a un an

Après avoir présidé aux destinées de l’État pendant 20 longues années, et un peu plus de deux ans après avoir démissionné dans le contexte du Hirak populaire en 2019, l’ancien président de la République, Abdelaziz Bouteflika, décéda le vendredi 17 septembre 2021.

Né le 2 mars 1937, Abdelaziz Bouteflika avait succédé à Liamine Zeroual en 1999, lors d’une élection présidentielle marquée par le retrait des six autres candidats. Depuis lors, il rempila pour un deuxième (2004), un troisième (2009) et un quatrième (2014) mandats, alors que le cinquième est avorté dans la foulée des manifestations populaires grandioses nées le 22 février 2019. À rappeler que le défunt avait contracté en 2013, un accident  vasculo-cérébral qui l’avait atteint physiquement.
Après son accès au pouvoir, Bouteflika œuvrera pour le rétablissement de la paix et la stabilité dans le pays. Il engage le processus de concorde civile, consacré, le 16 septembre 1999, par un référendum qui recueille plus de 98% de suffrages favorables. Il fut à l’origine d’une politique dite de « réconciliation nationale » qui a conduit, en septembre 2005, et conformément à sa promesse électorale, à l’adoption, par un référendum populaire, d’une charte de réconciliation nationale, plébiscitée par 80% des Algériens. Auparavant, le défunt avait participé à la guerre de libération nationale. Il avait rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale en 1956 pour assumer, pendant deux ans (1957 et 1958), la mission de contrôleur général de la wilaya V. En 1960, officier de l’ALN, il est affecté aux frontières sud du pays pour commander le « front du Mali » dont la création entrait dans le cadre des mesures visant à faire échec à l`entreprise de division du pays de la part de la puissance coloniale et à organiser l’acheminement des armes pour le compte des maquis de l’ALN à partir du sud, ce qui lui vaudra le nom de guerre de « Si Abdelkader El-Mali ». En 1962, il est député à l’Assemblée constituante et à 25 ans, il devient ministre de la Jeunesse, des Sports et du tourisme du premier gouvernement de l’Algérie indépendante. Il est nommé, la même année, ministre des Affaires étrangères. Reconduit dans les fonctions de ministre des Affaires étrangères, il anime jusqu’en 1979, l’action diplomatique de l’Algérie, sous la houlette de l’ancien président, feu Houari Boumediene, qui avait initié la politique de défense des pays du Tiers monde et le parachèvement des mouvements de libération. Diplomate chevronné et reconnu, Bouteflika impulsera, pendant plus d’une décennie, la politique étrangère qui donnera à l’Algérie une notoriété au niveau international.
Élu à l’unanimité, président de la 29ème session de l’Assemblée générale des Nations unies en 1974, Bouteflika obtient la mise au ban, par la communauté internationale, du régime sud-africain pour sa politique de l’apartheid et fait admettre, malgré les oppositions, le leader de l`Organisation de libération de la Palestine, feu Yasser Arafat, qui prononcera un discours historique devant l’Assemblée générale de l’ONU.
À la mort du président Houari Boumediene, en 1978, il est contraint à un exil. De retour en Algérie en janvier 1987, il sera signataire de la « motion des 18 » consécutive aux évènements d’octobre 1988.
R. N.